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SAIGON KICK - Water (1993)
Par MULKONTHEBEACH le 14 Janvier 2014          Consultée 1092 fois

Délicate chronique que celle-ci… "Water" est le troisième opus des Floridiens de SAIGON KICK, après moult changements de line-up depuis l’énorme succès du précédent album "The Lizard". Exit le chanteur Matt Kramer, parti de son propre chef vers d’autres horizons, ainsi que le bassiste Tom Defile. Dans ces conditions, rebondir pour un groupe qui doit normalement asseoir sa notoriété n’est pas chose facile.

On retrouve le guitariste fondateur et emblématique du groupe, Jason Bieler prendre la place de chanteur laissée donc vacante, le fidèle Phil Varone à la batterie, ainsi que le nouveau membre Chris Mc Lernon à la basse. Autant vous dire qu’avec ces changements drastiques, le style musical abordé, déjà flou depuis le début, a de quoi déconcerter le fan, même ouvert d’esprit. Un tel melting pot concentré sur un disque, même de qualité, est un peu dur à accepter dès la première écoute. La démarche anti-conformiste est certes appréciable, mais l’on attend plus d’un groupe connoté Hard Rock pour un troisième effort studio.

Dénicher un titre représentatif de l’album relève du défi, tant la palette stylistique abordée est immense, mais elle n’en est pas moins plaisante, loin s’en faut ! Simplement, pour le chroniqueur que je suis, et fan de surcroît, analyser ces titres qui n’ont aucun lien entre eux, si ce n’est la qualité, est un chemin de croix.

SAIGON KICK s’est tiré une balle dans le pied avec ce "Water" on ne peut plus varié, mais commercialement invendable, c’est le mot. Il y a tout de même ce titre, "On And On", petite perle Pop groovy au refrain accrocheur. Une charmante désuétude serait le terme adéquat pour qualifier les titres à consonance Pop qui sont majoritaires, mais qui côtoient plus souvent qu’à leur tour des clichés sonores Heavy totalement abscons en la demeure. J’en veux pour preuve ce "Torture", qui en est une malheureusement, tellement il est indigeste, avec cette voix si particulière qui peut vraiment indisposer parfois. Jason Bieler reste un bon chanteur, mais son timbre, comme sur la très bonne reprise du "Space Oddity" de Mr Bowie, ne fera jamais l’unanimité.

Les garçons ont souvent cette finesse que la Pop impose, mais force est de constater que la démarche foncièrement Heavy ne fonctionne plus. Un riff qui tue ne tue que s’il est orchestré et auréolé d’une trame mélodique imparable, sinon, et c’est souvent le cas ici, ça ne fonctionne pas, comme un mauvais plongeon qui se termine en plat.

Pourtant, bien souvent, la magie opère naturellement, tel ce "Fields Of Rape" sorti de nulle part, où l’émotion procurée nous entraîne sur un terrain qui prend tout son sens : l’universalité ! Et comme disait Baudelaire : « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ». C’est un peu, voire beaucoup ça avec SAIGON KICK.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’accorde plus d’importance à l’intention première, sincère, au rendu final, aussi bancal soit t’il…

Voilà la chose, du Heavy basique mélangé à de la Pop, au sens noble du terme, tout bonnement sublime qui nous transporte vers un avenir musical meilleur. D’autant que le nouveau bassiste d’alors est parfaitement employé et se plonge avec brio dans cet imbroglio artistique, mais ô combien conditionneur de liberté.

La vérité musicale est ainsi entrouverte avec SAIGON KICK, avec ses erreurs et ses réussites, et c’est bien là l’essentiel. Leur musique est de l’émotion à l’état brut, et le courage allié au talent se doit d’être récompensé face à la réalité du business souvent si injuste et abjecte. Ainsi va la vie…

La production est parfois emprunte d’amateurisme avec ses programmations un peu « cheap » mais qu’importe, l’on pardonne beaucoup à ce groupe tant son inspiration et sa sensibilité sont riches. La démarche est là, intense et intacte.

Au final, un disque éminemment recommandable pour tous ceux qui penchent vers l’immédiateté des BEATLES, avec les contradictions du monde moderne, contemporains que nous sommes. Quand bien même cet album est sorti en 1993, ses questions, métaphoriquement posées alors, restent toujours d’actualité aujourd’hui.

Des tornades d’aujourd’hui, je leur préfère cet embrun que SAIGON KICK me procure toujours, aussi désuet soit t-il. C’est comme ça, la vraie vie est là-bas, et moi j’y vais tête baissée, même dans le doute absolu.

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   MULKONTHEBEACH

 
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- Jason Bieler (chant, guitare)
- Phil Varone (batterie)
- Chris Mc Lernon (basse)


1. One Step Closer
2. Space Oddity (david Bowie Cover)
3. Water
4. Torture
5. Fields Of Rape
6. I Love You
7. Sgt. Steve
8. My Heart
9. On And On
10. The Way
11. Sentimental Girl
12. Close To You
13. When You Were Mine
14. Reprise



             



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