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HM-2 GRIND/DEATH  |  E.P

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IMPLORE - Black Knell (2014)
Par DARK MORUE le 17 Décembre 2014          Consultée 2156 fois

"Ta gueule et suce-moi".

Cette phrase tellement cliché, tellement universelle, simpliste dans son approche des rapports, mais toujours si jouissive. On va pas se le cacher, dès qu'il est question de mettre le pénis d'un humain dans la bouche d'un autre, direct, c'est le tabou, la gène ultime, instantanément ça va sur le ton de la blague pour ne pas avouer ce qu'on a au fond du cœur. Et pourtant tout le monde aime ça. MAIS. Mais le rapport de domination est aussi présent que pas clair du tout, d'où les ambiguïtés qui font tout le charme. C'est toujours la notion de contrôle, d'absolue confiance mutuelle qui rend si attirante ce genre de préliminaires, en plus des sensations. Peu importe de quel côté on se place, il y aura toujours des jeux de pouvoir, entre celui qui reçoit ne sentant rien d'autre que la puissance de l'extase passive et le fait d'avoir mis l'autre à genoux de manière si possible consentie, mais... Mais ça ne reste pas si simple car le fait d'effectuer l'acte rend l'autre bien plus inactif que pour n'importe quelle autre pratique du domaine, lui faisant juste subir nos moindre faits et gestes, imposant une confiance absolue, donnant à l'orateur (ou dans le meilleur des cas oratrice, que cet écrit soit pas trop machiste hein) la maîtrise totale de ce qu'on a de plus cher, placé entre de bonnes mains, ou pas... En d'autres termes, juste balancer cette phrase donne l'impression de prendre le dessus, mais ça implique surtout de confier un objet de la plus haute importance entre les crocs acérés de l'autre. Entre celui qui obtient sa récompense et celui qui gagne le contrôle des sensations de son partenaire, il est vite vu pour moi d'identifier celui qui a la place la plus ascendante. "Suce moi" c'est pas juste mettre à genoux. C'est devenir dépendant avant tout.
Bref, ça y va de la métaphore philosophique pas du tout scabreuse, mais c'est juste pour en venir à un point. IMPLORE, quand ils te sortent la première phrase de la chronique, c'est à dire à chaque changement de plan, c'est pas pour te laisser leur titiller le bout du gland avec la langue. C'est plutôt que ça t'attache, ça bourre en attrapant par les cheveux et à la fin tu te noies. Le même sans la romance ni la subtilité. Et parfois, voire très souvent, c'est ça qu'on veut.

6 morceaux. 9 minutes et 37 secondes. Et pas besoin de plus vu les crampes à la mâchoire qu'on se tape à la fin.
Découvert en ouverture de l'Obscene Extreme 2014, IMPLORE c'est typiquement le groupe à l'arrache qui sait où il va, et y va tout de suite. Rien que voir le chanteur bassiste jeter violemment sa basse au sol dès le premier morceau à cause d'un problème technique pour hurler comme un dératé dans le micro en compensation a tout fixé d'office. Sur "Black Knell", on prend lourd dans notre gueule. Les 6 morceaux n'atteignent jamais les 2 minutes à une seule exception près, on ne met rien en valeur plus qu'autre chose, on se base sur des schémas ultimes et exécutés à la perfection, et voilà.
Vous voyez la pochette qui fait Trve Black ? Vous êtes un peu induit en erreur par ce logo épineux ? Vous faites fausse route. Ici on se trouve dans un Grindcore furieux, ultra intense avec les grosses HM-2 comme l'affectionnent ROTTEN SOUND, et le Crust qui cogne de partout suintant de tous les riffs. On nous colle le gros manche au fond de la gorge, plaqués dans un coin, ça termine en sortant par le nez et on se sent sale. Au fond le sexe c'est comme ça, c'est crade que quand c'est bien fait. Et quand il a un son de Death Suédois qui ravage la nuque combiné à des hurlements vénères et des blast-beats de bonhommes, alternés à du gros gras ultime, on en redemande, on fait le tapin jusqu'à l'usure, on s'en branle de notre honneur, on veut juste notre dose.

Et c'est bon. Et voilà que dés les premières secondes on prend notre branlée, on se fait violer en faisant semblant de pas être consentant juste pour faire vendre et avoir des trucs à faire devant la caméra, les deux genoux brisés, attaché et l'honneur ravalé. Et on fait rien devant cette suite de faciales, devant ces notes éjaculées avec gras, avec force, chaque passage lent défonçant tout avec la puissance de riffs Powerviolence simplement dopés au meilleur son du monde. Parfois un poil plus mélodique, un poil plus épique, caressant et laissant quelques secondes de répit avant de recommencer le gangbang. En mettant les pieds ici on sait ce qu'on voulait. Un coup de sulfateuse, servir de jouet à un monsieur encagoulé qui fait tout sans bavure ni déviance superflue. On vient servir de décharge. On contrôlera rien du tout. On est par terre. On est rien. Juste bon à ce qu'on nous hurle dessus jusqu'à l'orgasme final. Pas le notre hein. Quoique, dépend juste de notre délire. Faut avouer que même si on aime notre acte bien tendre, proche et confortable, relaisser surgir les instincts, et que ça se termine dans le sang contre le carrelage, ça a jamais fait de mal.
Ici la musique ne revendique rien. On est pas dans le caveau. On milite pas. Pas mortuaire, pas engagé, pas furieux, juste violent et au dessus. Tu es le sac à foutre. C'est toi qu'on cale en levrette avec le pied sur la nuque. T'avales, tu kiffes, et tu repars.
Catin. Assume toi. Pour une fois.

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- Gabbo Dubko (chant, basse)
- Daniel Notthoff (guitare)


1. Thorns Ov Devotion (black Svn)
2. Self Worship Monolith (black Grovnd)
3. Segregate (black Stone)
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6. Grieved Manking (black Clovds)



             



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