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EARTH ELECTRIC - Vol.1: Solar (2017)
Par WËN le 11 Octobre 2017          Consultée 483 fois

Si notre adoré lectorat abreuvé d'extrême a déjà pu croiser la route de Rune 'Blasphemer' Eriksen, il est fort à parier que cela soit lors de quelques-uns de ses méfaits d'armes au sein du méphitique MAYHEM (guitare de 1994 à 2008), voire au gré de ses activités chez le sombre AURA NOIR ou, plus récemment, chez NADER SADEK ou TWILIGHT OF THE GODS (all-star band dédié à BATHORY en compagnie de Alan Averill et Nick Barker). En revanche, s'il demeure une partie de carrière du bonhomme à ne surtout pas omettre trop rapidement, ce sont certainement ces années portugaises au sein d'AVA INFERI aux côtés de Carmen S. Simões (occasionnelle interprète vocale pour MOONSPELL), sa compagne à la ville. L'entité privilégiant un Metal Gothique finement ciselé teinté de ce spleen caractéristique au Fado - si particulier à ses terres natales - nous berça le temps de quatre efforts studios, conclus en apothéose par cette ultime perle d'ébène que fut "Onyx" (*). Cependant, malgré la reconnaissance qui commençait à poindre, ces huit années (2005-2013) de galères, d'obstacles en tout genre et de tant de 'ras' que de 'pas' de bol, eurent raison de la volonté et de la motivation du couple portugien, désireux de solennellement mettre en terre son protégé pour passer à de nouveaux projets où, je cite, 'la joie et l'inspiration baigneraient à nouveau notre musique".

Passé ce split, il ne faudra guère de temps à EARTH ELECTRIC (qu'on ne confondra pas avec ELECTRIC EARTH) pour venir pointer le bout de sa démo (à laquelle participèrent Gee Anzalone, batteur de DRAGONFORCE et le guitariste Luca Princiotta en poste chez DORO, ex-BLAZE, ex-SONS OF SEASONS). Cependant près de trois années seront encore nécessaires à la paire Blasphem-ões pour peaufiner les neufs titres qui composent ce premier opus. Et c'est alors que nous l'avions presque reléguée aux oubliettes que, dans un registre totalement différent de celui d'AVA INFERI, nous parvient enfin leur premier effort.

En effet, son Rock Psyché vintage aux rythmiques enfumées, parfois très Heavy, toujours très coloré, n'a - à de quelques très légers gimmicks près - plus rien de Gothic. Cette nouvelle direction artistique adoptée par le couple tranche donc radicalement avec leurs autres activités respectives, se rapprochant davantage de formations ayant pu créer un certain buzz dans le milieu Doom/Vintage/Whatever à base d'égéries féminines, il y a de cela 2-3 ans (comme l'ont pu être The OATH, DEATH PENALTY, DEMON INCARNATE, CASTLE ou LUCIFER par exemple), notamment pour cette aura toute enfumée et ce chant lointain qui, tel un spectre hagard, plane au-dessus des compositions. De ces combos, il hérite également de cette prod' typiquement un peu crade, mais rehaussant le tout d’un cachet d'authenticité toute 70.

EARTH ELECTRIC sait néanmoins insuffler sa propre vision de la chose par rapport à ces confrères ; Les principales différences musicales à relever par rapport à ces derniers étant un jeu laissant plus de place aux envolées psyché ainsi que des guitares bien plus musclées et arrogantes ("Mountains & Conquerors", "Solar"). À ces dernières, viendra plus d'une fois se greffer l'orgue vintage et rageur de Dan Knight (en poste chez MESSENGER, formation Prog/Psychedelic de son état) enrobant ainsi la partition d'une aura toute mystique ("Meditate.Mediate"). Très "Jon Lord" dans l'âme (la dernière partie de "The Great Vast"), ce clavier permet en tout cas à EARTH ELECTRIC de mener une approche plus personnelle. Ajoutons à cela que le combo sait également fournir son lot de mélodies suffisamment inquiétantes ("Meditate.Mediate", parfois même suintant l'evil-erie comme sur "The Great Vast" ou l'intro de "Set Sail") pour ainsi éviter l'écueil de la comparaison trop facile et balayer tout doute quant à l'opportunisme de sa démarche (eu égard au fait que chaque label y va de sa formation vintage et qu'à ma connaissance SEASON OF MIST n'en comptait pas encore en son écurie). La conclusion de l'œuvre, pour le moins surprenante puisqu'à base d'un Negro Spiritual/Gospel illuminé, s'inscrira elle aussi dans cette volonté de démarquage par rapport à ce que proposent ses camarades.

