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1971 Budgie

BUDGIE - Budgie (1971)
Par THE BLUE OYSTER le 28 Mai 2011          Consultée 4593 fois

L'histoire du Metal est cruelle. L'effervescence artistique et commerciale caractérisant la naissance de nouveaux genres a toujours engendré des légendes immortelles d'un côté et des laissés pour compte de l'autre. Chaque mouvement reconnaît des pères fondateurs, des maîtres créateurs de quasiment tous les codes donnant à ce mouvement ses lettres de noblesse. Pourtant, il n'y a pas que ces quelques groupes reconnus qui façonnent les montagnes, l'explosion d'un genre génère une foule de groupes plus ou moins intéressants, plus ou moins radicaux, plus ou moins reconnus. Il y a les simples suiveurs et ceux qui se battent pour apporter tant bien que mal leur petite pierre à l'édifice. Comme l'histoire est impitoyable, elle ne retient pas tous ceux qui ont apporté la pierre à l'édifice, aussi grande soit-elle.

Aujourd'hui seuls les Britanniques se souviennent de l'importance de BUDGIE dans l'explosion du Hard Rock et du Heavy Metal. Aujourd'hui, le Heavy Metal des années 70 est réduit systématiquement à BLACK SABBATH, bien que quelques groupes de Hard Rock de l'époque aient incorporé quelques éléments lourds à leur musique, la bande à Iommi reste aux yeux de tous le seul combo réellement métallique à cette époque. Pourtant, BLACK SABBATH n'avait pas le monopole du riff plombé, des rythmes pachydermiques, du son écrasant.

BUDGIE est originaire de Cardiff au Pays de Galles. Après avoir tourné dans divers clubs chez lui les premières années de son existence, le groupe est remarqué par un certain Rodger Bain qui décide de produire leur premier album éponyme. Rodger Bain n'est autre que le producteur de BLACK SABBATH, le ton est donné.

Au lendemain des années 60, le monde du rock a pris une sacrée baffe dans la figure. C'est la désillusion, la fin des espoirs nés des diverses contestations, du mouvement hippie, cette nouvelle décennie sera noire, sale, violente. Un nouveau pan de la musique rock voit le jour, la violence des DEEP PURPLE et la sombre lourdeur des BLACK SABBATH secouent le cocotier rock n'roll. Le trio ne fait pas partie de cette explosion de la musique lourde en 1970 et pourtant l'année suivante, pour son premier album le son reste tout de même impressionnant d'épaisseur pour l'époque.

Le disque débute par "Guts", un riff imposant au son dense, gras, déroulé de façon mécanique au rythme lent et assuré tel un éléphant balourd en train de marcher. Un son massif et ralenti qui, dans une approche très rock, nous apprend déjà beaucoup sur le futur Doom Metal. C'est ainsi que l'on se rend compte avec étonnement qu'un tel son est produit par un trio. On peut d'ailleurs le qualifier de "power-trio", comme il était coutume à l'époque de nommer les plus hargneux. La basse de Burke Shelley dégouline, ronronne mais reste carrée pour soutenir les riffs lourds de Tony Bourge, la batterie de Ray Phillips sonne d'une telle profondeur (notamment les toms) quelle nous donne des frissons.

L'autre particularité de BUDGIE est son chanteur. Burke Shelley, qui tient également la basse, a l'originalité d'avoir un timbre de voix particulièrement aigu en contraste total avec la musique proposée par le groupe. Son timbre ressemble de façon flagrante à un autre chanteur/bassiste... dans un autre power-trio : Geddy Lee de RUSH, dont le premier album ne verra le jour que trois ans plus tard. Avec ces caractéristiques la musique des Gallois est donc très facile à reconnaître.

L'album est composé d'excellents morceaux très heavy et en terme de lourdeur BUDGIE est l'unique concurrent du sabbat noir. L'approche heavy metal est claire sur certains morceaux comme "Nude Desintegrating Parachutist Woman" (ce titre !), long titre qui s'accélère brusquement dans une tornade metallique jouissive, "Homicidal Suicidal", incontestablement précurseur de la NWOBHM bien des années plus tard, qui nous pilonne d'un riff écrasant, jouissif. L'excellent "The Autor" nous berce dans une ambiance presque psychédélique avant de nous exploser à la face un Heavy agressif, les musiciens savent augmenter le tempo de façon efficace.

Malgré ce côté metal déjà bien prononcé, l'approche du groupe dans la composition est toujours assez rock, "Rape the Locks" par exemple est un très bon Hard Rock. BUDGIE nous compose même deux superbes morceaux acoustiques, "Everything In My Heart" et "You And I" qui exploitent la voix haute perchée de Shelley, mixée avec beaucoup d'écho pour consolider leur côté aérien. Encore un jeu de contrastes entre les morceaux atmosphériques, légers et les autres lourds, boueux.

Non, BLACK SABBATH n'est pas l'unique représentant du Heavy Metal au début des années 70. BUDGIE est incontestablement un des groupes les plus importants dans l'histoire de cette musique, en proposant à son époque une des musiques les plus massives et pachydermiques. Le public britannique ne tardera pas à suivre de près ce pionnier de ce nouveau rejeton du rock avec un premier très bon album sous le bras. Disque sans faille mais peut-être sans gros classique à promouvoir. L'album sort accompagné du single "Crash Course In Brain Surgery", qui sera repris en 1987 par un certain METALLICA. Ils ont bon goût les Américains.

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   THE BLUE OYSTER

 
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- Burke Shelley (basse, chant)
- Tony Bourge (guitare)
- Ray Phillips (batterie)


1. Guts
2. Everything In My Heart
3. The Author
4. Nude Disintegrating Parachutist Woman
5. Rape Of The Locks
6. All Night Petrol
7. You And I
8. Homicidal Suicidal



             



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