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DOOM SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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SOBRE NOCTURNE - Serpentine Dreamweaver (1999)
Par LYRR le 27 Octobre 2018          Consultée 348 fois

SOBRE NOCTURNE fut une étoile éphémère : elle éclaira le monde de sa douce lumière un bref instant à la fin du deuxième millénaire, puis disparut du ciel pour ne jamais y réapparaître. Elle portait en elle un espoir magnifique, une fraîcheur propre aux nouveautés qui sortent de l’ordinaire ; désormais, il ne reste que la seule trace qu’elle nous ait laissée pour nous la rappeler.

C’était l’époque de l’explosion du Metal symphonique, un temps qui a vu non seulement NIGHTWISH et autres RHAPSODY s’envoler sous le feu des projecteurs, mais aussi ESTATIC FEAR sublimer l’art d’assembler instrumentations classiques et Metal, ou encore ARCTURUS mener le genre à la frontière de la folie. SOBRE NOCTURNE s’insérait donc parfaitement dans l’esprit du moment : un orchestre de chambre, des airs théâtraux, des chœurs, le tout accompagné d’un Metal assez mélodique pour ne pas rebuter les plus sensibles d’entre nous. Il aurait pu marcher dans le sillon creusé par ses aînés ; en vain, il s’est arrêté peu après son départ. "Serpentine Dreamweaver" est donc la seule offrande de ce groupe suédois qui nous soit parvenue ; une perle oubliée qui mériterait tant de figurer dans les plus belles collections.

"Serpentine Dreamweaver" a des airs de ballet aérien : il virevolte avec grâce entre les riffs de guitare, les violons, les lignes de chant, combinant l’art et la technique avec imagination. Il possède une forme de beauté fragile, reposant sur sa fraîcheur, sa spontanéité, son audace ; il y a en lui une énergie propre à captiver l’auditeur, qui se trouve plongé dans un univers à l’esthétique inspirée d’un mélange d’antiquité et de fantaisie néoclassique, véhiculant une atmosphère à la fois légère et mélancolique.

D’un point de vue stylistique, l’on y retrouve un Metal Symphonique lent mêlant des éléments théâtraux à la ANGIZIA, des passages tirant quelque peu sur le Metal extrême de la fin des années 1980 et quelques envolées mélodiques, le tout sans jamais verser dans l’agressivité. Il y a une claire visée avant-gardiste, proche d’ARCTURUS, mais moins maîtrisée, plus libre, plus anarchique : la composition n’est pas aussi précise que sur "La Masquerade Infernale", ce qui lui donne un aspect à la fois plus disparate et plus authentique. SOBRE NOCTURNE est ambitieux, a des idées, mais manque parfois un peu de structure dans sa vision de la conception d’un album.

Les titres sont globalement de bonne qualité, avec des mélodies captivantes, notamment sur l’excellent "I.A.O." ; les instrumentations sont très variées, le mélange des genres est très agréable à l’oreille. Il y a une certaine naïveté dans la manière dont sont conçues les chansons, avec une manière d’utiliser le chant peu conventionnelle et parfois maladroite, mais le cœur y est toujours. On ressent une joie particulière à écouter ce type de disque : on y découvre un contenu que l’on n’aurait jamais pu imaginer d’un groupe restant sur les sentiers battus, grâce à une dose d’expérimentation véhiculant amusement et émerveillement. Il y a quelque chose de profondément ludique dans ces sonorités, ces arrangements, cette recherche du détail surprenant.

"I.A.O. " est clairement le titre qui sort le plus du lot, avec ses mélodies facilement reconnaissables, ses courts soli de guitare et son refrain aux airs de liturgie ; rien que pour lui, l’album vaut la peine d’être écouté. Au deuxième rang, "Seal Of The Bleeding Moon" et "Crystalizing The Unspoken Truth" donnent une coloration à la fois solennelle et mélancolique au disque, avec leur côté Doom mélodique très émotionnel. Pour finir, mentionnons "Serpentine Dreamweaver" et "An Atlantean Ode", qui laissent tous deux les guitares s’exprimer pleinement : un régal. Le tout est agrémenté de trois courts interludes musicaux, dont la qualité du dernier, "Coverted Temple", mérite d’être louée : l’album se clôt en douceur sur un chœur chantant a cappella après une introduction au piano ; l’ambiance est posée, l’auditeur peut sortir tranquillement de son écoute, l’esprit toujours émerveillé par ce qu’il vient de vivre durant les quarante minutes qui précédaient. Qu’on se le dise : ce disque a l’essence d’un chef-d’œuvre.

"Serpentine Dreamweaver" est donc un bijou qu’il faut chérir, une œuvre rare et précieuse qui transcende les genres et apporte un vent de fraîcheur bienvenu au milieu du conformisme de nombre de ses confrères et sœurs. SOBRE NOCTURNE avait de nombreux atouts pour s’établir dans la frange expérimentale du Metal symphonique, quelque part entre ANGIZIA et ARCTURUS, grâce à sa manière originale et constructive de produire de la musique ; il faudra, hélas, se contenter de cet unique album, méconnu du grand public mais méritant toute votre attention. Un coup de cœur absolu !

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   LYRR

 
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- Christian Björk (chant)
- Klaus Gauffin (basse)
- Valter Kinnbom (percussions, chant)
- Petra Källsten (chant)
- Stefan Lundgren (guitare, chant, claviers)
- Katarina Lilja (chant)
- Jan Strandh (guitare, chant)


1. An Atlantean Ode
2. The Rise
3. I.a.o.
4. Rooted
5. Seal Of The Bleeding Moon
6. The Godess And The Secret Serpent
7. Letaraz
8. Crystalizing The Unspoken Truth
9. Serpentine Dreamweaver
10. Flee Into Eternity
11. Coverted Temple



             



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