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GREEN CARNATION - The Quiet Offspring (2005)
Par MOX le 4 Avril 2005          Consultée 3489 fois

Pourquoi me font-ils mentir ? Je suis à présent pas très finaud en vous avouant que cette nouvelle sortie est finalement très rock, contrairement à ce que je laissais entrevoir en écoutant une pré-production de l’album dans « Alive and Well…in Krakow ». Il n’y a désormais plus de doutes, Tchort et ses compères norvégiens ont laissé Green Carnation couper le cordon ombilical d’avec leur génitrice métallique, et s’aventurent pour « The Quiet Offspring » dans un univers où ils avaient auparavant déjà posé un pied. L’univers rock, la vision presque insupportable de toutes les galaxies que l’on peut rencontrer, et dont Green Carnation est apparemment friand.

La même équipée s’est retrouvée, émerveillée comme un gamin devant la multitude de genres à explorer. Le groupe exige ainsi une attention très particulière, focalisée sur l’hétérogénéité de l’album. Et c’est ici que naît la divergence, à savoir la difficulté que j’ai rencontrée à engloutir presque une heure de rock trop instable à mon oreille. J’étais si incapable de suivre leurs idées que la première écoute fut réellement désastreuse. En gardant en tête les quelques morceaux rentre-dedans de « A Blessing in Disguise », son atmosphère pure et innocente quasi-permanente, j’attendais, décontenancé, le premier titre qui m’entraînerait. Ce fut un « Just when you Think it’s Safe » qui me ravit, aux rythmiques desert-rock très proches des derniers QUEENS OF THE STONE AGE, et me rappela combien guitares et clavier en solo peuvent être touchants et aériens.

Constat d’ailleurs général à propos des guitaristes, toujours aussi doués et inventifs pour peu qu’on les laisse seuls, à l’ouvrage. Travail d’autant plus valorisé que le mixage est très, très plaisant. Le groupe joue avec les mises en valeurs, notamment lors des breaks, les rendant très différents d’un morceau à l’autre. Une production avantageuse qui, ayant mis le paquet sur les effets, confortent mon impression d’hétérogénéité de l’ensemble. Et je n’adhère pas. Je n’adhère pas à ces styles perpétuellement changeants : pop-rock, rock progressif, rock plus énergique, ballades…Je n’adhère pas à cette polyvalence musicale quand elle n’est pas maîtrisée d’une part, et quand on se frustre de ne jamais réentendre Green Carnation exceller à un endroit précis d’autre part. Enfin, je n’adhère pas à la troncature musicale, à peu de choses près formatée et linéaire si ce n’est un « When I was You » plus aventureux. Rétrécissement honteux quand un « Childs Play - Part I », toute en progressions et en montées en puissance, devenant aussi beau qu’une partie de « Light of Day, Day of Darkness », se coupe brusquement avant la cinquième minute !

Rageant, terriblement rageant. La liste noire continue, griffonnée par un important défaut de fabrication : c’est mou. C’est rock, me répondrez-vous. Je rétorquerai alors que j’inclus dans cet adjectif l’idée d’ennui profond dans lequel je me trouve à de trop nombreuses reprises, conséquence directe de l’entreprise dispersée du groupe. Musique saccadée et alternée entre acoustique et électrique, terriblement vide (« The Quiet Offspring », si ce n’est son refrain plus fourni et accrocheur), refrain vague et impromptu à n’y rien comprendre (« The Everlasting Moment »), rock 70’s des plus ennuyeux, sans accélérations et sans puissance (« Dead But Dreaming »). Pourtant, a priori, d'excellents éléments sont rassemblés ! Kjetil Nordhus chante vraiment bien, ton rauque ou doux c’est selon, et l’utilisation du clavier est parfaite, discret et très aérien excepté pour « Childs Play – Part II » dans lequel il est l’instrument dominant, permettant à l’album de se conclure sur une note douce, surenchère pianisée mais très bien interprétée. De l’émotion palpable.

Je reconnais cependant un regain d’intérêt au terme de la prestation, retrouvant le Green Carnation que j’avais perdu quarante-cinq minutes durant, dans une seconde partie de « When I Was You », où le groupe arrive enfin à communiquer cette mélancolie légère à l’auditeur, expérimentation progressive et émouvante trop rare. Mais à vrai dire, je suis en contrepartie bien incapable de supporter les guitares rythmiques fluo baveuses et collantes de « Pile of Doubt », les claviers cette fois-ci trop mielleux et roses de « Purple Door, Pitch Black » ou les sympathiques refrains détruits par un Kjetil Nordhus trop pop.

Je ne blâmerai pas le renouvellement de Green Carnation. Tant pis s’ils ne réécrivent pas de morceaux-fleuve aussi magiques et tant mieux s’ils cherchent à évoluer. Ils délaissent désormais tout metal, vivent dans un monde rock progressif où ils se sont trop éparpillés. S’ils me perdent, c’est avec le sourire car je leur souhaite bon vent. J’attendais autre chose. J’attendais surtout mieux. Et cette sensation persistante sur la langue…L’âpreté de la déception, oui c’est bien ça.

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   MOX

 
   RENAUD STRATO

 
   (2 chroniques)



- Kjetil Nordhus (chant)
- Tchort (guitares)
- Michael Krumins (guitares)
- Stein Roger Sordal (basse, guitares)
- Kenneth Silden (clavier)
- Tommy Jackson (batterie)


1. The Quiet Offspring
2. Between The Gentle Small And The Standin
3. Just When You Think It’s Safe
4. A Place For Me
5. The Everlasting Moment
6. Purple Door, Pitch Black
7. Childs Play – Part I
8. Dead But Dreaming
9. Pile Of Doubt
10. When I Was You
11. Childs Play – Part Ii



             



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