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AL NAMROOD - Diaji Al Joor (2015)
Par VOLTHORD le 27 Janvier 2019          Consultée 724 fois

La scène des années 2010 semble être particulièrement friande des recettes toutes faites. Trouvez une bonne idée et un an plus tard, deux albums ont un son et des compos du même acabit. C’est sans doute la pratique de la recommandation YouTube qui amplifie cet effet, et s’il serait faux de dire que ça n’a pas été à toutes les époques le cas, le phénomène n’en est que plus exacerbé (*). En deux semaines, un truc qui nous paraissait révolutionnaire peut être relégué au rang de gimmick intempestif, en deux mois on peut saturer d’un genre tout en ayant cette fâcheuse impression de n’avoir gratté que la surface.

Les découvertes vraiment à part se font rares, et en sont d’autant plus perturbantes lorsqu’elles arrivent. Que tous les dieux bénissent la Boîte À Demandes de Nightfall qui pour le coup m’aura sorti de ma torpeur et fait découvrir ce (trop) prolifique démon du Black Metal saoudien qu’est AL-NAMROOD.

Il m’aura fallu un temps avant d’écrire une bafouille sur ces Orientaux d’un courage bluffant (critiquer l’Islam en Arabie Saoudite, c’est cocasse), ne serait-ce que parce qu’il est difficile de savoir par quel bout le prendre. Comme il sera sans doute difficile de couvrir l’ensemble de la discographie, je choisis "Diaji Al Joor" ("دياجي الجور"), de loin l’album qui tire le meilleur grain du folklore arabe autant qu’il contient une hypnotique atmosphère occulte.

Un occultisme du désert, qui pourra raviver dans notre imaginaire les sentiments qu’on aurait eu sur les premiers MELECHESH. Mais AL-NAMROOD a dans son exotisme une aura maléfique où les gammes dissonantes (pour nos oreilles occidentales, j’imagine) semblent tirer le meilleur parti de l’obscurité dans laquelle les anonymes membres du groupe se pâment.

Ici, AL-NAMROOD se délie du Black Metal Atmosphérique de son opus phare "Estorat Taghoot", parsemé de sonorités orientales, pour mettre cet élément en avant de la plus belle et significative des manières (ce qu’il avait déjà largement initié sur "Heen Yadhar Al Ghasq"). Si vous pensez encore que "Folk" veut dire "facile d’accès", il est impératif que vous vous colliez à une écoute attentive et surtout complète de cet album, tant les mélodies amenées par les vents et les cordes locales ne caressent jamais le tympan dans le sens du poil. Pourtant l’apport de cette instrumentation élargit instantanément le champ des possibles, aussi repoussant qu’attirant. "Hawaw Wa Thuar" en est l’exemple le plus marquant : il m’aura sans doute fallu une bonne dizaine d'écoutes avant de trouver ce morceau supportable.

Cet album, c’est un peu comme si les 1001 nuits n’avait en fait été qu’une longue série de viols. C’est le son Sheitanique du désert, quelque chose d’hypnotisant, de lumineux dans son obscurité, dans un pays où l’obscurantisme se fait passer pour la lumière.

Le Black Metal d’AL-NAMROOD est d’autant plus primordial qu’il évoque l’époque des vieilles caves (sans doute réellement fait dans l’une d’entre elles (**)) et que son rendu sonore autant que ses phases rythmiques ne traduisent d’aucune technicité ni d’aucun glamour. On note d’ailleurs que malgré des phases de violence absolument incroyables ("Adghan" comme exemple parfait), le blast beat se fait rare. La force de frappe du surnommé Mephisto fascine par son rendu aussi organique que défoulant.

Difficile de décrire davantage avec le peu d’armes que j’ai et ma connaissance bien trop limitée de la culture saoudienne pour faire des phrases un peu plus léchées que trois références au désert et aux charmeurs de serpents. Je me repose donc sur votre confiance.
AL-NAMROOD est unique en son genre, et "Diaji Al Joor" est l’exemple-phare d’un moment où la haine du dogmatisme religieux se fait par la réappropriation de l’identité culturelle : il est question de magnifier le folklore par une juste perversion. La guerre contre la tyrannie du monothéisme prend pleinement ses droits ici. Il était putain de temps !

_____
(*) Afin de ne pas radoter, je vous redirige vers mon blabla de fin sur SEAR BLISS "Letters From The Edge".
(**) Le tirage à cinq cent copies me laisse penser que, même si les gars du groupe doivent quand même être assez bien placés dans la société pour avoir tout un arsenal d'instruments, on roule pas les les lingots non plus.

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- Mephisto (guitares, basse, percussions)
- Ostron (claviers, percussions)
- Humbaba (chant)


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