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HELL MILITIA - Canonisation Of The Foul Spirit (2005)
Par UDUFRU le 31 Décembre 2005          Consultée 5412 fois

Et si le cultissime De Mysteriis Dom Sathanas de MAYHEM avait été enregistré de nos jours par une nouvelle formation française nourrie aux mamelles contre-nature du Bouc lui-même ? Et bien il ressemblerait énormément à ce premier effort de HELL MILITIA, combo réunissant des membres de groupes officiant avec brio dans la scène black metal hexagonale, tels que ARKHON INFAUSTUS, TEMPLE OF BAAL ou encore MÜTIILATION.
Après une démo extrêmement prometteuse distribuée, comme il se doit, sur cassette audio, les chantres de la scène true black parisienne transforment l’essai par l’enregistrement d’un album résolument malfaisant, crade et belliqueux, à défaut d’être très original.

Parfaitement illustré par les visuels macabres qui ornent son livret, Canonisation of the Foul Spirit se révèle dès les premières mesures comme la nouvelle sensation du black metal traditionnel duquel nombre d’amateurs sont aujourd’hui nostalgiques. Par « traditionnel », j’entends l’absence totale de fioritures mélodiques (et de claviers, cela va sans dire), l’emploi de riffs assassins, brouillés dans le lointain, qui donnent aux ténèbres une méphitique odeur soufrée, la toute puissance d’une batterie à la double grosse caisse tonitruante et aux blast-beats impérieux, et des compos simples qui privilégient les ambiances poisseuses aux variations techniques.
Mais tout cela est commun à la plupart des premiers albums de black metal. Alors pourquoi comparé-je tout particulièrement ce disque au premier LP studio de MAYHEM ? Déjà, pour sa production : sans être de type « black suédois », celle-ci est relativement propre, voire grasse aux entournures. Les guitares sont magnifiquement rugueuses, impression amplifiée par une exploitation très intéressante de la basse (j’encourage en passant les groupes de black à mettre davantage cet instrument à l'honneur dans leurs compos). De même, la batterie n’est pas asphyxiée mais peut se déchaîner sans complexe dans le bel espace sonore qui lui est alloué.
Cependant, celle-ci ne fait pas que se déchaîner. C’est d’ailleurs dans les quelques passages mid tempo que HELL MILITIA exprime tout son savoir-faire en matière d’atmosphères lourdes, malsaines et nauséabondes ("Black Arts of Crime"). Ces variations rythmiques permettent aux guitares de donner une autre dimension aux mêmes riffs, qu’elles assènent ici avec férocité, là avec noirceur. Un passage plus lent sert souvent de prélude à quelque montée en puissance durant laquelle la double pédale et les tambours martiaux s’activent à instaurer une ambiance belliqueuse et pestilentielle, pour le moins satanique ("Black Fucking Cancer").

La prod n’est cependant pas ce qui rapproche le plus De Mysteriis de Canonisation (pour les intimes). C’est au niveau du chant que la ressemblance devient très frappante. Ici, point de hurleur à la voix écorchée, qui tente, avec plus ou moins de succès, d’imiter des vociférations démoniaques. A la manière de Attila Csihar, dont le timbre est tout aussi critiqué qu’adulé par différentes catégories d’amateurs, Meyna'ch, officiant entre autre chez les joyeux MÜTIILATION, est un grogneur ! Non content d’augmenter le potentiel « originalité » de l’opus grâce à sa rareté, son type de chant offre un panel d’émotions beaucoup plus large que les voix monocordes et/ou stridentes qui font légion dans le genre. Plutôt que d’évoquer une figure diabolique somme toute assez classique, Meyna'ch se mue en créature dégénérée habitée par le Malin, individu ni homme ni bête aux penchants criminels. Au cours de ces dix psaumes qui rendent grâce au Démon, on suit les errances mentales d’un être immoral et dépravé, qui atteint probablement la folie lors de la piste cachée, improbable reprise d’ALICE COOPER terminant l’album sur une note décalée, devrais-je dire dérangée ("Years Ago").

Rien à dire : l’album de HELL MILITIA est à la hauteur de ce que l’on pouvait attendre de ses musiciens. Il rappelle un peu trop De Mysteriis pour être qualifié de parfait, mais c’est incontestablement l’album black qui réunira le plus de suffrage cette année. Crade à souhait, d’une pesanteur funèbre, il fait revivre les premières heures d’un genre en y apportant sa contribution… et annonce clairement la couleur concernant l’avenir de cette formation française. Une couleur résolument noire.

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   (2 chroniques)



- Meyna'ch (chant)
- T. Persecutor (guitare)
- Hellsukkubus (basse)
- Dave Terror (batterie)
- Arkdaemon (guiatre)


1. Psalm I : Burning Human Pigs
2. Psalm Ii : Torture Of The Saints
3. Psalm Iii : Black Arts Of Crime
4. Psalm Iv : Prophecies Of The Mutilated Children
5. Psalm V : Dead Children's Choir
6. Psalm Vi : Black Fucking Cancer
7. Psalm Vii : Blood From The Pig
8. Psalm Viii : Goathrone
9. Psalm Ix : Ritual
10. Psalm X : Years Ago



             



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