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- Membre : Sinmara

REBIRTH OF NEFAST - Tabernaculum (2017)
Par PERE FRANSOUA le 20 Juin 2017          Consultée 263 fois

Il était une fois un jeune homme natif de la verte et humide Irlande, lançant son projet de Black Metal appelé REBIRTH OF NEFAST avec une démo de qualité en 2006. Ce monsieur, Stephen Lockhart, vint s'installer en Islande, tiens donc et après tout pourquoi pas, et y monta un studio d'enregistrement. Dans ce lieu de création baptisé Emisary, il accueillit pour l'immortaliser quasi toute la production musicale extrême en train d'éclore sur l'île. D'abord SVARTIDAUÐI, puis CARPE NOCTEM, SINMARA, MANNVEIRA, ZHRINE, you name it. Il rejoignit même SINMARA en tant que bassiste.
Avec toutes ces activités, difficile de terminer son projet musical à lui. Deux titres en split avec SILDHR, autre one-man band irlandais, sortit en 2008. Deux titres impressionnants sur lesquels se dessinent déjà un style très particulier, certes mais rien de rien de rien jusqu'à ce début 2017 où "Tabernaculum" premier album longue durée fut enfin livré au monde. Quasiment 10 ans de gestation ou la bête a été revue, corrigée, modifiée, pensée, repensée, et finement ciselée.

Étant le parrain du Black islandais, on pourrait s'attendre à ce que la musique de Lockhart soit truffé de larges réminiscences mais, plongeant ses racines créatives dans la décennie précédente, son projet, vieillit en fût de chêne, est tout à fait original et singulier. Seuls trois éléments peuvent relier "Tabernaculum" à la scène islandaise que son géniteur a contribué à façonner : un appétit pour le chaos sonore, des vocaux abyssaux et la présence de Bjarni Einarson, l'incontournable batteur pivot de CARPE NOCTEM, MISÞYRMING, et NAÐRA.

REBIRTH OF NEFAST ne ressemble à rien de connu, et surtout pas à du Rock'N'Roll. S'il fallait trouver des parains on citerait peut-être The RUINS OF BEVERAST ou BLUT AUS NORD dans ses moments les plus vaporeux ("777 - Cosmosophy"). S'émancipant des structures classiques pour rejoindre la musique cinématographique, on parlera plutôt de climats musicaux où les instruments se fondent et se font oublier, pour servir à peindre le nuage tumultueux et protéiforme qui envahit, en même temps qu'il les sature, et l'espace sonore et notre esprit.

On parle souvent de sous-genre dits "Atmosphériques", labellisation fourre-tout s'il en est, mais il semble que cette étiquette ait été galvaudée jusqu'à ce début 2017 car "Tabernaculum" est sculpté dans l'atmosphère brute. Il est une cathédrale d'atmosphères. À la fois massif et foisonnant de détails biscornus, l'ensemble majestueux est trop subjuguant pour que l'esprit puisse l'appréhender. Étourdis et à genoux vous ne pouvez que vous laisser balloter, telle la feuille dans la tempête, par le cauchemar sonore.
Le travail sur le son renforce encore l'écriture. Avec force reverb' le son résonne, rebondit, s'amplifie, se mélange, comme dans une cathédrale. Il nous enveloppe de sa masse cotonneuse et nous engourdis. On a du coup cette étrange impression d'agression moelleuse où les blast beats sont porteurs de torpeur (l'intense agression du début de "The First Born Of The Dead" et son thème cauchemardesque entêtant).

C'est pourtant bien de Black Metal dont il s'agit. Mr Lockhart taille ses ambiances dans des murs de guitares à peine renforcées par des claviers indescriptibles, le tout propulsé par une batterie oscillant entre mesures tribales et déchaînement de sulfateuse. Dans la mêlée s'entrecroisent des notes de guitares insaisissables. Mais à l'exception de quelques passages (le début de "Dead The Ages Of Hollow Vessels" qui rappelle le Black islandais typique) la musique échappe à toute référence.

Cette proposition musicale touffue, engourdissante et intense à la fois, peut se montrer assez éprouvante pour l'auditeur, et d'autant plus insaisissable pour le chroniqueur que je suis. On ressort souvent lessiver par cette masse sonore, toute à la fois monolithique et en perpétuelle vicissitude.
"Tabernaculum" se vit en fait comme un rêve, un rêve enfumé, et comme une expérience, ritualiste et mystique dont on se réveille confus et dérangé comme après un sommeil mauvais (le genre que l'on vit après une cuite ou sous l'effet du cannabis).

Au final ce sont les passages les moins intenses qui se goûtent le mieux. Nombreux, leur puissance ésotérique et tribale amènent un côté primitif. Le nuage tumultueux et menaçant s'y délaye un peu, laissant filtrer une lumière atmosphérique et transcendantale. De loin on penserait presque aux étranges wall of sound dont Dewin Townsend à le secret (le cœur de "The First Born Of The Dead"). On savoure ces beaux moments de calme avant de replonger dans le cumulonimbus cauchemardesque qui semble se faire plus sombre à chaque fois.

Oui, le tumulte cotonneux épuise mais même groggy et shooté par l'expérience sonore, on a tendance à y revenir, d'autant que les subtiles mélodies distillées vous intoxiques sans s'en rendre compte. Elles ont pénétré le subconscient et on se prend à les siffloter sans même savoir de quel morceau elles nous reviennent. L'étrange mur de son ample et réverbéré à l'architecture nuageuse constitue la force et la faiblesse de ce disque premier mais qui se veut être un disque ultime, brillant et péchant à la fois par excès de perfection.

Note réelle: 3,5/5.

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   PERE FRANSOUA

 
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- Stephen 'wann' Lockhart (tout, sauf...)
- Bjarni Einarsson (batterie)


1. The Lifting Of The Veil
2. The First Born Of The Dead
3. Alignment Divine
4. Carrion Is A Golden Throne
5. Magna - Mater - Menses
6. Dead The Age Of Hollow Vessels



             



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