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- Membre : Lykathea Aflame

CULT OF FIRE - Triumvirát (2012)
Par ENENRA le 5 Avril 2014          Consultée 1630 fois

Quand t'es un jeune groupe aujourd'hui, tu as deux possibilités pour te faire connaître : tourner le plus possible ou attendre que le bouche-à-oreille se fasse allongé dans ton canapé. L'une des solutions pourrait paraître plus méritante à première vue, je l'accorde, mais il ne faut pas oublier que tourner n'amène pas forcément la gloire ou le fric à ramener à la maison pour nourrir les gosses et la femme. Chacun ses alibis et ses agendas après tout et si certains décident de ne faire que peu de concerts — voire pas du tout — c'est qu'il y a une bonne raison à cela. Et puis, après tout, n'y a-t-il pas ce sentiment beaucoup plus fort d'avoir assisté à quelque chose de "spécial", d' "inédit" dans ces cas-ci ? Ne nous sentons-nous pas chanceux après de tels événements ? Bah arrêtons de nous tracasser avec tout ceci et retournons à notre intérêt premier : CULT OF FIRE.

C'est à croire que personne n'avait songé à emprunter ce nom par le passé, pourtant bien dégoulinant d'evilerie qu'il est, de sang et d'éclats. Bref le bon gros blaze pour ton groupe de Black Metal, tu peux en être sûr. Venus de République Tchèque, les encapuchonnés pointus du Culte sont des petits nouveaux dans la scène Black Metal européenne, formés en 2010, premier EP en 2011 et enfin premier album en 2012. Les cercles underground n'ont pas attendu trois plombes avant de mouiller leurs slibards, se pressant aux rares shows messianiques de la bande qui se produit exclusivement en festival. Il faut être méritant pour voir CULT OF FIRE, comme il fallait être au bon endroit au bon moment pour en entendre parler aux premières heures. "Triumvirát" a fait du bruit et il a eu raison. Il est la preuve qu'il existe encore des talents en attente d'éclore partout en Europe, le signe qu'il faut arrêter de bouder sur le passé et relever la tête de temps en temps.

La musique des Tchèques, sans mettre à terre comme a pu le faire l'arrivée de petits Islandais quelques mois plus tard, souffle cependant son auditoire par sa maîtrise et sa versatilité. C'est lâché. Je savais que la chronique s'arrêterait au moment où j'aurais la facilité de lancer ce mot fatidique. Les CULT OF FIRE ne sont pas de "bons artisans" ou que sais-je... mais ils savent manier leur Black avec le doigté des plus grands. Enchaînant les passages avec une aisance à couper le souffle, nos magiciens passent sans heurts d'un Black Atmosphérique — qu'il soit aérien ou guerrier en diable d'ailleurs — au Black bodybuildé de mercenaire se tapant violemment le poing sur le torse en allant au combat (quoi de mieux pour illustrer mon propos que l'excellent titre d'ouverture "Závěť Světu" — à vos souhaits — qui me rappelle un brin les Polonais de MGŁA sur les passages les plus pompiers). Balançant des étoiles dans les yeux pour mieux ensorceler et lancer l'assaut final, à la fois sans pitié, mais aussi céleste, outtahere, laissez-moi dire... poétique (?).

Pas de basse ici, les guitares règnent en maître sur la galette, déployant leur toile de mélodies, enrobant l'auditeur de leur aura claire, miroitant, baignant l'album d'une rêverie que l'on croirait palpable si de déchirants cris venus des profondeurs ne venaient troubler notre voyage ("Černá Aura", "Návrat Zářného Zla"). CULT OF FIRE pratique son Black Metal Atmosphérique, tout comme "Rain Upon The Impure" pouvait être à la fois atmosphérique, glaçant, épique et foutrement sanguinaire, il appelle autant au recueillement qu'à la bataille, celle qui n'attend aucune pitié de la part de l'assaillant, frappant sec et franchement, terrassant comme un bon déluge (ce vent dans la nuque sur "Sluhové Věčného"). Développant une musique léchée qui sait rester sombre et occulte, la troupe se place dès son premier essai dans le camp des virtuoses, des créateurs d'ambiances vénéneuses puisque maladivement attirantes et belliqueuses à la fois.

La version CD se voit agrémentée d'une piste additionnelle venant de la session d'enregistrement de l'album (en plage 4), ainsi que les deux pistes de leur premier EP, sorti l'année précédente. Aucun de ces trois morceaux ne dénote avec le ton de l'album et ils contribuent à le rendre encore plus solide, et attachant. Une chose est sûre : si le Black Metal tchèque sonnait surtout '90s dans l'esprit de tout fan du genre (entre les MASTER'S HAMMER, ROOT, TÖRR et AVENGER), voici une bonne raison de redonner une chance à cette nation qui saura certainement dans le futur se doter de nouveaux talents non moins dévastateurs. "Triumvirát", ou le porte-étendard d'un nouvel Ordre ?

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- Devilish (chant)
- Infernal Vlad (chant, guitare)
- Tomáš Corn (batterie)


1. Závěť Světu
2. Satan Mentor
3. Černá Aura
4. Horizont Temnoty (bonus)
5. Z Jícnů Propastí
6. Sluhové Věčného
7. Triumvirát
8. Návrat Zářného Zla (bonus)
9. Bytosti Z Prázdnoty (bonus)



             



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