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FOSCOR - Les Irreals Visions (2017)
Par PERE FRANSOUA le 30 Septembre 2017          Consultée 406 fois

Attaquons dès aujourd'hui la discographie déjà conséquente de FOSCOR en commençant par son dernier opus sorti il n'y a pas trop longtemps chez Season Of Mist. Hop, c'est parti.

FOSCOR est un trio avec un noyau dur actif depuis 2007 formé de Fiar (chant, basse) et Falke (guitares) autour duquel ont valsé les membres.
FOSCOR signifie "ténèbres" en catalan car FOSCOR est catalan. Pas espagnol. Ca-ta-lan. Même qu'ils chantent en catalan, et en anglais aussi, sauf sur ce nouveau disque entièrement dans leur langue régionale et néanmoins officielle (hé oui, il y a quatre langues officielles en Espagne.)
La belle Barcelone n'est pas qu'un repaire de Français et d'Allemands bourrés comme des cochons sans vergogne. Tandis que les touristes se baladent ou se font écraser sur Las Ramblas, certains Barcelonais font prospérer une scène Metal fort intéressante et qui a commencé à faire parler d'elle avec OBSIDIAN KINGDOM. Comme lui FOSCOR a su glisser d'un extrême exigeant à une maturité avant-gardiste. Mais contrairement à OBSIDIAN KINGDOM pour qui le virage fut rapide et radical, chez FOSCOR l'évolution s'est faite très progressivement, sur quatre albums, des débuts purement Black mystérieux aux montages chaotiques typiques du Black moderne pour déboucher sur le très réussi "Those Horror Wither" (2014) sur lequel le chant clair faisait une apparition très remarquée. Apportant un contrepoint idéal aux raclements de gorge (très convaincants au demeurant), son timbre nous paraissait étrangement familier jusqu'à ce qu'on se rende compte de sa similitude troublante avec celui de Lazare de SOLEFALD et BORKNAGAR. C'est un beau compliment et finalement, malgré la similitude, on appréciait déjà vivement le chant du dénommé Fiar.
Sur ce nouveau disque ce chant clair éclot enfin, il se révèle et fait disparaître tout besoin de cris (ou presque). Toujours aussi proche de Lazare, ce chant éthéré plein de reverb est pour moi la grande réussite de cet album. Il s'en dégage une belle étrangeté qui pousse à la rêverie, une étrangeté brumeuse encore renforcée par les paroles en catalan (langue étrange descendant directement de l'occitan, empruntant à l'espagnol, au français et l'italien), et qui fait germer dans nos esprits des visions irréelles.

"Those Horror Wither" rappelait trop ENSLAVED. Encore un beau compliment. FOSCOR avait réussi à presque égaler le maître dans une fusion d'extrême alambiqué et de progressivité inventive. La mission pour "Les Irreals Visions" était de s'émanciper de cette influence trop palpable. Concentrer son écriture, développer sa propre personnalité, exister pleinement par soi-même. Tandis que beaucoup de leurs concitoyens cherchent l'indépendance politique, FOSCOR cherche l'indépendance artistique.
D'ENSLAVED il ne reste maintenant que des traces, riff rythmique typique de-ci de-là ("Espectre Al Cau", "Malfianca"). FOSCOR s'est enfoncé plus loin dans les brumes du Metal Atmosphérique jusqu'à diluer totalement son extrémisme. Le passé Black se sent encore dans une certaine utilisation des guitares, des ostinati, murs de sons et fondus d'arpèges détournés du noir pour explorer des nuances de gris clairs, les Barcelonais s'inscrivent là aussi dans une tendance connue, lorsque le Post-Black pousse jusqu'au Shoegaze (de façon particulièrement palpable sur le morceau "Les Irreals Visions").

Metal Atmosphérique. Étiquette fourre-tout sous laquelle on rangera aussi bien de délicats hybrides tels ANATHEMA, TIAMAT ou EMPYRIUM, et des sucreries pouvant s'avérer écœurantes telles EVANESCENCE ou WITHIN TEMPTATION. Privé de sa patate, le Metal Atmo a souvent le cul entre deux chaises, et le risque est grand alors de générer de l'ennui dès que l'écriture n'est pas à la hauteur. Explorateurs de la face sombre du Metal Atmo KATATONIA n'échappe pas à la règle, et il en va malheureusement de même pour FOSCOR qui tombe un peu dans le piège sur quelques morceaux de ce nouveau disque.
Les ambiances mystérieuses sont là, pesantes et légères à la fois, mais il faudra de très nombreuses écoutes pour apprécier sans bailler les titres les plus posés ("Altars", "Encenalls De Mort"), d'autant plus qu'ils pâtissent de la comparaison avec les deux premiers qui ouvrent l'album.
En effet, "Instants" est une réussite totale. Délicatesse atmosphérique, section rythmique vrombissante, chant inspiré et obsédant, écriture subtile et efficace, contraste vibrant lorsque la batterie se permet le blast sur un tricot d'arpèges nuageux sur lequel le chant vient glisser. S'ensuit "Ciutat Tragica", tout aussi génial sur lequel le célébrissime A.A. Nemtheanga (PRIMORDIAL) vient poser quelques chœurs. Rythmiques animales, trémolo lumineux, et encore une fois ce blast organique qui porte si bien le chant, jusqu'au final au piano paisible.
Après de tels coups on est frustré de retomber sur terre. À part "Espectres Al Cau", varié, bien foutu et disposant d'un beau final mélancolique en duo de piano et accordéon, le reste s'écoutera juste agréablement. Les titres avec plus de nerf nous chatouilleront l'oreille ("De Marges I Matinades" et ses notes hantées, "Malfianca" et son rythme Rock groovy).
"Traces Morbides" finira sympathiquement le disque sans toutefois égaler la qualité d'écriture des deux premiers titres.

Les Barcelonais ont su montrer qu'ils étaient capables d'affirmer une belle personnalité et de proposer des titres remarquables, malheureusement en nombre insuffisant pour pouvoir crier au génie ou mettre quatre étoiles. Les meilleurs morceaux sont ceux qui savent marier les contraires, langueurs atmosphériques et violences contrôlées, offrant un hybride original et délicieux.
Néanmoins "Les Irreals Visions" vaut vraiment le détour, pour son magnifique artwork qui figure si bien la musique, pour cette ambiance brumeuse paisible et tumultueuse à la fois, pour sa production idéale et bien équilibrée, pour cette voix qui vient couronner le tout et nous tient la main tout du long, et finalement pour se perdre tranquillement dans ces vapeurs grisâtres.

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   PERE FRANSOUA

 
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- A.m. (guitares, basse, piano)
- Fiar (vocaux)
- Falke (guitares & effets)
- Jordi Farré (batterie -session)


1. Instants
2. Ciutat Tràgica
3. Altars
4. Encenalls De Mort
5. Malfiança
6. Espectres Al Cau
7. De Marges I Matinades
8. Les Irreals Visions



             



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