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METAL SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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ALMORA - Kiyamet Senfonisi (2008)
Par BAST le 17 Juin 2008          Consultée 3412 fois

Des formations étanchant leur soif créatrice à la source EPICA et lorgnant au passage, la bave aux lèvres qui va avec, sur son succès renversant, on en compte des dizaines chaque année. Vraiment. Parmi elles, une fine poignée à qui il manque une courte longueur de bras pour réitérer l'exploit de « The Phantom Agony », grâce à des compos situées à mi-chemin d'une relecture suffisamment personnelle et d'une belle aisance à marquer les esprits. Les productions passables ou médiocres se rencontrent nettement plus fréquemment. Ce qui explique d'ailleurs mon manque d'enthousiasme avant de découvrir un nouvel album surnageant dans ces eaux-là. Car un mauvais metal m'agresse davantage lorsqu'il est « à chanteuse » que « à tout autre chose ». Même si dénicher le fameux grain égaré au fond d'un sac gonflé d'ivraie prend du temps, le bénéfice tiré de cette démarche a pour lui de relancer perpétuellement la dynamique. Tant qu'un album de premier ordre a la bonne idée de sortir, aussi sporadiquement soit-il, il justifie à lui seul la patience qu'il a fallu consentir jusque là. Voila, c'est à peu près dit. ALMORA, de sa Turquie natale, propose un quatrième album de qualité.

Si la première compo évoque comme un speed mélodique mêlé de THERION, la suivante fait une exhibition plus précise du terrain de jeu envahi par ALMORA. Les fondations sont du même roc que celles choisies par EPICA. Metal légèrement gothique, chant opératique, chœurs d'église et orchestrations fermement présentes quoique finalement assez peu envahissantes, il ne fait aucun doute que la musique des néerlandais est parvenue aux oreilles d'ALMORA. Mais ce dernier ne force pas le mimétisme jusqu'à la caricature, se distinguant sur plusieurs aspects.
La quasi-absence de growls et une base instrumentale nettement moins black, pour commencer. EPICA, d'accord, dans une acception foncièrement heavy.
Le choix de rythmes vaporeux, pour continuer, puisque ALMORA a décidé de parier l'essentiel de sa mise sur des titres s'égrenant sous la forme de ballades.
Et pour finir, il y a cette touche folklorique, par endroits. Entre ELVENKING et RHAPSODY, par exemple. Le premier parce qu'elles apparaissent toujours en second plan, plus en support de la section metal. Le second dans leur légèreté, cet aspect échaudé « je m'approche mais pas trop près ».
RHAPSODY, justement, voila peut-être la seconde amarre à laquelle raccrocher ALMORA. Dans son dosage de gothique et de baroque, dans la tournure extrême de son metal (même si, je le répète, les éléments purement extrêmes se montrent peu appuyés), les Turques tendent une main vers EPICA. Dans ces orchestrations cinématographiques ou cette structure davantage heavy, l'autre main empoigne le RHAPSODY de l'époque où l'épique ne constituait pas le principal leitmotiv.

Deux types de composition, donc. Des ballades (ou assimilées, ce n'est pas non plus du BON JOVI) et des petites pièces épiques et baroques. Sur les deux plans, ALMORA se montre à son avantage. Côté pièces épiques - commençons par là puisqu'elles sont minoritaires - deux augustes représentants sont à signaler : le grandiloquent « Ay Isigi Savascisi » et ses orchestrations à la RHAPSODY ou « Rüzgarin Kizi » et son metal chamarré, avec de longs instants cinématographiques.
Côté ballades, trois titres ont pour eux de le symboliser au mieux : « Kiyamet Senfonisi », doucereuse et romantique, riche de lignes de chant poignantes, « Su Masali » qui réussit à jouer la carte de la mélancolie sans équivoque tout en conservant une certaine légèreté et « Tilsim » et son chant que des arrangements inhabituels rendent saisissants.

Vous l'aurez probablement compris, ALMORA s'exprime intégralement dans sa langue. Et l'alliance de ce phrasé roulé et chaud produit un résultat qui passe comme une lettre à la poste. Face à l'incontournable anglais, peut-être le meilleur choix. En tout cas, on devrait le savoir rapidement puisque le prochain album devrait voir ALMORA rentrer dans les rangs et adopter, comme tout le monde, la langue officielle du metal. Un dernier mot sur la production. Honnêtement, lorsque les chœurs d'« Ay Isigi Savascisi » ont commencé à retentir, je m'étais attendu au pire. Et finalement, même si elle s'avère parfois assez juste, elle ne pénalise pas ce metal épais d'arrangements.

« Kiyamet Senfonisi », c'est peut-être l'équidistance idéale entre une scène gothique extrême notamment symbolisée par EPICA et une autre, qu'on estimera heavy et symphonique, avec cette petite touche de naïveté très italienne. La mayonnaise d'ALMORA vient enfin de prendre - mieux vaut tard que jamais, et monte le long d'un album de belle qualité.

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   BAST

 
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- Soner Canözer (guitare)
- Burak Canözer (guitare, chant)
- Nihan Tahtaipleyen (chant, vilon)
- Bilge Kocaarslan (flute)
- A. Vefa Erdem (basse)


1. Ay Isigi Savascisi
2. Kiyamet Senfonisi
3. Iyiler Siyah Giyer
4. Su Masali
5. Sonbahar
6. Tilsim
7. Rüzgarin Kizi
8. Satilik Krallar
9. Gidenlerin Ardindan



             



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