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A NEW REVENGE - Enemies & Lovers (2019)
Par GEGERS le 8 Avril 2019          Consultée 1762 fois

À une époque où l’individualisme est porté en vertu et où Frontiers continue de constituer des "super-groupes" sans queue ni tête (ni réelles choses à dire), A NEW REVENGE se fait, au-delà de et avant ses attraits musicaux, une sympathique exaltation de l’amitié. Les quatre gonzes qui constituent ce groupe n’ont plus rien à prouver. Tim "Ripper" Owens a posé ses lignes de chant sur plus d’albums que l’année 2018 compte en sorties de qualité, Keri Kelli a au cours de sa féconde carrière accompagné les plus grandes voix du Hard US, Vince Neil et Alice Cooper (ah ah ah), Rudy Sarzo a survécu à ses piges chez QUIET RIOT et Ozzy OSBOURNE, tandis que James Kottak ne doit son départ des SCORPIONS en 2016 qu’à des problèmes d’alcoolisme, après vingt ans de bons et loyaux services au sein de la locomotive germanique. Blague à part, ces mecs sont des pointures, et si l’histoire ne retiendra certainement pas autant leurs noms que celui des glorieuses formations dont ils ont un temps fait partie, il y a du savoir-faire et du talent chez ces quatre bonhommes qui vivent et respirent Hard Rock depuis plus longtemps qu’une bonne partie des lecteurs et rédacteurs de ce site (votre serviteur compris).

Ainsi, c’est une indéfectible amitié qui lie ces quatre gus. En mars 2013, ils décident une première fois d’unir leurs forces, sous le nom PROJECT ROCK, reprenant le répertoire des groupes dont ils sont issus à l’occasion d’une surprenante tournée en Europe de l’Est. Pour le fun. Sans autre prétention que celle de passer du bon temps ensemble et de célébrer leur passé individuel. Les activités des uns des autres n’aidant pas, le groupe se voit mis en stand-by, se rebaptise un temps ROCKSTAR, puis ne donne plus de signe de vie. Une absence synonyme de travail en studio pour le quartet, qui propose en ce printemps 2019 un album via le petit label australien qui monte : Golden Robot Records. Un album étonnamment solide, et particulièrement réussi !

"Enemies & Lovers" tranche avec le CV des quatre membres du groupe, puisque si la base de la musique pratiquée par A NEW REVENGE reste un Hard Rock classique, il y a là une touche de modernité très marquée. Celle-ci se retrouve dans le son des guitares, dans les arrangements de la voix relativement déjà clinique de Ripper Owens, et dans les ambiances générales. Les morceaux sont construits autour d’un riff, le plus souvent simple et efficace, mais moult fioritures viennent agrémenter l’ensemble, quelques sonorités électroniques discrètes, des chœurs gonflés, qui permettent au morceau de s’éloigner d’un Hard Rock binaire et sans relief. "Enemies & Lovers" n’est pas un album festif, même si certains morceaux à l’image de "Here’s To Us", plus direct, se font une célébration de l’instant et une ode aux fans qui ont soutenu ces vieux briscards depuis plusieurs décennies. A NEW REVENGE propose essentiellement un Hard Rock mûr, sérieux, d’une richesse surprenante.

Ripper Owens, à son aise dans un registre qu’il pratique finalement assez peu, se fait acéré sur des morceaux globalement énergiques et puissants, à l’image de l’introductif "The Distance Between", à la fois concis et percutant. Les quatre vétérans viennent de rajeunir de vingt ans, tant leur musique sonne actuelle et "bombastic" plutôt que passéiste. À l’efficacité des riffs directs ("The Way") se mêle une richesse mélodique insoupçonnée, qui rend tubesques des morceaux tels que "Never Let You Go", tube en puissance, ou qui fait de "Enemies And Lovers", le morceau-titre, un Hard Rock imparable et aérien, porté par ce qui est sans aucun doute le meilleur refrain de l’album. Chose à noter, l’album monte en puissance au fur et à mesure que les morceaux se succèdent, et sa deuxième moitié se fait encore plus remarquable que la première. Dix titres, dix petits chefs-d’œuvre qui continuent de dévoiler leurs atours au fil des écoutes. C’est notamment le cas de "Only The Pretty Ones", qui débute sur une mélodie inquiétante jouée au piano, et qui voit Ripper Owens prendre des intonations à la Alice Cooper ou Jon Oliva. Alors qu’une rythmique martiale fait son entrée, le morceau se transforme en même temps que son refrain arrive en une power-ballad poignante et majestueuse. Une nouvelle fois, les mélodies sont au centre des débats, et rendent sublime un titre de prime abord anodin.

Il y a de la vie dans ces vieilles carcasses, chez ces seconds couteaux du Head / Heavy, qui sur fond d’amitié et de plaisir partagé donnent naissance à un des meilleurs albums de Hard Rock moderne qu’il nous ait été donné d’entendre depuis un bon paquet d’année. Les morceaux coulent de source, s’enchaînent et s’imbriquent pour former un album dense et épique à la fois, audacieux sur le fond et doté d’une belle montée en intensité. On ressort de l’écoute le sourire aux lèvres, heureux d’avoir été témoin d’un éclair de génie de la part de ces besogneux qui méritent ici bien plus qu’une écoute polie. Ils méritent un grand coup de projecteur.

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   GEGERS

 
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- Tim 'ripper' Owens (chant)
- James Kottak (batterie)
- Keri Kelli (guitare)
- Rudy Sarzo (basse)


1. The Distance Between
2. The Way
3. Never Let You Go
4. Glorious
5. The Eyes
6. Fallen
7. Only The Pretty Ones
8. Enemies & Lovers
9. Here’s To Us
10. Scars



             



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