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DOOM METAL  |  COMPILATION

Lexique doom metal
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DUSK - Mourning...resurrect (2002)
Par MOX le 5 Novembre 2005          Consultée 1659 fois
Peu de chances que vous ayiez entendu parler de ce groupe si vous n’êtes pas versés dans l’écoute méticuleuse des vieilles formations. Pourtant, Dusk a fait parler de lui, principalement à cause de leur split un peu prématuré qui révéla davantage les reliques qu’il avait laissées derrière lui. Aucun album cependant à leur compte, seuls deux mini-CDs dont les années de sortie rappellent l’agitation relative suite à la naissance de quelques monstres du doom et surtout de leurs rejetons, 3 grands groupes de doom/death anglais que je ne cite même plus, le THERGOTHON, le diSEMBOWELMENT, les premiers UNHOLY... Dusk est l’émule par excellence des précoces diSEMBOWELMENT et leur doom/death carrément brutal. Ils n’ont pas fait que reprendre le nom d’un mini-CD pour leur patronyme (« Dusk », bande de petits malins, sorti par diSEMBOWELMENT en 1992), ils ont repris le style et ont apporté une touche qui leur est propre. Et puis quand bien même ils ne faisaient que plagier, les musiques telles que celles-ci sont si peu fréquentes…

Bref ! Pas de doom/death romantico-mélancolique, pas de morceaux-fleuves en plusieurs parties, breaks cultes à la clé. Pas de tendances à l’ambiance, au funéraire ou au groove. « Mourning…Resurrect », qui regroupe toutes les productions de la formation américaine, est d’une aridité folle. Le son est cru, terriblement cru (la caisse claire est une vraie douleur pour les oreilles), les guitares saturent à outrance et le chanteur officie dans un raclement de gorge continu certainement obtenu par la pose d’un micro au fond de la langue. Dès lors, on peut s’étonner de la présence de claviers aux notes brèves et baveuses. En réalité, elles ont leur intérêt.

Alors voilà, il y a (sur le premier mini-CD sorti en 1994 tout du moins) que de « doom » la relative lenteur de la musique. Il ne s’agit ici que de riffs death-metal terriblement ralentis et qui s’excitent sans prévenir, si bien que le morceau ne faute jamais par baisse de rythme vu qu’il n’excéde jamais les neuf minutes. Dusk pourrait très bien se symboliser par le journal intime d’un éclaireur ou d’un garde rattaché à un avant-poste perdu en plein désert, plombé par un soleil agressif. Chaque coup de caisse claire rappelle le craquèlement de la terre sèche, chaque riff lourdaud est la démarche ralentie d’un pauvre hère qui ne sait pas ce qu’il doit craindre. A n’importe quel moment, Dusk peut partir dans une rythmique death-metal des plus brutales sans qu’on puisse comprendre quoi que ce soit et qui est la menace contre laquelle l’avant-poste se protège subitement, faisant courir et transpirer les appelés sous Râ implacable.

La note de clavier, parfaite car incongrue, épaule ou annonce la musique et est cette note d’espoir - ce mirage, cette baisse de température ou cet assombrissement - si courte que ce bref moment d’évasion en devient pathétique, puisque derrière ce sont quatre énervés qui balancent des breaks, délivrent des blast-beats puis reviennent à une rythmique pesant un âne mort. Preuve en est du second mini-CD « Majestic Thou in Ruin » plus progressif et ambiant dont l’intérêt réside essentiellement dans ces guitares encore plus sourdes et ce ralentissement général moins truffé de génie que son prédécesseur (on finira même par de l’acoustique mêlé à un chant féminin lyrique hors de propos). « Yearning for Eternity », sorti en 1998 dans la compil’ « Visionnaries of the Macabre Vol.1 », est, quant à lui, beaucoup moins intéressant car le groupe a perdu son chanteur hésitant, sa caisse claire de torture et ses rythmes lents.

Le reste est génial. La dynamique ne s’échappe à aucun moment dans « Dusk » même si elle s’applique telle un clone, morceau après morceau. On pourrait tenter un léger headbang, mais celui-ci devrait s’accompagner d’une main flottante qui suivrait les claviers grisâtres désespérants. L’alliance n’est pas boiteuse, le clavier, s’il ne vous laisse pas tranquilles en attendant le retour des hostilités, appuie le riff et le rend plus important encore. Oui, même cet instrument pourtant doux est le complice d’une violence constante et efface toute velléité d’accessibilité. Pas de concessions. Sec et encore sec. Nu, dur et magistral.

Aujourd’hui ? Le groupe a splitté en 1997 et certains de leurs membres se sont échoués sur Aphotic, qui évolue dans le même registre musical.




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- Steve Crane (chant, basse)
- Chad (chant)
- Steve Gross (guitares, claviers)
- Ron Heemstra (batterie)
- Tim Beyer (guitares, claviers)
- Keith (basse)


- dusk
1. Envision The Terror
2. Element Of Symmetry
3. Begotten Interlude
4. Dreamscape
5. Consigned To Oblivion
6. Mourning Shadow
7. ...majestic Thou In Ruin
8. Paled
9. Thy Bitter Woe
10. The Transfiguration (and It Was So)
- visionnaries Of The Macabre Vol.1
11. Yearning For Eternity



             



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