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- Style : Angel Witch, Blue Öyster Cult, Iron Maiden, Triumph, Tygers Of Pan Tang
- Membre : Pariah [uk], Satan, Blind Fury

TANITH - In Another Time (2019)
Par DARK BEAGLE le 21 Juin 2019          Consultée 1441 fois

La nostalgie, cela fait parfois du bien. Certains albums nous ramènent à des souvenirs précis, parfois heureux, de temps en temps malheureux. Nous pouvons sourire quand nous entendons certaines chansons, d’autres nous ferons verser une larme immanquablement, remuant des sentiments forts. Ces titres peuvent parfois être insignifiants, ces disques peuvent être complètement ratés, mais ils provoquent des soubresauts au plus profond de nous-mêmes. D’autres, en revanche, provoquent la nostalgie, en nous replongeant dans des périodes précises de notre musique préférée. Des combos comme RIVAL SONS ou GRETA VAN FLEET nous renvoient dans les années 70 (bon, si nous ne les avons pas vécues, nous les imaginons toutefois très bien, avec leur côté psyché et teinté de musique noire), BLACKRAIN et STEEL PANTHER nous ramènent au cœur des permanentes des années 80. TANITH, quant à lui, est à cheval sur deux époques et il suffit de fermer les yeux pour se laisser guider par la musique.

Avec sa pochette aux tons pastel, "In Another Time" fait songer à un opus de Rock Progressif, ou à un vieux URIAH HEEP oublié. Et déjà se dessine une thématique Heroic Fantasy, qui semble bien souvent indissociable de ce genre de musique. En revanche, dès que nous mettons le disque sur la platine, TANITH nous accueille avec un riff qui sent bon la NWOBHM, un des parfums parmi les plus suaves qui existent. Et surtout, il y a une profondeur de son que nous retrouvons que trop peu de nos jours et cela fait vraiment plaisir à entendre. Et là, il est temps de parler un peu de la formation. TANITH est originaire non pas de Grande-Bretagne comme nous pourrions le penser initialement, mais de Brooklyn, New-York et il s’agit d’un side-project d’une des âmes damnées de SATAN, Russ Tippins. Et là, tout de suite, cela devient encore plus intéressant.

Ici, il ne se contente pas de jouer de la guitare, il va également prendre le micro. Et le bougre a une voix surprenante, plutôt douce et mélodieuse, pas très agressive en fin de compte, mais qui fonctionne plutôt bien et surtout, qui se marie bien avec celle de Cindy Maynard, la bassiste, avec laquelle il partage le micro. Les deux se complètent très bien, dans un style vocal assez soft, mais qui ne dérange pas par rapport à la musique développée par TANITH, qui oscille délicatement entre les premières heures de gloire des années 80 et quelques sonorités plus '70 par moments, dans l’esprit d’un BLUE ÖYSTER CULT sans claviers. Et il se dégage une puissance évocatrice qui nous envoûte littéralement.

Imaginez une bande de bardes du XIIème siècle qui s’acoquinerait avec des instruments électriques. Les musiciens nous racontent des histoires, ils se donnent la réplique, avec une guitare acoustique qui s’incruste de temps en temps pour des petites mélodies Folk. Nous retrouvons parfois des phrasés de guitare qui peuvent faire songer à du TRIUMPH, des cavalcades qui évoquent IRON MAIDEN, celui des débuts, en plus soft néanmoins. La musique est dense, enivrante, les soli dégagent un côté vintage qui ne laisse pas indifférent et la batterie est à se damner. Le style de Keith Robinson est quelque peu atypique, surtout de nos jours et son jeu aux cymbales est vraiment intéressant. Ne me demandez pas de vous expliquer pourquoi, je ne saurai rentrer dans la technique, mais il titille l’oreille de façon bien agréable.

Aussi, TANITH dégage une sensation de puissance épique, sensation qui commence dès "Citadelle (Galantia Pt 1)", le titre d’ouverture, qui fut également le premier single de la formation en 2017 et qui se poursuit de chanson en chanson, avec des moments grandioses, comme "Wing Of The Owl (Galantia Pt 3)" – d’ailleurs ne cherchez pas le Pt 2, il ne figure pas sur cet album, à croire que le groupe nous prépare quelque chose à la SAGA) ou encore "Cassini’s Deadly Plunge". Il ne faut pas grand-chose à TANITH pour nous bousculer dans un monde onirique, à la fois distant et terriblement familier. Vous vous souvenez que je vous parlais de nostalgie un peu plus haut ? C’est exactement ça. Non seulement à travers des codes musicaux qui nous sont familiers, la formation nous ramène à des ambiances que nous pouvons lier aux contes de notre enfance, aux récits fantastiques ou d’Heroic Fantasy qui ont accompagné nos jeunes années, notre adolescence. Pour ma part, en tout cas, écouter cet album fut une véritable cure de jouvence.

En revanche, à mesure que s’écoulent les chansons, l’album finit par devenir prévisible, avec forcément cette alternance entre la voix de Cindy Maynard et Russ Tippins qui hélas ne varie pas beaucoup et qui finit par gâcher quelque peu tout l’effet de surprise qui se dégageait des premiers morceaux. Nous pourrions également se délecter d’un peu plus d’agressivité, que ce soit d’un point de vue vocal ou instrumental, mais cela n’empêche pas le Heavy Metal de TANITH d’être racé, d’avoir du chien. Ce sont des défauts finalement assez mineurs, même si le premier point abordé peut devenir synonyme de lassitude.

Quoiqu’il en soit, "In Another Time" est un disque qui dégage beaucoup de professionnalisme, certes, mais également une véritable sincérité. Enregistré en analogique, il dégage un son particulier, chaud, loin des productions cliniques et interchangeables que nous trouvons aujourd’hui. Il dégage une véritable personnalité et bon sang, ça, ça fait plaisir. Bien sûr, le contenu n’est pas le plus original qui soit, certaines références semblent assez évidentes, mais ce n’est pas que du copié-collé de riffs ou de mélodies qui ont fait leur œuvre par le passé. Il y a quelque chose de plus qui se dégage de TANITH, une présence, une volonté d’affirmer son style et de s’imposer comme des skalds modernes, des trouvères modernes qui créent leurs propres ballades à partir des écrits anciens. Du bien bel ouvrage donc.

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   DARK BEAGLE

 
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- Russ Tippins (chant, guitare)
- Cindy Maynard (chant, basse)
- Charles Newton (guitare)
- Keith Robinson (batterie)


1. Citadelle (galantia Pt 1)
2. Book Of Changes
3. Wing Of The Owl (galantia Pt 3)
4. Cassini's Deadly Plunge
5. Under The Stars
6. Mountain
7. Eleven Years
8. Dionysus
9. Under The Stars (reprise)



             



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