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JUDAS ISCARIOT - Distant In Solitary Night (1998)
Par ONCLEGUUD le 24 Juin 2008          Consultée 3130 fois

Comment aborder JUDAS ISCARIOT ? En tant que grand admirateur du bonhomme – Andrew Harris, aka Akhenaten, aka JUDAS ISCARIOT – car très sensible à son univers apocalyptique, il va m'être difficile d'en causer d'une manière objective. En plus, un disque comme « Distant in Solitary Night », album sorti en 1998 chez Moribund Records, tombe à pic ou plutôt mal, n'ayant pas particulièrement le moral en ce moment. En effet, JUDAS ISCARIOT, c'est un peu comme si vous voyez le monde tel un gigantesque champ de ruines, comme si ce filtre de ruines se posait là où se porte votre regard. Notre homme n'est pas enclin à la dépression je crois, il ne pratique pas (pratiquait devrais-je dire, il a stoppé en 2002) ce sous-genre qu'est le Dépressif ou Suicidaire, non, Akhenaten a « simplement » des visions de notre civilisation qui ne respirent pas la gaieté. Je ne lui donne pas tort, il y a de quoi. Ne vous attendez pas après l'écoute de l'une de ses perles à respirer la joie de vivre.

« Distant in Solitary Night » est donc une autre oeuvre d'excellence qu'il faut rajouter au compteur d'Akhenaten, et au Black Metal tout court. Pourtant, les critiques ont toujours plu avec force sur JUDAS ISCARIOT : Nietzschéen revendiqué et sataniste affirmé, notre homme a toujours voulu tout faire de A à Z. Il joue ainsi de tous les instruments jusqu'en 2000, avec plus ou moins de bonheur. La batterie n'a jamais été son fort, il faut le dire et il assumera ce constat sitôt passé le sublime « Heaven in Flames », cinquième du nom, où enfin il tient les baguettes convenablement. Oui, JUDAS ISCARIOT est chevrotant, pas forcément carré, pas sur le rythme, pas synchro jusqu'à ce « Distant... » : d'accord. Cela donne un résultat parfois bancal, surtout quand ça doit tabasser. Notre Etatsunien tire la langue et son jeu varie selon que le blast est court ou long. Et pourtant ! Et pourtant, les riffs sont du nectar et, Jésus-Marie-Joseph mes enfants !, les ambiances, les atmosphères sont absolument fantastiques, brossant des paysages cataclysmiques, apocalyptiques, infernaux, démontrant avec une inspiration peu commune une véritable torture intérieure - dont j'ai rarement senti autant d'intensité chez d'autres formations. Akhenaten semblait possédé par ces visions inhumaines et vouloir coûte que coûte les retranscrire le plus fidèlement possible avant qu'elles ne s'échappent. Ainsi, chaque piste qu'il créa se sont révélées si inspirées et entêtantes qu'elles en restent inoubliables et reconnaissables entre mille. Je n'exagère pas ! Le Black Metal de JUDAS ISCARIOT est unique, pétri d'une personnalité intègre, sincère et entière. Il est foncièrement fascinant et ses joyaux ont la fâcheuse tendance à m'hypnotiser.

« Distant in Solitary Night » se compose de sept pistes pour cinquante-et-une minutes de plaisir insensé. Toutes sont devenues des classiques, tout ce qu'Akhenaten composant se transformant en or. Chaque morceau est conçu de manière à se révéler efficace et prompt à déclencher des visions d'horreur. Vous faire broyer du noir et contempler le Néant de vos vies, tel était son objectif. Les riffs sont magiquement entêtants, ciselés pour marquer éternellement l'esprit. « The Wind Stands Silent » débute puissament, avec rapidité. Il sera tout en tension, comme s'il fallait en finir au plus vite. Derrière les fûts, ça galère forcément. Néanmoins, la guitare darkthronienne et la basse ronflante dépeignent un premier paysage gris sur gris qui laisse à genoux... « Where the Winter Beats Incessant », second morceau, est quant à lui plus pesant, en mid-tempo sur les deux premiers tiers, avant d'accélerer quelque peu. Ses dix minutes trente l'aident à graver en tête une vision où aucune issue glorieuse n'est possible. Il n'y a déjà plus d'espoir. Un chef-d'oeuvre. « The Black Clouds Roll Under the Parapet of the Sky » est un autre morceau mythique de JUDAS ISCARIOT. Le gimmick répété à l'envi est totalement obsédant : impossible de s'en débarasser. Akhenaten avait le don pour trouver le truc qui va rendre accro à la première prise. Ce titre sera joué lors du seul live connu de JUDAS.

On atteint le Sublime et la Perfection avec le dépouillé, glacial et lunaire « The Clear Moon, and the Glory of Darkness ». La recette n'est guère complexe : un synthé fantomatique et grave et une guitare électrique déprimante font l'affaire. Une véritable marche funèbre, qui fera parfois penser à du REVEREND BIZARRE. Le reste ? « Des larmes et des regrets »... MAGNIFIQUE. A son écoute, la vie ne tient plus à grand chose... « To the Black Tower of Victory » nous remet les pieds sur Terre si je puis dire, en nous explosant à la figure. Une des tracks les plus courtes et expéditives du JUDAS. Avec toujours ce petit quelque chose qui nous plonge dans les affres angoissants d'un nouveau monde sans espoir... « In the Bliss of the Eternal Valleys of Hate » nous harponne encore une fois dès les premières notes jouées : encore cet accord droguant avec lequel Akhenaten désire nous fasciner. Ce mouvement est d'un niveau lui aussi élevé, le gus ne levant pas le pied afin de susciter dans nos esprits une asphyxie certaine. Ce qu'il réussit en grande partie. Enfin, « Portions of Eternity Too Great for the Eye of Man » ferme cette bombe sur environ onze mintes quarante secondes. A l'instar de la quatrième station, « Portions of Eternity... » est construit simplement pour un résultat magistral, carrément grandiose ajouterais-je : quelques notes de basses, un orgue, quelques samples (de vents, du reflux de la mer, du passage d'un train ? ou est-ce la foule d'adeptes de Thulsa Doom de Conan le Barbare ?) et un Akhenaten déclamant d'une voix lointaine ses visions et pensées de fin du monde (ou est-ce du Nietzsche ?). « The roaring of lions, the howling of wolves, the raging of the stormy sea and the destructive sword are portions of eternity too great for the eye of man... ». Un minimalisme qui évoque une horreur sans nom... Comment décrire une telle sensibilité, de telles émotions si puissantes ? Je trouve ce dernier titre franchement bouleversant. Une des oeuvres les plus fortes qu'il m'ait été donné d'écouter.

Malgré mon adoration et mon admiration pour JUDAS ISCARIOT, je ne mets qu'un 4,5 à « Distant in Solitary Night », du fait du manque de synchronisation entre la batterie et le reste, qui en énervera certains et qui viendront pleurer ou chipoter pour cela. Mais l'objet reste indispensable, bien qu'il ne soit pas à mettre entre toutes les oreilles, comme chaque oeuvre de JUDAS ISCARIOT par ailleurs.

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   ONCLEGUUD

 
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- Akhenaten (guitare, basse, vocaux, batterie, synthé)


1. The Wind Stands Silent
2. Where The Winter Beats Incessant
3. The Black Clouds Roll Under The Parapet Of The Sky
4. The Clear Moon, And The Glory Of The Darkness
5. To The Black Tower Of Victory
6. In The Bliss Of The Eternal Valleys Of Hate
7. Portions Of Eternity Too Great For The Eye Of Man



             



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