Mais LE principal acteur de l'émancipation de notre jeune planète électrique se trouve bien entendu être l'organe vocal de Carmen Simões qui, par la grâce gothique de son chant lyrique et mélancolique (inchangé par rapport à sa précédente formation), s'impose ici en une intouchable maîtresse de cérémonie, s'autorisant même quelques duos avec son homme. Assez impromptue et plutôt séduisant lors des quelques premières écoutes, puisque privilégiant une approche plus fantomatique que Rock'N'Roll, cette façon très particulière de faire va pourtant, à notre humble avis, devenir redondant sitôt la découverte passée. Ne nous méprenons pas, ne manquant en aucun cas d'assurance ou de justesse, notre diva demeure on ne peut plus à sa place ; Seulement, son chant délicat qui savait draper les compos d’AVA INFERI d’une grâce inaccessible, semble parfois trop virer ici à la longue litanie plaintive, peut-être par manque de variations sur ces tempi plus enlevés. Un point de prime abord positif à mettre au crédit du combo mais qui hélas, pèche un peu sur la longueur du disque, donnant l'impression d'une certaine répétitivité. Et pourtant, du haut de ses 35 petites minutes, celui-ci est loin d'atteindre une durée affolante. La cause à certains titres qui demeurent très courts, ne permettant que peu de développements (entre 2 et 4 minutes en moyenne sur la première moitié du disque, ça s'arrange heureusement ensuite).

Alors, certes, le sulfureux "Solar", "Meditate.Mediate" ou encore "The Great Vast" sont de parfaits petits brûlots, "Sabbatical Moons" retente une approche plus Gothique avec ses claviers/guitares tout en retenue avant le débridage final et "Sweet Soul Gathering" envisage - pourquoi pas - un avenir plus ethnique dans le cadre d'une éventuelle future réalisation. Tous ces éléments ainsi mis bout à bout ne laissent donc que peu de doutes quant aux prédispositions qu'a EARTH ELECTRIC pour insuffler de la passion à sa partition, mais ce premier jet (qui sait rester original, nous ne pourrons lui ôter ça) donne encore l’impression que le groupe se cherche par moments, n'évitant pas quelques errements ("The Endless Road", "Earthrise") car n’ayant pas encore trouvé SON truc. Nous n'y voyons là rien de rédhibitoire, la formule déroulée ici manquant seulement de relief dans sa globalité. Laissons donc encore un peu de temps à EARTH ELECTRIC pour nous montrer ce qu'il a dans le ventre… Et attendons plutôt la suite pour juger en tout état de cause. Là, balancée entre de folles envolées psyché et un chant répétitif sur la longueur, c'est la note neutre qui prévaut : 2,5/5.


(*) En fait, son réel dernier morceau - une reprise du traditionnel "Ao Teu Lado" - apparaîtra sur la compilation "One And All, Together, For Home" (SEASON OF MIST, 2014). AVA INFERI y figurant aux côtés de DRUDKH, PRIMORDIAL, WINTERFILLETH, HIMINBJORG, KAMPFAR et bien d’autres.

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- Carmen S. Simoes (chant)
- Rune Eriksen (guitare, chant)
- Alexandre Ribeiro (basse)
- Ricardo Martins (batterie, chant)
- Dan Knight (invité, claviers)


1. Mountains & Conquerors (pt. 2)
2. The Endless Road
3. Meditate.mediate
4. The Great Vast...
5. Set Sail (towards The Sun)
6. Solar
7. Sabbatical Moons
8. Earthrise
9. Sweet Soul Gathering



             



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