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2024 Todbringerin

ELLENDE - Todbringerin (2024)
Par STORM le 2 Novembre 2024          Consultée 1137 fois

Avec ce pastiche d’une célèbre marque de yaourt, nous pourrions nous convaincre que ELLENDE manie l’humour et la dérision et que la musique qu’il déplie en comporterait toutes les ironies. Mais ce serait bien mal connaître ELLENDE que de l’embarquer uniquement sur cette pente glissante. Et je dois bien avouer qu’au-delà de la sortie très attendue de ce nouvel album, je suis ravi de faire rentrer ce groupe fabuleux – et je pèse mes mots – dans l’antre de NIME. Lukas Gosch, son fondateur et compositeur multi-instrumentiste a toujours su et ce depuis les débuts de ELLENDE nous distiller des albums féconds d’émotion, en s’entourant de musiciens de session.

Oui, ELLENDE fait du Black Metal savoureux et soyeux à souhait mais ne versant jamais sur les pentes sucrées d’un Post Black je vous le rassure tout de go. Davantage atmosphérique et éthéré, aux entournures romantiques et poétiques, le projet ELLENDE est avant tout un fil tendu entre deux mondes auréolés de rêverie et de sombreur. Et si cela ne vous dit rien que vaille, plongeons ensemble côte à côte dans ce nouvel album, car il sera passionnant de vous parler un peu plus tard des autres albums au premier rang duquel trône le superbe "Todbringer" sorti en 2016. N’y voyez-vous déjà pas un clin d’œil à celui qui va nous occuper aujourd’hui ? Tiens, tiens… quel bel et heureux hasard. Regardons aussi les tracklists n’y voyons-nous pas d’autres similarités ?

Cela fait aussi une paire d’années que Markus Stock (EMPYRIUM, SUN OF THE SLEEPLESS, The VISION BLEAK) produit les albums de Lukas, et à vrai dire, nous pourrions même fantasmer qu’il participe activement à ELLENDE, tant ces deux-là se ressemblent tels des frères d’armes. Mais il n’en est rien, Lukas compose absolument tout et possède d’ailleurs une autre corde à son arc : un coup de crayon exceptionnel. C’est lui qui signe tous les artworks, et si l’on peut apprécier plus ou moins son travail, concédons toutefois de l’originalité et la singularité de son style. Mais revenons à la musique. D’abord dire que ce nouvel album est d’un excellent cru et qu’à ce titre il constitue le plus bel album de Black Atmosphérique à tendance Post de l’année, mais il y a une nuance et elle est de taille. Si je vous parlais de ces similarités avec l’album de 2016 c’est que "Todbringerin" est tout simplement un réenregistrement de l’album de 2016. Lukas Gosch sait y faire avec son inspiration, il sait prendre son temps sans s’efforcer à accoucher d’une montagne, mais j’avais conservé mon aveuglement jusqu’à la date de sortie de ce nouvel opus, et j’eus une sacrée surprise lorsque j’entendis les premières notes.

Mais passons cela. Si cette ‘nouveauté’ vous permet de prendre contact avec ELLENDE, le contrat est selon moi rempli. Car vous allez vous languir devant tant de beauté. Vous entendrez du piano sanglotant, des violons et de l’alto majestueux, des claviers pluvieux et des riffs maniant l’art de l’évasion, et ce, à tout bout de champ. Il y a beaucoup de sensibilité et de mélodies entêtantes dans cette œuvre. C’est un album de rêveur, charnel, mais pas dans le sens malhabile du terme. Et en parlant de rêverie ou de sensations intimes, ce réenregistrement comporte quasiment des hymnes du genre. Écoutez la saisissante et instrumentale "Versprochen…" belle à pleurer, aux motifs délicats et empreints d’arcs de lumière rougeoyants. Ainsi, telles des chimères évanescentes, nous descendrons chers lecteurs, vous et moi, en symbiose, vers les fondements de notre connaissance commune. Mais nous pourrions en dire de même pour l’incroyable ballade mélodique et épique qu’est "Ballade Auf Den Tod". Et si nous fermons ensemble les yeux chers lecteurs, nous verrons derrière nos paupières des paysages défiler, des flots de souvenirs et d’images refaire surface avec bonté, des oiseaux endémiques du monde de ELLENDE ou des créatures aux expressions inconnues, des hantements (ce néologisme s’y prête) surannés ou à venir.

Car ELLENDE est un cocon, une bulle sensible mais imperméable dans laquelle nous pouvons voler au gré des vents et de notre esprit. "Verehrung" pourrait être ce point d’étape hypnotique avant la pérégrination exceptionnelle de "Scherben" sur cette réédition coupée en deux parties. Cette halte superbe nous transportera chers lecteurs et nous aurons loisir de mirer nos horizons respectifs. Je pourrai à loisir vous décrire la majestueuse "Scherben" mais je vous laisse la surprise, et vos oreilles fines et averties se combler et se gaver de ces notes géniales. Seul "Verrachtung" ne me plaît pas, et ce réenregistrement ne me fera pas changer d’avis. Beaucoup plus direct, moins suspendu entre les flots, plus Post Black Metal et accessible, je n’y trouve toujours pas mon compte. Et c’est aussi ce détail qui ne me permet toujours pas – et pourtant j’en rêve – d’accorder la note maximale à ce "Todbringerin". Quoiqu’il en soit, adoptez ce disque, faites-le tourner dans vos pensées, agrippez-vous à ces ailes légères et à l’envergure prodigieuse et partez dans son voyage sempiternel.

Note réelle : 4,5/5.

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- Lukas Gosch (tout)


1. Am Sterbebett Der Zeit
2. Ballade Auf Den Tod
3. Verehrung
4. Scherben Teil I
5. Scherben Teil Ii
6. Versprochen...
7. Verachtung
8. Am Ende Stirbst Du Allein



             



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