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- Style + Membre : Black Dawn

TRUE BLACK DAWN - Come The Colorless Dawn (2016)
Par T-RAY le 27 Juillet 2017          Consultée 366 fois

"Vienne l’aube sans couleur". Est-elle noire ? Est-elle blanche ? L’une et l’autre à la fois ? Tantôt l’une, tantôt l’autre ? On se pose la question tant TRUE BLACK DAWN brouille notre vue et surtout notre audition lors des premières écoutes de cet album inattendu, celui du retour du fin fond des limbes après une première existence sous le nom de BLACK DAWN. Dire que personne n’attendait ce retour tient en effet de l’euphémisme. Je crois même pouvoir dire que tout le monde s’en battait les noix que (Prophet Hoath) Wrath et ses sbires reviennent du fin fond de l’underground finlandais pour nous offrir une nouvelle itération – forcée pour cause de blaze déjà pris – de leur groupe de Black.

Il est vrai que, déjà, BLACK DAWN premier du nom avait le cul entre deux chaises. Entre Brutal Black Metal à la suédoise (coucou MARDUK !) et "True" Black à la norvégienne (coucou *Insérez LE GROUPE DE VOTRE CHOIX ici*). Ça n’est donc pas bien étonnant que la formation nous revienne avec des intentions un peu plus franches dans sa musique, quinze ans plus tard. D’abord, dans l’approche visuelle : en voilà un bel artwork, tellement plus classe et décalé dans le milieu trop balisé du Black Metal que l'atroce pochette de son premier méfait d’il y a quinze ans. Et, musicalement parlant, TRUE BLACK DAWN a rencontré le professionnalisme depuis sa précédente incarnation. Il a su le reconnaître en le croisant et il maîtrise désormais totalement son riffing, même s’il n'est pas des plus originaux, ce qui n’est rien de le dire tant il s’inscrit dans un courant très actuel et au penchant rétro : le Black ritualiste.

Son riffing, TRUE BLACK DAWN le maîtrise quand il se la joue brutal, comme sur le morceau-titre et sur "Cinereous", par exemple. Il le maîtrise aussi quand il se la joue plus posé, plus mid-tempo. Ah, ça, du tempo moyen, il y en a sur cet album. Et cela sert fortement TRUE BLACK DAWN pour abattre sur nous l’épaisse brume opaque qu’il colporte avec sa musique et qui rend l’ensemble plutôt compact, dense. Une brume dans laquelle la voix de Wrath, autrement plus affirmée et efficacement Black qu’auparavant, joue les faux guides, nous menant puis nous perdant tour à tour. Plus posés qu’autrefois, les vocaux du leader ne sont plus cet espèce de hurlement pseudo-Black avec lequel il nous assommait sur "Blood For Satan". C’est un vrai chant Black, dans les règles de l’art, pernicieux et maîtrisé, ce qui fait plaisir à entendre. Et il est mis en valeur, sa juste valeur, par l’excellente production made in Necromorbus. Une prod’ qui donne également du relief et de la profondeur à la musique dans son ensemble.

En cela, il serait faux de dire que TRUE BLACK DAWN s’est replié sur le "True" Black lo-fi, comme le laisse à penser ce nouveau nom. Il est plutôt à rapprocher, comme je l'ai déjà souligné, du très tendance Black ritualiste, et son penchant pour les ambiances lourdes et les rythmes moyens en témoigne largement. Et le Black des Finlandais propose un grand nombre de passages éclaircis (à défaut d’être clairs) sur ce disque : des soli de guitare de-ci de-là, des mélodies de guitare clean, quelques samples discrets… Ces petites respirations dans cette aube brumeuse sont fort bienvenues et placées avec à-propos, d’autant qu’elles se font sans heurt, bien intégrées qu’elles sont à l’ensemble. Ce que TRUE BLACK DAWN sait doser aussi, désormais, ce sont ses élans bestiaux. Les assauts de Brutal Black sont plus parcimonieusement dirigés qu’auparavant ("The Sectile Shadow", "Come The Colorless Dawn", "Cinereous"...) et cessent aussi soudainement qu’ils ont été donnés.

Chaque morceau, ou presque, en contient, mais ce ne sont jamais eux qui en prennent la plus grande part. Ils se fondent à chaque fois dans la densité brumeuse de ce Black résolument occulte. Une densité qui a toutefois le défaut de rendre difficiles les premières écoutes de cet album, car aucun morceau ne se détache réellement l’un de l’autre et le thème principal de chacun se perd dans l’intense brouillard musical que génère TRUE BLACK DAWN. C'est pourquoi "Come The Colorless Dawn" doit être considéré comme un tout, massif et imposant, pour être abordé comme il le mérite. Il faut se préparer à l'écouter entièrement, sans quoi l’on perd nécessairement ce qui fait la pertinence de ce disque. D’accord, un "Cinereous" ou un "Eyes Of The Cadaver" peuvent garder leur intérêt lorsqu’on les écoute seuls, en mode one-off, mais...

... Mais ça n’est pas le cas de la plupart des autres titres qui, séparés du tout dont ils font partie, ne peuvent pas contrebalancer le manque d’originalité de leurs parties de guitare. "Downwards The Serpent Spiral" en est le plus parfait exemple, avec son riff mille fois entendu (mais très bien exécuté). Le meilleur exemple de l’uniformité de la musique de TRUE BLACK DAWN, ici – j’en ai fait l'expérience – est qu’en passant brutalement du milieu d’un morceau au milieu d’un autre, il arrive que l'on ne se rende même pas compte de la coupure, tant les guitares taillent dans la même brume tout au long de l’album. L’originalité fait également défaut à TRUE BLACK DAWN sur la dernière partie de ce disque qui, au détour de "Strange Shaded Sky", de "The Eyes Of The Cadaver" et de "Into The Tomb Of Her Mirror", prend de faux airs de Black Dépressif doomesque à la FORGOTTEN TOMB, période "Love’s Burial Ground". On pourrait même croire au pastiche, par moments.

Tout comme la sortie du "Blood For Satan" de BLACK DAWN avait généré un dithyrambe assez inexplicable en 2001, la parution de ce "Come The Colorless Dawn", de TRUE BLACK DAWN, a suscité des réactions d'excitation et de véritable “awe”, comme le disent nos amis anglophones, qui me laissent circonspect. Car nous ne sommes pas là en présence d’un grand album, ni même d’un disque profondément inspiré. Non, c’est une honnête œuvre, interprétée avec foi et vigueur par un groupe qui avait manifestement encore des choses à dire dans le Black Metal d’aujourd'hui. Une œuvre dense, pesante dans son atmosphère brumeuse, qui propose de prenantes ambiances et un voyage plaisant en Occultie. Pour un groupe dont on n’attendait pas vraiment le retour, surtout sur le créneau du Black ritualiste respectueux de la tradition, aujourd'hui aussi fréquenté que le périph parisien aux heures de pointe, TRUE BLACK DAWN peut se réjouir d’avoir sorti un bon album. Ni plus, ni moins.

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   T-RAY

 
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- Wrath (vocaux)
- Syphon (guitares)
- Tg (guitares)
- Cult (basse)
- Vnom (batterie)


1. Intro
2. Come The Colorless Dawn
3. The Light Goes Out
4. Cinereous
5. The Ring-pass-not
6. Downwards The Serpent Spiral
7. Strange Shaded Sky
8. The Sectile Shadow
9. Eyes Of The Cadaver
10. Into The Tomb Of Her Mirror
11. Outro



             



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