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- Style : Aura Noir
- Membre : Nocturnal Breed, Enslaved

GEHENNA - Adimiron Black (1998)
Par JULIEN le 4 Septembre 2004          Consultée 2306 fois

Oula, ça rigole plus là ! GEHENNA s’était fait, avec sa trilogie des « Spell », le spécialiste norvégien d’un Black Metal aux ambiances obscures tissées par la fort acorte Sarcana et ses claviers mystiques. Et si l’invocation des forces des ténèbres reste le lot commun du Black, GEHENNA était parvenu à se constituer sa propre personnalité dans une scène saturée : En s’enfonçant largement dans les tréfonds de souterrains mystérieux plutôt qu’en allant battre la campagne et les forêts veillées par le clair de lune, GEHENNA se distinguait de ses petits camarades et accouchait ainsi d’un remarquable début de carrière.

D’abord très mid-tempo atmosphérique, GEHENNA donnait avec son « Second Spell » un bon coup de barre vers une musique plus variée et orchestrale, avant d’accentuer sévèrement ses traits agressifs avec un « Third Spell » aux contours Heavy-Thrash, le côté atypique des claviers ne désertant pas les lieux pour autant. Evolution progressive vers la pugnacité donc, sans jamais lâcher un instant les atmosphères propres au groupe : Bel exemple d’une formation s’attachant à se renouveller dans un cadre musical dont elle se sera fait l’artisan et non pas l’imitatrice.

Alors, lorsqu’on le découvre, le quatrième album de GEHENNA interpelle. Sa pochette d’abord : Choquante, brutalement actuelle, loin de l’imaginaire fantastico-occulte de la trilogie des « Spell » ; la formation ensuite : le groupe intégre ici trois nouveaux membres, à savoir E.N. Death à la basse, Blod à la batterie et Damien aux claviers... Sarcana ? Elle participe à la composition d’un titre (tous les autres étant signés de la patte de Sanrabb), intervient sur deux titres et basta ! Nouveau départ ? Difficile d’y échapper, et ce dès les premières secondes du terrible "The Killing Kind" : Blast sans pitié, breaks en éboulis, riffs dévastateurs et connotés Thrash-Death, voix grave unique de Sanrabb, malsaine, distincte et presque solennelle dans sa brutalité, batterie fréquentant la zone rouge, synthés en nappes glauques... Fini les arcanes maléfiques (seul l'orgue du morceau titre peut jouer le rôle des petites pierres laissées derrière lui par le petit poucet, mais l'intensité à vif des guitares et les rythmiques ici mobilisées ont tôt fait de troubler la piste), et bienvenue à la violence du monde moderne ! Et les trente six courtes minutes de cet intense « Adimiron Black » s’emploient largement à y ancrer GEHENNA.

Requisitionnant tantôt le chant black de Dolgar (faisant penser à un croisement entre les vocalises du défunt Dead et celles d’Abbath, feu leader d’IMMORTAL) tantôt le timbre inquiétant et profond de Sanrabb, la musique dévide un film morbide, suintant d’une forme de malaise filtrée par une inspiration Thrash/Death soutenue d’une teinte industrielle (les claviers pertinents de Damien y sont indubitablement pour quelque chose). "Deadlights", un "Seed Of Man’s Destruction" écorché, sillonné de claviers aux teintes rouillées, la claque "Slowly Being Poisoned" et ses riffs et rythmiques Thrash de tueur... GEHENNA tape dur et juste, pratique des incisions douloureuses et étançonne sa nouvelle création d’un bon travail sur les guitares, profitant également d’une prestation remarquable de Blod à la batterie, une production abrasive, sale juste ce qu'il faut, parachevant l’œuvre. Et quand résonnent un "Eater Of The Dead" percutant avec ses attaques Thrash et son solo strident à la BATHORY ou l’angoissant et poisseux "Devil’s Work" (beau travail de Damien), sorte d’errance lourde et mid-tempo aux confins de l’insalubre, on prend conscience du talent de GEHENNA : Modifier son inspiration sans se fourvoyer dans la caricature souvent corrélative des brusques changements d'optiques insuffisamment préparés, faire tonner son Black en l’abreuvant d’éléments Death et Thrash soigneusement dosés, et nous emprisonner trente six minutes durant dans un monde de folie sans issue autre que celle de la mort... voilà l'objectif atteint par cet « Adimiron Black » un peu court, mais impressionnant dans sa lecture musicale d’une actualité s’adonnant à une brutale perversité. Un disque remarquable !

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   JULIEN

 
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- Sanrabb (guitare, chant)
- Dolgar (guitare, chant)
- E.n. Death (basse)
- Blod (batterie)
- Damien (claviers)
- Sarcana (claviers additionnels)


1. The Killing Kind
2. Deadlights
3. Adimiron Black
4. Seed Of Man's Destruction
5. Devil's Work
6. Slowly Being Poisoned
7. Eater Of The Dead



             



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