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- Style : Bell Witch

MOURNFUL CONGREGATION - The June Frost (2009)
Par MOX le 28 Mars 2010          Consultée 1945 fois

On était là, assis en face l’un de l’autre, à deviser de tout et de rien. J’avoue alors à Orphanage avoir repris une période d’écoute intensive de MOURNFUL CONGREGATION, louant leurs premiers efforts comme j’ai loué le génie des groupes de Doom que j’ai découverts dix ans plus tôt. Je me revois très bien lui parler de ce groupe en parfaite pucelle, le sous-vêtement humide de longues nuits à penser au chanteur de MUSE. Le regard flou, les gestes avec les mains, la sensation de faire passer mon émotion à travers un dialogue euphorique. Mon interlocuteur avait ce même regard, appuyant mes réactions, surenchérissant. "The Monad Of Creation", "The Dawning Of Mournful Hymns", ces guitares isolées, miséreuses, ce Funeral Doom s’étalant sans clavier, mais c’est du sang neuf ! Du sang neuf, et pas une fausse note. Pas une seule.

Et il faut enchaîner pourtant. Il faut donner un successeur en période d’inspiration et tenter, par la même occasion, de satisfaire au moins un auditeur qui considère les premiers efforts du groupe australien comme de petites et si rares pépites d’un genre né et resté moribond. Cette histoire part mal ; car on se rend immédiatement compte de la sentence à venir : un nouvel album moins exceptionnel, dont on ne s’explique pas l’effet et que l’on ne peut que constater. Je n’en démords pas, je passe peut-être pour l’amoureux inconditionnel qui craint la nouveauté et chérit étrangement un acquis musical mais tant pis, je reste convaincu de la qualité moindre de "The June Frost" et j’ai l’impression de ne pas vraiment avoir les clés de l’énigme.

On va peut-être démarrer par le plus évident : des claviers. Pour pianoter deux trois notes. Pourquoi, mais pourquoi ? crié-je les bras tendus au ciel et les poings fermés. Pourquoi abandonner une éthique de composition, devenue si rare dans le Doom, synonyme de plus-value immédiate et d’intérêt, pour un pauvre son placé ça et là, une pauvre mélodie reprise note pour note par la guitare ? On ne tapera pas assez du poing pour rappeler que le groupe sait tout composer avec six cordes et trois toms et qu’avec un brio de composition, il relègue trois quarts des groupes de Metal tristes au rayon fest-noz ! Chose d’ailleurs qu’ils n’ont pas laissé de côté, puisqu’on retrouve sur "White Cold Wrath Burnt Frozen Blood" un groupe à la lenteur impressionnante, bâtissant quelque chose de quasiment épique sur près de vingt minutes, sans fioritures. C’est ça oui, dehors le chant féminin gracieux, le synthé, les violons, les murmures. Place au Funeral Doom cru, mais attention, pas âpre (ni âcre, mais j’ai déjà raconté cette blague, et bis repetita non placenta). Seulement voilà, au bout du troisième CD, le clavier a trouvé le courant d’air et s’est incrusté.

Autre nouveauté : le rétrécissement des morceaux, qui évite le syndrome « un album, trois chansons ». Tout le plaisir est pour l’auditeur, car non seulement il a plus de viande à mâcher, mais toute leur musique va gagner en immédiateté (nom de dieu, ce mot est moche, comme protozoaire, c’est vraiment pas beau protozoaire) ; ce qu’elle perd en construction minutieuse des choses, à l’effet « et de fil en aiguille » qu’on admire tant. On n’y perd pas au change car il y a une sorte de condensation, de concision du propos diminuant ces litanies musicales sans éliminer ni breaks, ni acoustiques ni recherche de la lenteur. On retrouve plutôt un groupe maîtrisant parfaitement son registre (il le maîtrisait parfaitement dès le début, à vrai dire), si habile dans son art qu’il se sent satisfait du travail abattu en moitié moins de temps.

MOURNFUL CONGREGATION profite peut-être d’un meilleur enregistrement, d’électriques saturant un peu moins et d’un mixage plus équilibré, ça ne diminue en rien le malaise mêlé de complainte que leur musique n’a de cesse de créer. Cette même douleur, profonde, personnelle. Authentique. Même si la pochette est blanche.

Dans de telles circonstances, on ne peut que comparer "The June Frost" aux précédentes réalisations. On notera le faux-pas du clavier, l’espèce d’introduction censée prévenir que l’album va être du genre pas rigolo (ça arrive, cette mazurka ?). On notera également un ensemble plus copieux, mais pas roboratif. Et pourtant, on sentira son cœur moins déchiré, on manquera de cet énorme vague à l’âme, on trouvera tout simplement cet album moins génial. Et tant pis, ceci ne me fera pas plus douter : MOURNFUL CONGREGATION reste ce qui est arrivé de mieux à la mouvance triste du Doom depuis SKEPTICISM.

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- Damon Good (guitare, basse, chant, claviers)
- Adrian Bickle (batterie)
- Justin Hartwig (guitare)


1. Solemn Strikes The Funeral Chime
2. White Cold Wrath Burnt Frozen Blood
3. Descent Of The Flames
4. The June Frost
5. A Slow March To The Burial
6. The Februar Winds
7. Suicide Choir
8. The Wreath



             



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