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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Pink Floyd, Porcupine Tree
 

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BLIND EGO - Mirror (2007)
Par HAPLO le 17 Juin 2022          Consultée 175 fois

Non, c’est vrai, je suis super content : je nous ai trouvé un petit combo de derrière les fagots, digne de la belle tradition germanique du Metal Prog léché et mélodique… J’suis content !

Et pourtant, ô lecteur méticuleux, tu écarquilles les yeux entre ce début de kro triomphant et la note étoilée qui trône, toute fadasse, en haut de cette page… et tu t’interroges légitimement : "Ça y est, le Haplo il a encore abusé de substances enivrantes et il se goure d’album ! C’est juste un petit scribouillard ce gusse, il fait vraiment honte au (très bon) niveau éditorial de ses compères sur NIME !"

Et bien détrompe-toi, ô vil lectorat lapidaire ! Car bien au contraire, c’est en voulant être un tantinet sérieux et surtout méthodique que j’en arrive à ces avis en apparence opposés. Mon télescopage initial avec BLIND EGO, projet "solo" du guitariste teuton Karlheinz "Kalle" Wallner (toujours sympa pour les autres zicos qui du coup passent pour des ombres !), date d’une bonne paire de mois et s’est produit avec l’album "Liquid" (2016) qui, il faut le reconnaître, m’a rapidement charmé tant par ses riffs ciselés que par ses mélodies attractives. Le groupe disposant déjà d’une discographie préexistante ("Mirror" en 2007 puis "Numb" en 2009), j’ai du passer un rafraîchissant coup d’extincteur sur mes mains qui ne pensaient qu’à écrire en me sermonnant :
"Haplo, mon garçon, tente donc d’être un minimum pro pour une fois et au lieux d’aller choper le steak en plein vol avec les dents, commence donc par écouter le premier opus de 2007 et écrire dessus… Ce qui te permettra d’être un chouïa cohérent aussi bien dans tes avis que dans tes notes !"
Les substances évoquées plus haut ne sont donc responsables de rien ; je n’en abuse que lorsque la Kro d’un groupe que j’adore n’est lue par personne (snif !).

Mister Kalle Wallner est donc le guitariste historique, personnalisé par son "W", du combo de Rock néo-progressif RPWL œuvrant sur les scènes allemandes depuis 1998 et fort de huit réalisations studio à cette date. Inspiré par de glorieux aînés comme PINK FLOYD, GENESIS ou encore PORCUPINE TREE première cuvée, RPWL délivre alors une musique aux majeures atmosphériques, teintée d’onirisme, aux développement graduels et (très) mesurés. On déguste en fermant les yeux et en évitant soigneusement de songer à tout geste brusque…
Ayant manifestement envie d’explorer des contrées un tantinet plus râpeuses et plus riffées, notre guitariste va donc reprendre toutes les lettres de son nom, rameuter quelques connaissances (empruntant au passage le claviériste Yogi Lang, le "L" de RPWL) pour fonder BLIND EGO et laisser libre cours à son besoin d’expérimentation avec un "Mirror" qui paraît en juillet 2007.

Mais fidèle à la qualité première de sa musique de prédilection, Wallner évite de casser les carreaux ou de défoncer la lourde à coup de tatane et mène son expérimentation avec toutes les précautions d’usage : loin de déverser un torrent de sonorités électriques et de hurlements multicolores, "Mirror" reste une pièce globalement peu agressive, même si certains titres ambitionnent une dose millimétrée de rythme et de riffing. Ascendant, oui, explosif… pas trop.

Doté d’un son assez sec et dépouillé qui met (légèrement) les guitares en avant, Mirror nous propose une musique sans chichis et un style assez simplex souhaitant conduire l’auditeur droit au but. Le ton général est au mid-tempo savamment mesuré avec quelques accroches percutantes, voir quelques lignes rythmiques tranchantes, mais ces deux derniers éléments étant distillé avec une grande économie… On est pas là pour faire râler les voisins ! Avec des soli agréables et surtout intelligemment adaptés à l’ambiance propre d'un titre donné, l’ami Wallner n’étale pas sa science et ne se la joue surtout pas caprice de guitar-hero en mal de reconnaissance : Il évolue principalement sur une gamme mêlant le feeling et le mélodique et laisse entrevoir quelques accélérations avec les capacités techniques qu’elles recèlent à l’occasion. Au vu de l’orientation musicale proposée, le curseur est somme toute bien placé.

