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SAIGON KICK - Devil In The Details (1995)
Par MULKONTHEBEACH le 8 Octobre 2013          Consultée 1779 fois

Quel étrange destin que celui de SAIGON KICK... Injuste même pourrait-on dire, et en même temps, si la vie était juste ça se saurait...
Après un premier album magnifique, sorte de fourre-tout musical, aussi bien influencé par le Heavy Metal que par les BEATLES, et produit à l'époque par Michael Wagener, excellent producteur au demeurant, et cooptés par les gars de SKID ROW, nos garçons n'ont bénéficié ni de leurs parrains (trop catalogués Hard Rock), ni par ce son criard orchestré par ce type qui a d'ailleurs malmené de la même façon la carrière de nombre de groupes qui ont eu le cul entre deux chaises avec ses productions clinquantes typiquement Hard Rock...

Toujours est-il qu'en 1995, après des succès mérités, des échecs aussi, et des changements de line-up incertains (le chanteur étant parti dès la fin de l’enregistrement du second album), le groupe sort cet album superbe, car impalpable. La pochette tout d'abord, quelle merveille ! Quel groupe de Rock aurait osé en sortir une aussi peu commerciale ? Une sorte de peinture/collage du plus bel effet. Et puis finalement, ce groupe ne s'est jamais renié, a touché du bout des doigts le succès avec son second album, sans doute le plus facile d’accès avec la ballade "Love Is On The Way". Cette dernière ne représente pas vraiment le groupe à proprement parlé, puisqu’elle est vraiment orientée FM, mais elle a tout de même permis aux quatre garçons d’avoir leur 1 er hit classé numéro 1 au Billboard aux USA.

Puis, se retrouvant en trio, a touché le fond avec son troisième, qui, il faut le dire sonne un peu New Age, et celui-là.... Ce "Devil In The Details". Comment vous dire, c'est imparfait, c'est bancal, parfois bâclé, mais si souvent magique ! À l'instar d'un certain WHITE LION, ces natifs de Floride n'ont jamais su trouver leur son, toujours bâtard, mais ont toujours su écrire des chansons. "Spanish Rain", la pépite de cet opus, est, comme son titre l’indique hispanisante, avec ses arpèges raffinés et sa mélodie entêtante, et ses textes faisant allusion sans doute à un souvenir amoureux lointain. Dans un tout autre registre, "Edgar" est à la croisée des chemins de la Pop pour les couplets et la trame principale, et du Hard Rock avec ce refrain très basique.

C’est aussi ça avec SAIGON KICK, on passe du coq à l’âne sans complexe. Cela explique surement le fait que le succès public n’a été que de courte durée, car les maisons de disques n’ont jamais pu travailler correctement la carrière du groupe, elles qui ont besoin de tout cataloguer, et notamment sur cette galette généreuse à souhait et très diversifiée.

L’exemple le plus frappant est "Eden", titre jazzy et sautillant, à la HARRY CONNICK JR ! Oui vous avez bien lu ! Ce disque pourrait se comparer à leur premier album éponyme, mais en plus Pop encore. Dans la lignée, "Victoria" en a dérouté certains mais fonctionne pourtant très bien. Mais son défaut, commun à tous les autres, est qu’il est parsemé de chansons franchement dispensables, très connotées Hard Rock d’ailleurs, et c’est regrettable car le groupe s’en sort beaucoup mieux dans un environnement Pop pour moi.
Toutefois, on ne parle pas de remplissage ici, tout juste 3 ou 4 titres, avec entre autres "Flesh And Bone", très Heavy et "Afraid", mid-tempo qui fait penser à du U2 période "Achtung Baby"… Bon, vous le saurez, votre serviteur n’aime pas U2, mais alors pas du tout !!!

"So Painfully" fait penser à un THE DARKNESS avant l’heure, et constitue une belle vitrine de ce qu’est SAIGON KICK, à savoir un amalgame de QUEEN, de Metal burné, et d’un peu beaucoup de BEATLES… Le maillon faible du groupe est la voix de Jason Bieler, guitariste fondateur, compositeur, qui a remplacé le chanteur originel (lui–même qui officiait déjà dès le début comme second chanteur, sorte de Jerry Cantrell), très particulière et quelque peu « canardeuse ». Phil Varone, fidèle batteur depuis le début, abat un travail titanesque, un vrai sosie de Tommy Lee, tous tatouages dehors ! Quant à Chris Mc Lernon, second bassiste du groupe, il est un musicien important pour la formation floridienne. Pour l’avoir vu en concert, celui-ci a une réelle personnalité et un sens du groove certain. Quant à Pete Dembrowsky, son implication est à situer en configuration live, un apport appréciable, même si un peu timide.

À l’instar d’un KING'S X, SAIGON KICK a ce don, ce sens inné de l’écriture, mais sans vision carriériste, et en ne faisant partie d’aucun carcan musical il va s’en dire que l’industrie du même nom lui a toujours craché dessus. Ce disque est néanmoins une pépite de bon sens d'écriture, de générosité, votre serviteur en a d'ailleurs un exemplaire dédicacé dont il est très fier. Qui plus est, ses géniteurs sont sympathiques, pour avoir taillé le bout de gras avec eux... Un disque à mi-chemin donc de la Pop, du Hard Rock, et du Heavy Métal, avec toujours cet handicap ?! que même les « Rois inconnus » ont su rectifier au fil du temps... Une énigme ces SAIGON KICK ? Sûrement, mais certainement pas une erreur, bien au contraire...

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   MULKONTHEBEACH

 
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- Jason Bieler (chant, guitare, programmation)
- Chris Mc Lernon (basse)
- Phil Varone (batterie)
- Pete Dembrowsky (guitare)


1. Intro
2. Russian Girl
3. Killing Ground
4. Eden
5. Going On
6. Everybody
7. Spanish Rain
8. Flesh And Bone
9. Sunshine
10. Victoria
11. Afraid
12. So Painfully
13. Edgar
14. All Around



             



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