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EROS NECROPSIQUE - Pathos (1998)
Par VOLTHORD le 30 Juin 2005          Consultée 1987 fois
« Dark Symphonique Poétique ». Voilà comment Adipocere nous présente cette formation hexagonale qu’est Eros Necropsique, qui avait déjà déposé une première pierre à son édifice l’année précédente avec « Charnelle Transcendance ».

Poétique. Voilà bien l’adjectif qui m’a donné envie de découvrir le groupe, bien plus en tout cas que les adjectifs « dark » et « symphonique », qui peuvent toujours paraître exagérés (surtout le second, utilisé à tort et à travers quand un groupe fait apparaître un malheureux clavier imitant des violons…). Et côté talent poétique, on a pas ici à faire à de la poésie en prose « habituelle » dans la musique gothique ou le black metal, mais à de la véritable poésie en vers au Français soigné, travaillé, imagé construit sur des figures de styles du premier effet et des phrases magnifiques… Bref du très bon niveau, qu'on pourrait rapprocher d’un Baudelaire au temps des « Fleurs du mal », quoique nettement plus malsain, morbide et déséspéré(« Gothique » dira-t-on).

J’ai pour ma part rarement vu dans la sphère métal des textes aussi soigneusements écrits. Les thèmes en sont la dépression, le suicide ("Le Départ", "Ultime Révérence"), l’amour ("Mathilde"), la solitude ("La scission déchirante d'une illusoire fusion"), la vie ("Le douloureux souffle de l'authenticité")… autant de thèmes qui peuvent paraître clichesques, mais qui sont ici tellement bien traités qu’ils en deviennent passionnants. Cette richesse des paroles atteint son apogée lors du très beau "Le Deuil du Merveilleux" parlant de l’enfance et du rêve enfantin…une suite de métaphores, de figures de styles remarquables et de vers somptueux… et le morceau en question est également l’un des seuls musicalement potables.

En effet, il ne suffit pas d’avoir de beaux textes, il faut également savoir composer, d'autant plus face à un public souvent bien plus attentif aux atmosphères et à l’instrumentation qu’aux textes (sinon Rhapsody et consorts seraient sauvagement recalés) ! Ici autant vous dire, c’est loupé. Le groupe s’acquitte d’une musique rythmée par des tambours, quelques pauvres accords de guitares et teintés de claviers qui sentent le réchauffé. Les mélodies sont répétitives (« Le Départ » dure SEPT minutes, et on y compte guère plus de trois mélodies), les compos sans surprise, linéaires et sans vie.

Second problème, et il est majeur :le chant, ou plutôt le « parlé »: Olivier déclame ses textes avec un timbre monocorde qui évoque plus l’un de ses fous gueulant l’apocalypse sur la voix publique qu’une réelle récitation poétique.

La poésie est elle-même la musique du langage, y mettre une "bande sonore" derrière est en quelque sorte comme proposer une lecture parmi d’autres. Autant vous dire que celle que choisi Eros Necropsique est vraiment ultra-restrictive par rapport à la richesse de l'écriture. Pire encore, le groupe se décrédibilise presque par l'aspect clichesque, parfois ridicule de ses ambiances et le manque d'imagination de ses mélodies.
« Pathos » est plat et il m’est vraiment difficile d’y trouver autant de beauté que dans les textes, qui eux, je le répète, sont vraiment très beaux. A découvrir pour les fans de musique gothique et de poésie, mais à ne pas acheter à l’aveuglette!




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   VOLTHORD

 
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- Olivier (voix, clavier)
- Jeanne (voix)
- Judicael (guitare, clavier)


1. Le Départ
2. Mathilde
3. Ultime Révérence
4. La Scission Déchirante D'une Illusoire F
5. Le Deuil Du Merveilleux
6. Noyade
7. Séléné
8. Aujourd'hui, Deux Mains
9. Le Douloureux Souffle De L'authenticité



             



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