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DISFORIA - The Age Of Ether (2014)
Par JEFF KANJI le 29 Octobre 2015          Consultée 1724 fois

Les créateurs de plateformes de streaming ont inventé des monstres, mais ce ne sont pas nos ennemis.

Cette citation n'est pas d'un industriel qui se gave sur un marché de la musique qui n'a jamais autant généré d'argent et rapporté si peu à ses créateurs et interprètes, mais de Jean-Michel Jarre dans une interview accordée à Libération peu de temps avant la parution de cette chronique. Cet ardent parangon d'une ingéniosité et d'une école artistique française occultée progressivement depuis un siècle par la domination anglo-saxonne met le doigt sur l'ambivalence d'un nouveau moyen d'écoute et d'accès à la création artistique. Elle a du bon remarquez, sinon je ne serais pas chroniqueur sur un site qui traite d'une musique d'essence anglo-américaine, et encore moins d'une jeune formation du pays de l'oncle Sam qui sort son premier album.

En réalité, il faut voir "Our Time Defined", copieux EP d'une demi-heure comme le véritable premier effort des Américains, car autant le dire tout de suite "The Age Of Ether" c'est clairement un Metal Prog sur le braquet supérieur. Et cette formation talentueuse, c'est Internet qui me l'a mis dans les oreilles, et merci à Hansi Kürsch et à BLIND GUARDIAN d'avoir attiré l'attention sur les natifs de Salt Lake City. Alors que Nate Dahlquist se dégourdissait pour la première fois les pattes et les poignets sur une reprise de "When Sorrow Sang", DISFORIA rejoignait instantanément ma to do list. Et "The Age Of Ether" voit même l'emblématique chanteur allemand apporter une contribution vocale magistrale sur "The Dying Firmament" mais contrairement à The UNGUIDED, auquel Hansi avait aussi offert son concours, le jeune John Yelland se montre clairement à la hauteur en faisant quasi jeu égal avec son partenaire du moment. Hansi sur ces lignes de chant rappellera les plus belles heures de DEMONS & WIZARDS (surtout le deuxième opus "Touched By The Crimson King"). John Yelland prend d'ailleurs sa revanche sur le titre suivant sur un final beau et paisible, aux lignes de guitare mélodiques envoûtantes. "The Ethereal" rappellera les plus beaux moments de SERDCE ou encore de KALISIA. Featuring réussi qui ne devient pas l'attraction principale de l'album - GG.

Si les premières secondes de l'album rappellent l'influence qu'a pu avoir le Metal Prog achevé par BETWEEN THE BURIED AND ME et ses "Parallax", très vite, on comprend que les trois années passées depuis "Our Time Defined" n'ont pas été vaines et clairement mises à profit. Les Américains ont peaufiné leur style et si le cocktail d'influences aboutit à un résultat assez original (à dominante Power Prog, SCAR SYMMETRY ou encore AWACKS ne sont pas très loin), les inspirations sont pleinement digérées.

Mais DISFORIA n'est pas devenu ennuyeux pour autant. En corrigeant l'un des principaux défauts de son premier effort, la formation américaine s'est forgé un style aux multiples ramifications qui lui offre un large panel d'expression, que ce soit les lignes de chant teintées seventies de "Half Life" (le gros morceau de cet album), le recours aux vocaux gutturaux qui apportent le relief, dans un style proche de Mikael Åkerfeldt (mais sans égaler la voix de dragon caractéristique de ce dernier, éloignant les parallèles avec OPETH par la même occasion) sur "Creator's Creator", ou encore ce savant mélange de rugosité et de mélodie emprunté à nombre de formations progressives. Les claviers sont toujours présents et se logent pile aux bons endroits, et les leads d'Austin Bentley, toujours dans un style entre Jordan Rudess et Arjen Lucassen, servent parfaitement la musique de "Chaos" et apportent une texture futuriste sur "Creator's Creator" en doublant le riff de guitare. S'il parvient à gagner encore de la maîtrise de la mise en son à la production, nul doute que l'on pourra approcher à l'avenir des textures proches d'un Devin TOWNSEND.

Mais "The Age Of Ether" est ce qu'on peut appeler un album touffu. Avec l'énergie que met le groupe dans son Metal Prog, il n'est pas envisageable de tout capter en quatre ou cinq écoutes, mais là où DISFORIA a du talent à revendre, c'est qu'il avance inexorablement, en mode rouleau-compresseur, en renforçant la tension nerveuse jusqu'à la délivrance de "The Ethereal". Je n'arrive d'ailleurs toujours pas à saisir si l'effet était recherché par le groupe, mais plus on arrive à se tenir à proximité de cette bête encore un peu sauvage qu'est "The Age Of Ether", plus on prend conscience qu'Internet a bien rempli son rôle car DISFORIA a un avenir radieux qui l'attend et j'ai eu la chance de tomber dessus.

Le groupe n'a jamais eu besoin des conseils d'un modeste chroniqueur, mais toujours est-il qu'il a rejoint de fort belle façon le train des LEPROUS et consorts. Et c'était bien tout le mal que je lui souhaitais. Et en plus je suis persuadé que ces petits gars vont encore progresser.

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   JEFF KANJI

 
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- Chad Anderson (guitare)
- Austin Bentley (claviers)
- John Yelland (chant)
- Alex Facholas (basse)
- Dayton Anderson (guitare)
- Casey Frederick (batterie)
- Hansi Küsch (chant sur 9)
- Brittney Hayes (chant sur 8)
- Patrick Hoytt Parris (voix sur 7)


1. Essence
2. Chaos
3. Dream Eater
4. Creator's Creator
5. Infection
6. Half Life
7. Beyond The Walls Of Misery
8. Lunar Sunrise
9. The Dying Firmament
10. The Ethereal



             



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