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ALTESIA - Paragon Circus (2019)
Par HAPLO le 15 Juin 2020          Consultée 1292 fois

Lorsque Clément Darrieu, âme pensante du jeune combo bordelais ALTESIA, composa puis mit en musique les six titres qui meublent "Paragon Circus", il était alors loin de s’imaginer que les conditions de sortie du dit album colleraient autant avec l’ambiance sombre qui marque sa musique et ses textes… Un univers où l’Homme, prisonnier de son destin, se doit d’affronter, et surtout de subir, les nombreux maux qui s’abattent sur sa pauvre tête. La lumière et l’espoir ne sont certes pas absents des émotions qui s’échappent de "Paragon Circus", mais ils sont désespérément lointains… Enfouis dans les souvenirs ou dans les rêves, et ne forment au final qu’un arrière-plan inaccessible comme une toile de fond servant un fol espoir…
Sorti le 11 décembre dernier, le premier cri d’ALTESIA coïncidait en outre avec les prémices d’une pandémie virussante dont peu de monde entrevoyait alors la dimension planétaire… Même si les premières mesures militaro-dirigistes mises en place par les autorités asiatiques commençaient à en alerter quelques-uns. Par nature (et parfois par tradition culinaire ancestrale !) l’humanité teste son destin au quotidien et révèle ainsi un dangereux penchant à forcer les boîtes de Pandore qui s’offrent à elle…

C’est justement ce mythe grec, et ses tragiques conséquences, qui marque de son empreinte la musique et les textes d’ALTESIA sur ce premier opus. Sans pour autant bâtir un wiki sur Pandore/Pandora, il suffit de savoir que cette première femme, création des Dieux, vit sa curiosité durement punie en cédant à la tentation d’ouvrir une boîte (une poterie en fait !) ce qui eut pour effet de libérer les fléaux primordiaux sur l’humanité vagissante… Sachant que l’espérance, faisant partie du lot, mais plus lente à réagir, y resta enfermée : désespérance absolue et totale !

Le Timonier Clément Darrieu et ses sbires sonores nous entraînent ainsi dans un sillage composé par un Metal Progressif épique et surtout onirique où les instruments classiques du genre sont habilement complétés soit par une guitare acoustique, un saxophone, des chœurs ou encore un violon pour nous narrer, mais surtout nous faire ressentir, des ambiances parfois sombres, souvent mélancoliques mais jamais vraiment désespérantes. ALTESIA se distingue par cette belle musicalité, axée sur une certaine recherche mélodique avec de nombreux jeux d’instruments, le tout servi par une mise en place millimétrée au sein de laquelle les breaks, variations et autres nuances ont la part belle…
La voix quelque peu éthérée de Mister Darrieu porte très honnêtement cette dynamique empreinte de tristesse, voire accentue, avec son petit fond de Steven WILSON, un côté fataliste qui colle très opportunément aux thèmes de "Paragon Circus". Certains, comme moi peut-être, regretteront éventuellement un petit manque de relief pour un chant qu’on aurait préféré peut être plus hargneux ou violent dans sa révolte / son amertume toute humaine sur des passages s’y prêtant… Ce qui ne manque pas au fil des chapitres. L’homme subi mais n’est pas forcément soumis : une voix mélodique pourrait également exprimer plus largement la colère ou le regret (moi, quand on me marche à répétition sur le petit doigt de pied… Et ben je finis par hurler... A minima ça libère !).

Rythmés, nerveux et virevoltants, les instruments égrainent quant à eux des morceaux aux ambiances distinctes et prégnantes : jouant tour à tour sur les nuances, allant de l’atmosphérique aux riffs chargés… Le tout orné de moult bridges, transitions et autres longs passages exclusivement musicaux. On peut citer sans ordre précis le très mélodique "Hex Reverse" à l’horizon si gris et au crescendo final si rageur ; le long souffle nostalgique "Reminiscence" aux cassures stylistiques intelligentes et pêchues ou encore le rythmé "Amidst The Smoke" aux faux relents Pop habilement interprétés et justement équilibrés par des soli bien punchy.

J’ajouterai à ce déjà bien sympathique panorama le long mais savoureux dernier titre, inspiré par un autre mythe hellénique qui relate l’offrande du don constituant le pouvoir de discerner l’avenir mais sans pour autant être en mesure de le changer (Cassandre) et qui susurre à nos petits Frenchies une jolie balade musicale de 17 min où les arpèges emplis de tristesse le disputent à des lignes rythmiques très 70s… L’ensemble couronné par des bridges / accélérations successifs au fil desquels les enchaînements de soli conduisent l’auditeur vers un retour au calme clôturant ainsi le cercle : la boucle du morceau (et de l’album) est bouclée !

ALTESIA achève ainsi cette traversée sombre et immersive des maux frappant notre chère Humanité… Sans pour autant nous plomber outre mesure les semelles avec du désespoir ou du remord en mode semi-remorque mais en y instillant la dose juste de nostalgie et de compassion afin de nous inviter à réfléchir à ce que nous détenons ou ce que nous attendons de cette vie… Sa musique riche, variée et dynamique (tout en sachant être abrasive !) se proposant de l’illustrer.

Que dire d’autre ? Exception faite d’une voix qu’on aimerait peut-être plus expressive dans sa douleur comme dans sa colère ainsi qu’un son global un chouïa plus profond (mais que les moyens limités d’un premier album ne permettent pas forcément d’obtenir), ALTESIA, inconnu jusqu’alors, nous livre un beau premier-né tant dans la forme que dans le fond ! De mon humble avis, cette formation prometteuse se glisse ici subrepticement avec "Paragon Circus" au niveau de combos nationaux déjà bien installés tels ANTHROPIA, SUPERSCREAM ou autres CONSCIENCE, étoffant qualitativement notre chère scène Metal Prog nationale.

M’étant discrètement faufilé par une fissure microscopique à l’intérieur de la vieille amphore autrefois ouverte par Dame Pandore, j’y rejoins l’Espérance, toujours occupée à papoter au téléphone avec son vieux pote l’Espoir. Je lui assène un magistral coup de pied dans l’arrière-train puis sans un mot lui glisse sous le nez la note de 4/5 que je décerne très subjectivement au "Paragon Circus" d’ALTESIA pour les raisons suivantes :

1. j’affectionne particulièrement les ch'tis groupes talentueux qui enrichissent la scène métallique française,
2. il s’agit d’un tout premier opus riche et ambitieux qu’il faut encourager,
3. maintenant tu poses ton foutu téléphone, tu te bouges et tu sors t’occuper de l’Humanité qui t’attend depuis des lustres…


- pour la fraîcheur et la virtuosité instrumentale : "Reminiscence",
- pour se laisser entraîner par le mélange des styles : "Amidst The Smoke",
- pour le voyage musical : "Cassandra’s Prophecy".

PS : En plus, la pochette, elle est belle... Bon vent à ALTESIA !

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   HAPLO

 
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- Clément Darrieu (voix, guitare rythmique et guitare acoustique)
- Alexis 'idler' Casanova (guitare lead et guitare rythmique)
- Henri Bordillon (claviers / piano)
- Antoine Pirog (basse)
- Yann Ménage (batterie)
- Guests
- Julien Deforges (saxophone sur 'reminiscence')
- Thibault Malon (violon on 'the prison child' and 'cassandra's prophecy')
- Esteban Sainz (growls sur 'hex reverse' et 'cassandra's prophecy')


1. Pandora
2. Reminiscence
3. Amidst The Smoke
4. The Prison Child
5. Hex Reverse
6. Cassandra's Prophecy



             



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