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PONCE PILATE - Les Enfants Du Cimetière (1985)
Par DARK SCHNEIDER le 27 Janvier 2007          Consultée 4005 fois

Les enfants du cimetière, titre crépusculaire pour un album qui ne l’est pas moins. Ne vous fiez pas aux apparences, cet album n’a rien à voir avec un pseudo proto black metal ou même un heavy metal satanique de pacotille, il n’en reste pas moins que cette œuvre est sombre. Album à part, Les enfants du cimetière est l’unique opus d’un duo (oui, duo !) issu de Tours répondant au nom de PONCE PILATE. Plus de vingt ans après, certains se souviennent encore de ce disque marquant qui transcendait les clivages. Empruntant des éléments à des groupes comme ANGE ou URIAH HEEP, et n’hésitant pas à piocher dans le heavy metal 80’s, PONCE PILATE impressionne de par l’homogénéité qualitative de ses morceaux et des ambiances agressives, planantes ou épiques qui se dégagent de son album.

Les enfants du cimetière est donc, à l’image de sa pochette inquiétante, une œuvre assez lugubre. Les paroles de cet album sonnent comme de véritables poèmes, sombres et romantiques. La ballade « Les cloches de l’enfer » en est un des plus beaux exemples. Loin d’être une chanson d’amour comme semble le suggérer les arpèges délicats et le premier couplet, elle traite en fait du désir et de la perversité qu’il peut engendrer. Le protagoniste de la chanson finira derrière les barreaux…
« Ponce Pilate », morceau éponyme du groupe, parle évidemment de l’homme qui a fait crucifier le Christ. Ce titre est en fait à lui seul un chef-d’œuvre de rock progressif. Il débute sur une marche funèbre inquiétante soutenant une narration qui évoque la mort du Christ, puis finit sur une accélération terrible laissant la part belle aux guitares et aux claviers mais surtout au chanteur qui se met dans la peau du gouverneur romain et qui renvoie le peuple de Judée à ses propres responsabilités. Vous l’aurez compris, les paroles sont totalement indissociables de la musique, rien à voir avec certains groupes de hard français de l’époque qui considérait la voix comme un quelconque instrument.

Les enfants du cimetière est une œuvre faisant preuve d’une grande variété. Si tous les morceaux possèdent un aspect progressif prononcé, ils lorgnent parfois plus vers le hard rock, d’autre fois vers le heavy metal.
« La vierge de fer » est comme par hasard le morceau le plus heavy de l’album, est surtout le plus maidenesque (le seul en fait). L’intro à la basse évoque immédiatement « Killers » et « Running free » et le jeu de batterie calqué sur celui de Clive Burr ne fait que confirmer cette impression. C’est aussi sur ce morceau que l’on entend le plus de lead guitare. Attention il ne s’agit pas là d’un plagiat d’IRON MAIDEN, d’autant plus que ce titre ne sonne absolument pas comme le MAIDEN de 1985, mais il s’agit d’un hommage évident.
Sur « Morphine Queen » on peut entendre, sorti de derrière les fagots, un solo de guitare à la wah-wah, ce qui a le don de surprendre quand on arrive à ce stade de l’album.
Enfin « Les anges de Balthazar » clôt l’album sur une note toujours aussi surprenante. Surtout qu’au milieu de ce morceau, sur fond de rythme tagada et de mélodies aux claviers, nous avons le plaisir d’entendre des gémissements féminins faisant preuve d’une véritable sensualité, nous sommes loin de la vulgarité d’un GUNS’N’ROSES et son « Rocket queen » ou pire encore MANOWAR et son « Pleasure slave ». Je ne vais pas décrire plus loin les autres titres de l’album, chacun est un petit chef -d’œuvre en soit qui mérite d’être découvert.

Le travail fourni par Yann Parpeix est vraiment impressionnant. Véritable homme orchestre, ce dernier assure à la fois le chant, la guitare, la batterie et aussi les claviers !! Et n’allez pas croire qu’il se contente de quelques nappes de claviers, pas du tout, ici le clavier est utilisé comme un instrument à part entière. Il rappelle souvent le clavier de Ken Hensley (URIAH HEEP), je pense notamment au son de clavier que l’on entend au début du morceau « Return to fantasy » du HEEP, c’est assez évident sur des morceaux comme «Imagines » ou « Ponce Pilate ». Quant à son chant, il est sans prétention, loin des démonstrations parfois surfaites des chanteurs de metal français des 80’s, il est plutôt ancré dans une certaine tradition de rock à la française, il n’en reste pas moins qu’il fait preuve d’un véritable charisme. Il est secondé par Christian Dussachal, qui assure la basse et les chœurs et qui est co-crédité sur la plupart des morceaux.
Evidemment la production est assez frustre, il s'agit en effet d'une auto-production, les deux hommes ne bénéficiaient sans doute pas de beaucoup de moyens, l’ensemble restant cependant tout à fait écoutable. Les grésillements du vinyle confèrent même une certaine patine à l’album.

Les enfants du cimetière est presque un chef -d’œuvre. Empruntant de nombreux éléments au rock progressif anglais et français des 70’s, agrémenté de guitares saturées sorties tout droit du heavy rock des 80’s, cet album est une œuvre résolument à part, ce qui ne fait qu’accentuer son côté culte. PONCE PILATE ne sortira pas de deuxième album, et je n’ai aucune idée de ce qu’ont pu devenir les deux membres du groupe. Reste ce vinyle, qui témoigne qu’en 1985 il existait dans la ville de Tours deux génies du rock. En soi, c’est déjà énorme.

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   DARK SCHNEIDER

 
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- Yann Parpeix (chant, guitare, batterie, clav)
- Christian Dussachal (basse)


1. Prologue
2. Imagines
3. Violences Et Faits Divers
4. Les Cloches De L'enfer
5. Laetitia
6. La Vierge De Fer
7. Ponce Pilate
8. Ishtar Vandemn Et Gosthal
9. Morphine Queen
10. Les Anges De Balthazar



             



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