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- Style : Marillion, Steven Wilson
 

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LAZULI - Le Fantastique Envol De Dieter Böhm (2020)
Par JEFF KANJI le 22 Juin 2020          Consultée 2145 fois

Il restera toujours des formations dont on entend du bien mais auxquelles étrangement on ne prête pas spécialement l'oreille. Je me rappelle avoir lu un interview de LAZULI dans Rock Hard (si je ne m'abuse) où il était question de cet instrument unique en son genre, inventé par Claude Léonetti, ancien guitariste forcé de se reconvertir : la léode. Elle marque profondément le son de LAZULI, mais sans doute pas autant que son talent de composition, que l'on trouve par kilos chez son frère Dominique, en charge de la guitare et du chant.

L'univers de LAZULI n'a pas beaucoup évolué depuis ses débuts, si ce n'est au carrefour des années 2010, quand l'effectif s'est enrichi d'un guitariste à part entière, d'un nouveau batteur/percussionniste ainsi que d'un claviériste/corniste. L'effectif expérimental de LAZULI lui permet de façonner une musique aventureuse, pour ne pas dire exploratrice, qui laisse la musique respirer, les timbres des instruments communiquer leur sensibilité, pour être en accord avec l'expression vocale de Dominique Léonetti, clairement un autre point focal de LAZULI avec le son si particulier de la léode.

Ainsi, depuis qu'il a fondé sa propre structure "L'Abeille Rôde" (joli jeu de mots), LAZULI enchaîne les réussites et s'est même constitué une fan-base respectable en Allemagne, en Italie ainsi qu'en Angleterre plus récemment. Et si je ne peux pas me targuer d'avoir rattrapé la discographie du quintette français (neuf albums avec celui-ci pour plus de vingt ans de carrière), à l'écoute de quelques-uns d'entre eux et d'extraits live, je peux je crois affirmer que nous tenons avec ces natifs du Gard une formation au style très personnel et absolument majeur dans le paysage Rock Progressif hexagonal. Les textes de Dominique, en français, et interprétés avec une passion et une sensibilité qui ne sont pas sans rappeler celle de Peter Gabriel.

Analogie que l'on retrouve aussi dans la musique très aérée et articulée autour de leitmotivs facilement mémorisables, si bien que les mélodies des huit titres du "Fantastique Envol De Dieter Böhm" se gravent profondément dans votre cerveau. Au départ je me suis même demandé si elles n'étaient pas trop semblables les unes aux autres, mais en fait non, elles sont juste d'une rare limpidité. Il faut croire que Dieter Böhm, ce fan qui suit le groupe sur quasi tous les concerts et qui semblait y vivre une sorte de transe telle qu'il donnait l'impression de décoller du sol aura touché Dominique Léonetti suffisamment pour que cette thématique constitue assez rapidement un concept-album orchestré comme un mini-opéra avec son prologue, ses actes et son épilogue.

Les textes retiennent particulièrement l'attention entre autres choses, avec une élocution et une prise de son tellement soignées que l'on croirait que Dominique nous susurre tous ces mots à l'oreille. Fragile mais affirmée, son interprétation est un atout et rappelle à bien des égards celles de Peter Gabriel à son âge d'or. Je suis assez sensible en particulier au texte de "Les Chansons Sont Des Bouteilles À La Mer" qui glisse des termes solfégiques pour servir le propos. Fin.

Fin au service de sa musicalité. Jamais les claviers n'abusent, pas plus que la guitare, qui équilibre ses interventions avec la léode, dont le son si original, avec ses grandes envolées en legato rappelle les meilleures partitions de Mark Kelly (MARILLION). LAZULI, fait original, n'a pas de bassiste, le rôle étant assuré tantôt par Romain Thorel au clavier (Ray Manzarek Style) et par Claude Léonetti sur sa léode. Mais après tout le plus important est-il d'avoir une ou deux guitares, une basse et une batterie pour faire du Rock ? L'Histoire compte plusieurs exceptions. Jamais la musique de LAZULI ne semble manquer de quoi que ce soit, et les timbres résonnent en accord, rejoignant assez ce que peut proposer Steven WILSON, qui a redonné ses lettres de noblesse au Rock Progressif des origines. LAZULI s'inscrit dans cette mouvance et propose un voyage sensoriel avant tout, en accouchant d'une œuvre de Rock Progressif qui se teinte de grandiose lors des envolées de léode poétiques que permettent certains titres (comme "L'Envol" qui fait littéralement décoller).

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   JEFF KANJI

 
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- Dominique Léonetti (chant, guitare)
- Claude Léonetti (léode)
- Gédéric Byar (guitare)
- Romain Thorel (claviers, cor)
- Vincent Barnavol (batterie, percussions, marimba)


- Prologue
1. Sol
- Acte 1
2. Les Chansons Sont Des Bouteilles À La Mer
3. Mers Lacrymales
- Acte 2
4. Dieter Böhm
5. Baume
- Acte 3
6. Un Visage Lunaire
- Acte 4
7. L'envol
8. L'homme Volant
- Epilogue
9. Dans Les Mains De Dieter



             



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