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REPLACIRE - The Human Burden (2012)
Par T-RAY le 25 Mai 2017          Consultée 632 fois

Sans son deuxième album, sorti cette année, il n’aurait peut-être pas été facile de faire la connaissance de REPLACIRE. Le groupe de Boston n’avait jusqu’ici sorti qu’un seul album, en 2012, de façon totalement indépendante. Bandcamp était alors son ami. La plateforme lui avait permis de faire connaître sa musique à un cercle un peu plus large que l’autoproduction "simple" d’avant le web 2.0 ne l’aurait jamais permis. Et, bien sûr, la notoriété ainsi gagnée lui a permis de signer avec l’éminent label marseillais Season Of Mist pour produire ce fameux deuxième album, "Do Not Deviate".

Mais puisqu’on aime faire les choses dans l’ordre sur Nightfall In Metal Earth, du moins lorsqu’on peut le faire, commençons par nous intéresser à ce premier album autoproduit, intitulé "The Human Burden". Et à sa seule écoute, on prend la mesure de combien l’autoproduction a changé en une quinzaine/vingtaine d’années. Combien les solutions d’enregistrement et de production ont permis de s’offrir un support d’une qualité professionnelle. Qui permet même à une musique aussi complexe et riche que celle de REPLACIRE de donner sa pleine mesure.

D’ailleurs cette chronique ne fera sans doute pas honneur à l’extraordinaire technicité et créativité du quintette à l’œuvre. On a pourtant affaire, ici, à du Death Metal technique et progressif de haute volée, sachant tout autant être violent que calme, virevoltant qu’écrasant. Un style qui ne s’embarrasse d’aucune barrière. Il faut l’écouter une fois, deux fois, cinq fois, dix fois, pour saisir les différentes influences qui ont pu nourrir le style technique mais si peu alambiqué de REPLACIRE. Non, cette technicité n’est pas prise de tête, en aucun cas. Au contraire, elle évade, elle affranchit, elle libère.

Il est presque symbolique que le morceau conclusif de ce premier album soit intitulé "Circles". Car c’est la figure qui revient en boucle lorsque l’on essaye d’appréhender la forme de la musique du groupe : le cercle. Leur style si personnel embrasse, englobe, couve un ensemble d’influences pour mieux faire éclore ces fulgurances inattendues qui nous explosent à l’oreille au détour de chaque riff, de chaque break, de chacun des soli qui, eux, sont étonnamment rares sur un album laissant autant la place aux libertés instrumentales. À moins qu’il ne s’agisse que d’une illusion ? Que la liberté entendue ne soit en réalité l’expression d’une grande rigueur et d’une stricte interprétation ? L’on ne saurait le dire exactement. Mais on se laisse emporter.

Plus que le cercle, la figure ultime de REPLACIRE est la spirale. Celle qui tourbillonne et aspire. La tornade qui capture et centrifuge tout une somme d’influences. CYNIC ? Oui, Monsieur ! Du DEATH ? À votre bon cœur, Madame. Des airs d’OPETH ? Et pas qu’un peu, mais pour le mieux. Des polyrythmies à la MESHUGGAH ? Check ! Un arrière-goût d’OBSCURA ? Mais pas que. La tornade, oui, le tourbillon, encore. Une guitare tournoie sur "Mask Of Weary Eyes" pendant que l’autre gratte marque le rythme. Elle tournoie ailleurs encore, partout, souvent, ailleurs, pour nous emmener vers des territoires Prog ou Techno Thrash certes déjà jalonnés par d’autres, mais pas de la même façon.

L’extrême ? On ne s’y sent pas forcément, ou du moins pas toujours, sinon par la voix excessivement caverneuse d’Evan Anderson Berry, son growl profond et pourtant si expressif. On ne s’y sent pas parce que ce diable de vocaliste est aussi efficace en voix claire. Diablement efficace. C’est là que la parenté CYNIC ou l’influence OPETH se fait sentir. "Along The Frame" nous fait, lui, explorer d’autres territoires, plus froids, relativement dignes de S.U.P. Celui d’il y a vingt ans, tout juste sorti de "The Cube". Une atmosphère froide se dégage du morceau. Une technique chirurgicale, aussi. Si peu de violence formelle. Mais tant de violence induite. L’aventure n’est jamais exclue du programme imprévisible de REPLACIRE.

"Corridors Of Resolution" nous assène encore ces parties de guitare tourbillonnantes et ces épisodes de chant clair si expressif. Des souvenirs de PAIN OF SALVATION m’assaillent, pour la voix clean comme pour les plans plus Prog. La folie non plus n’est pas exclue de la personnalité de REPLACIRE. En témoigne "Slow Cuts Inside A Throat". Changements de rythmes incessants et schizophrénie assumée au niveau des vocaux, ou growls et cris stridents se répondent avant que les voix ne s'élèvent dans une sorte de chœur massivement soutenu par l’ensemble des instruments. Une sorte de fenêtre symphonique brutalement ouverte et refermée quelques secondes plus tard… pour mieux se rouvrir ensuite.

L’on ne saurait détailler avec la précision et la pertinence nécessaire l’ensemble du Death Metal de REPLACIRE sur cet album. À peine pouvons-nous vous inviter, si vous ne l’avez pas déjà fait, à ouvrir vos pavillons à la musique des cinq de Boston. Voilà bien une ville que l’on ne connaissait pas pour son Metal. Pour son basket-ball, oui. Pour son base-ball aussi. Pour sa fondatrice Tea Party, sans aucun doute. Pour Matt Damon et Ben Affleck si vous voulez. Mais désormais il faudra apprendre à la connaître pour REPLACIRE.

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   T-RAY

 
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- Evan Anderson Berry (vocaux)
- Eric Alper (guitares, vocaux additionnels)
- Stephen Pierce (guitares, vocaux additionnels)
- Alex Stallings (basse)
- Blaize Collard (batterie, vocaux additionnels)


1. Mask Of Weary Eyes
2. The Human Burden
3. Along The Frame
4. Pure Will
5. Corridors Of Resolution
6. Price To Pass
7. Slow Cuts Inside A Throat
8. Circles



             



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