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- Style : Raven, Accept

VATICAN - March Of The Kings (2017)
Par DARK BEAGLE le 25 Juin 2017          Consultée 1179 fois

Il y a des musiciens persévérants. Là où la plupart auraient lâché l’affaire, dégoûtés par le music system, d’autres s’accrochent, comme un pitbull enragé à la cuisse d’un enfant. C’est le cas de Vince Vatican (ça ne s’invente pas et il semblerait bien que ce soit son vrai nom, après de nombreuses vérifications) par exemple. Le type est là depuis les années 80, dans son Ohio natal et il a aligné quelques projets avant de sortir son premier vrai album en 2017. Jusque là, on trouvait surtout des démos ainsi que quelques titres qui connurent leur heure de gloire à l’époque du Headbangers Ball de MTV (si toi aussi tu te souviens de Vanessa Warwick…). Ces démos ont d’ailleurs été compilées en 2014 sur "Metalmorphosis". Alors, qu’attendre d’un tel groupe aujourd’hui ?

Un coup d’œil rapide aux crédits et aux paroles ne va pas nous apprendre grand-chose. La formation est la même qu’en 1986, Vince Vatican remercie Trump pour une obscure raison (du lard, du cochon ? En tout cas, ça sent le bacon grillé, quoique cela indique). Difficile aussi de ne pas penser avoir à faire à un obscur combo de White Metal si on se penche sur certains textes ("Falling From Grace", "Deadly Winds") et qu’on cherche quelques vieux logos du groupe où on voyait un type avec une auréole, mais là encore, ça ne veut pas dire grand-chose. On reste loin du lancer de bibles dans le public façon STRYPER.

Musicalement, on est dans les années 80, mais attention, hein ! Du Heavy Metal bien rentre-dedans, où l’expression « ne pas faire dans le détail » prend tout son sens. Le groupe ne fait pas dans la demi-mesure et balance un disque qui hésite constamment entre les traditions européennes et américaines du genre ("Mean Streak" sonne tout de suite plus ricain qu’un "Deadly Winds" par exemple). Même le jeu de batterie de Vic Gribouski sonne bien rétro. Mais pour le coup, la formation bénéficie d’une production qui respecte leur côté vintage, tout en dopant littéralement leur son. Pour tout dire, "March Of The Kings" déménage. Comme si le groupe voulait rattraper le temps perdu et allait droit à l’essentiel.

Avec ses relents d’ACCEPT (la voix de Brian McNasty fait parfois songer à celle de Udo Dirkschneider quand elle est dans l’agressivité pure) et de RAVEN, VATICAN dégage forcément quelque chose de sympathique. On ne va pas dire non plus qu’on est bluffé par ce qui est présenté ; c’est bon, ça donne envie de taper du pied, mais tout cela n’est vraiment pas très neuf. Sorti dans les années 80, cet album serait passé plus ou moins inaperçu ; aujourd’hui encore sa sortie se fait assez discrète. Perdu dans le flot des nouveautés, les chances de s’extirper de la masse sont finalement assez faibles. Mais ce qui sauve le groupe aujourd’hui, c’est son statut.

Culte pour une partie du public fan du genre pour son titre "Ride The Lightning" (rien à voir avec la compo éponyme de METALLICA), le groupe profite également des supports promotionnels modernes pour faire entendre sa voix. Pourtant rien n’a changé musicalement parlant. On reste exactement là où le groupe s’était arrêté, avec cette vision du Heavy Metal avec très peu de compromission, à une époque où le pratiquer tel quel aux USA signifiait, à moins d’avoir beaucoup de chance (MANOWAR), de conserver un statut underground.

De ce fait, ce "March Of The Kings" est forcément une bonne surprise. Il dégage un fumet de nostalgie savamment dissimulé dans un canevas de riffs tranchants comme une lame de rasoir, des cavalcades comme on aime en entendre et des soli en veux-tu en voilà. Parfois un peu bordélique, parfois prophète d’un jugement divin qui pourrait s’abattre à tout moment sur nos tronches, le groupe reste sincère dans sa démarche. Et là réside certainement le secret de ce disque, du fait qu’il se tienne malgré son côté old school qui peut faire sourire. Contrairement à plein de groupes qui reviennent pour l’appât du gain, VATICAN est de retour parce que l’envie est là. Et que s’il faut s’arrêter demain, autant que ce soit après avoir atteint le Graal de bon nombre de formations : sortir un véritable album un jour.

Les nostalgiques seront ravis à n’en pas douter. Un disque de Heavy Metal aussi couillu, cela fait toujours plaisir par où ça passe (et après relecture, que cette phrase semble malheureuse. Mais par souci d’honnêteté, je la garde comme telle, tant pis pour les conséquences !). VATICAN ayant mis trois ans à enregistrer ce "March Of The Kings", difficile en revanche de prédire s’il s’agira d’un one-shot ou du premier jalon d’une carrière discographique qui sera forcément éphémère, mais peut-être intense ? Une chose est certaine, c’est qu’on ne peut constater qu’un certain gâchis concernant ce groupe, resté dans l’ombre beaucoup trop longtemps et qui aurait mérité certainement une autre carrière.

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- Vince Vatican (guitare)
- Brian Mcnasty (basse et chant)
- Vic Gribouski (batterie)


1. Alive To The Grave
2. Deadly Winds
3. Running
4. Mean Streak
5. Falling From Grace
6. Wasted
7. Fears Garden
8. Die A Heart Attack
9. Corruption
10. Opus #9



             



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