Côté voix, John Mitchell et Paul Wrightson, qui ne sont pas dotés d’organes hors norme et qui évitent ainsi de briser les vitres que Wallner a laissé en place, font de leur côté très honorablement le job avec des colorations assez proches et dont les harmoniques traînantes collent très bien au style concerné. Petite préférence personnelle pour la voix légèrement éraillée tout en étant foutrement incapable de dire de qui il s’agit entre les deux vocalistes.

Ceci dit, inutile de se le cacher, l’écoute de "Mirror" m’a quand même laissé un peu sur ma faim : Car même si l’essai demeure sympathique et que la musique que Wallner et ses comparses y proposent se veut un peu plus musclée qu’au regard de ce qu’il exécutait au sein de RPWL, force est de constater que cette sortie des sentiers battus ne nous emmène pas très loin… Le côté dépouillé, après avoir agréablement reposé nos oreilles aujourd’hui trop habituées à des superproductions mégaboostées, finit quand même par tourner un chouïa en rond, voire, sur certains titres, à fleurter avec le poussif ! L’expérimentation est de fait très limitée et le risque ultra-mesuré. "Mirror" aurait pu s’inscrire comme l’opus plus orienté Rock qu’un RPWL en phase d’évolution sortirait au risque de traumatiser ses quelques fans de la toute première heure… Fallait-il vraiment un projet solo pour cela ?

Alors oui, effectivement, quelques éclairs sortent du lot : le (relativement) rapide et plus nerveux "Break You" muni de son solo guitare tant décalé que nerveux, le (toujours relativement) musclé "Mirror" dont la rythmique en contre-temps fait un joli clin d’œil aux 70s malgré une petite lourdeur au décollage, ou encore le swinguant "Don’t Ask Me Why" dont le bridge accélérant puis le refrain rythmé manquent tout de même d’une petite dosette saturée. Même sentiment de frustration pour le deuxième instrumental ("Hollowed") dont le sympathique potentiel s’évapore en moins d’une minute trente alors que le troisième ("Moorland") fait bien le taff en aérant l’enchaînement de titres mais reste quant à lui assez conventionnel.

Agréable à l’écoute, "Mirror" reste quand même un tantinet passe-partout et ne révolutionne en rien le Rock Progressif. Guitariste inspiré, Kall Wallner en profite pour expérimenter une ligne, certes un peu plus dure que celle bien rodée de RPWL, mais qui demeure encore très minimaliste dans ses extrêmes… Le propre du progressif qui avance à son rythme ! Il lui fallait un premier pas : "Mirror" est cette ode à la transition. Les nostalgiques de PINK FLOYD et PORCUPINE TREE en mode Atmo apprécieront…

Nimbé dans le clair-obscur de mon sauna et me délectant d’arpèges lents aux réverbérations infinies, je parviens à localiser le petit point vert de mon moi intérieur. Mes pensées chaudes et embuées dessinent un cruel 2/5 à l’écho d’un "Mirror" dont la (petite) déception n’a d’égal que le picotement annonciateur du futur plaisir que j’aurai à écouter les albums suivants de BLIND EGO. Je suis léger… léger…

- pour le coup de fouet : "Break You",
- pour la rythmique rigolote : "Mirror",
- pour le swing : "Don’t Ask Me Why".

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   HAPLO

 
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- John Mitchell (voix)
- Paul Wrightson (voix)
- Kalle Wallner (guitares, basse, claviers, voix additionnelle)
- Yogi Lang (claviers)
- John Jowitt (basse)
- Tommy Eberhardt (batterie)
- Clive Nolan (voix additionnelle)


1. Obsession
2. Moon And Sun
3. Break You
4. Black Despair
5. Open Sore
6. Hollowed
7. Mirror
8. Don’t Ask Me Why
9. Moorland
10. Forbidden To Remain
11. Artist Manqué
12. Sugar For The Ape ( Bonus Track)



             



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