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GENESIS - Trespass (1970)
Par MEFISTO le 10 Mai 2018          Consultée 1302 fois

Jamais je n'aurais cru chroniquer du Prog pur jus sur NIME. J'étais réticent à l'idée il y a une semaine encore. Mais comme l'aspartame et les nibards, le Prog influence le monde entier. Alors pourquoi se voiler la face et verrouiller entièrement la coquille, même si on écrit pour un webzine métallique ? Il est clair que le vieux Prog déjanté comme celui de ELP, PINK FLOYD, KING CRIMSON, YES et GENESIS a inspiré les artistes Metal les plus en vue depuis vingt ans, donc il était inévitable que NIME passe dans le tordeur.

Merci d'ailleurs à mon collègue Beagle, avec qui j'ai eu des échanges musclés sur la question. Mes plus plates excuses, cher ami, il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idée et je me retrouve aujourd'hui, en 2018, à chroniquer un de mes cinq groupes préférés à vie sur mon zine favori. Quel honneur et quel moment de grâce…

Donc, par où commencer… ? "From Genesis To Revelation" a permis en 1969 à cinq jeunes musiciens de percer l'hymen artistique qui les retenait prisonniers de leurs fantasmes. C'était, pour être poli, un essai correct sans plus. Le fossé avec "Trespass", sorti un an plus tard, était d'ailleurs la vraie révélation de ces débuts mitigés. C'est là qu'on a pu constater que GENESIS avait un talent fou, car pour sortir une telle gemme après un "FGTR" aussi mièvre, il fallait être non seulement doué et poussé par la compétition (wow, quelle époque bénie !), mais possédé par une force invisible que l'on ne s'explique pas encore aujourd'hui.

"Trespass" s'avère ainsi l'antithèse de la première carte d'affaires barbouillée des Anglais ; plus noir, plus fouillé, plus violent (pour les 70s), plus lyrique et plus… Progressif ! Oui, osons le mot-clé ! Tout dans cette œuvre à part tant la disco de GENESIS respire l'envie de respirer, de brouiller les cartes, de se foutre des conventions de l'époque, de donner un coup de pied au cul aux BEATLES et ROLLING STONES. GENESIS sort un ovni, comme PINK FLOYD et "Atom Heart Mother". Alors que YES n'est pas encore pleinement prêt à s'extirper de son cocon, qu'ELP lance sa fructueuse carrière et que KING CRIMSON a déjà conquis une large frange de pattes d'éléphants avec "In The Court Of The Crimson King", la bande à Peter Gabriel tente d'arpenter un terrain peu déboisé.

Au programme : un album à tiroirs, enchanteur (la Folk et pétillante "Dusk") et contemporain (la sublime compo en dents de scie "Looking For Someone"), direct et rêveur ("Visions Of Angels", "Stagnation", qui se dévoile petit à petit pour finir sur un super crescendo), lyrique ("White Mountain", qui vient trancher avec la bizarrerie en ouverture) et martial avec l'inoubliable "The Knife", qui se classe aisément dans le top 10 de l'ère Gabriel (ce solo, bordel !). Une pièce absolument unique dans la disco de GENESIS, qui n'emploiera plus jamais ce genre de lyrics et encore moins ce jeu si brutal. Bluff !

Stand up and fight, for you know we are right.
We must strike at the lies, that have spread like
diseuse through our minds
Soon we'll have power, every soldier will rest,
And we'll spread our kindness to all who our love now deserve

Some of you are going to die,
martyrs of course to the freedom that I shall provide

I'll give you the names of those you must kill,
All must die with their children.
Carry their heads to the place of old.
Hang them on stakes let the blood flow.


Et on pensait que le Prog n'était constitué que de contes de fées et de légendes…

Pourtant, avant cette étonnante clôture, GENESIS nous a fait miroiter des mirages épiques et romantiques, des odes marécageuses et campagnardes issues de ses racines, mais surtout de son imagination. Fertile et innocente imagination… Qui crépite aux quatre coins de la rose des vents.

Ces six pièces uniques et en même temps complémentaires, sont avant tout servies par une unité au sein du groupe. Même si le chant particulier de Gabriel ressort, surtout sur "Looking For Someone" et "The Knife", duo sur lequel il semble incarner deux personnages aux antipodes – un perdu errant dans les limbes de son quotidien et un rebelle déterminé à exterminer les impurs – , la force de cet album réside dans les atmosphères planantes et les changements de tempo soudains. Que GENESIS se la joue barbare, poète ou observateur stoïque, les surprises sont légion sur "Trespass" et les breaks, autant que les nappes de synthé ou les échos de flûte, marquent au fer rouge. Et que dire des notes aiguës de Philips, superbement accompagné par Rutherford et blindé par Mayhew ?

Tout, absolument tout, sur "Trespass" est exclusif à GENESIS. Tellement, que l'album suivant des Anglais, s'il nous plongera aussi dans des bulles rêveuses, ne sonnera pas du tout comme celui-ci. "Nursery Cryme" sera un peu plus mature, mais cela ne signifie pas que "Trespass" soit inférieur. Loin de là. Sa légèreté et sa puissance sont à jamais gravées dans le temps – merci à une production du tonnerre – et si GENESIS n'en avait pas été fier, parions que la cuvée de 1971 n'aurait pas été aussi jouissive et bigarrée.

"Trespass" revêt donc plusieurs manteaux et chapeaux, à commencer par un successeur hallucinant à un premier album plutôt moyen. Il est un éventail sombre et très difficile à cerner, mais un miroir témoignant de l'état d'esprit de ses géniteurs. Un groupe qui se cherche, qui essaie, qui ne veut pas passer inaperçu et qui, coïncidence ou non, réussira à créer une osmose avec un génialissime foutoir aliénable.

Le véritable début de GENESIS, une bête indomptable, un disque isolé dans une riche disco, mais qui sera déterminant pour la suite royale qui s'étalera jusqu'en 1974.

Je ne lui trouve aucun défaut, même après une cinquantaine d'écoutes. Et je vous averti de suite : GENESIS a évité les faux-pas la majorité du temps, alors habituez-vous à des notes élevées…

Podium : (or) "The Knife", (argent) "Looking For Someone", (bronze) "Stagnation".

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- Tony Banks (claviers)
- Peter Gabriel (chant, flûte)
- Anthony Philips (guitare)
- Mike Rutherford (basse, 12 cordes)
- John Mayhew (batterie)


1. Looking For Someone
2. White Mountain
3. Visions Of Angels
4. Stagnation
5. Dusk
6. The Knife



             



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