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Mark MORTON - Anesthetic (2019)
Par T-RAY le 4 Avril 2019          Consultée 673 fois

Je n'en ai jamais fait mystère : Mark Morton est mon musicien favori au sein de LAMB OF GOD. Voilà, j'aime beaucoup son sens du riff, ses qualités de soliste, même s'il brille un poil moins de ce côté-là à mon goût, et s'il fallait désigner un digne ambassadeur de la gratte Groove Metal post-Dimebag Darrell, je pense qu'il mériterait de figurer dans le top 3. Voire dans le top 1. Bon, maintenant que vous savez ce que je pense du bonhomme, vous comprendrez que je me sois jeté sur cet "Anesthetic" annoncé de longue date lorsqu'il a fini par sortir. De quoi parle-t-on, au fait ? Ah oui : du premier album solo jamais sorti par un membre de LAMB OF GOD. Pour un groupe dont la solidité du line-up est exemplaire – vingt ans d’unité contre vents et marées, tout de même – ce disque fait incontestablement figure d'événement.

Seulement voilà : tout guitariste qu'il est, Mark Morton ne propose pas, avec "Anesthetic", un album de guitare. J'oserais même dire que ses parties de gratte sont souvent en retrait dans le mix final par rapport aux voix, hormis au moment des soli, naturellement. Et pour cause : chaque morceau est prétexte au featuring d'un vocaliste différent ! Ce qui fait davantage de ce disque un album… De chansons ! De chansons Metal, bien sûr, de chansons Hard aussi, de chansons Rock parfois, voire de chansons encore plus éloignées de la musique de LAMB OF GOD... Mais de chansons néanmoins. Toutefois, ceux qui, comme moi, espéraient du principal compositeur de cet opus une explosion de riffs exclus du répertoire de LAMB OF GOD pour cause d'incompatibilité et s'attendaient à découvrir des trésors jamais dévoilés jusqu'ici seront sans doute un peu déçus.

D'abord parce que ça n'est pas vrai que les parties de guitares jouées ici seraient incompatibles avec l'œuvre de LAMB OF GOD. Rien que celles du morceau d'ouverture, "Cross Off", et celles du morceau de clôture, "The Truth Is Dead", pourraient largement trouver leur place sur un disque de l'Agneau de Dieu, même si elles ne constitueraient jamais un hit absolu pour le combo. La preuve qu'elles conviendraient à la formation ? Sur ce dernier titre, Randy Blythe, vocaliste de toujours du groupe virginien, vient pousser une gueulante – et la chansonnette au passage – aux côtés d'Alissa White-Gluz, la hurleuse d'ARCH ENEMY, qui repasse plusieurs fois au chant clair pour l'occasion. Et un tel titre aurait pu parfaitement figurer sur l'E.P. "The Duke", pour le coup.

En plus, ces deux titres n'ont rien d'une exception puisque plusieurs autres compos sur "Anesthetic" flirtent avec le répertoire Thrash et Groove Metal de LAMB OF GOD. En l'occurrence "Sworn Apart" et "The Never". Le problème est qu'aucune partie de gratte de ce genre sur ce disque ne provoque d'effet “whaou”. AUCUNE ! Non pas qu'elles soient mauvaises, non : elles sont juste trop banales. Et oubliables. À part peut-être celles du très musclé, très thrashy "The Never", co-interprété par Chuck Billy (TESTAMENT) et Jake Oni (frontman du combo canadien ONI), qui auraient fait du morceau l'un des cinq ou six meilleurs titres d'albums de LAMB OF GOD tels que "Wrath" et "Resolution".

Mais pour les lignes de guitare plus éloignées du style de l'Agneau de Dieu, alors, ça se passe comment ? Eh bien elles ne sont pas beaucoup plus mémorables… Mais elles ont le grand mérite de nous offrir enfin autre chose à entendre que du LAMB OF GOD-like. Et de nous faire découvrir ce qui branche réellement Mark Morton en dehors du Groove et du Thrash (et des influences Hardcore datant de BURN THE PRIEST) auquel il nous a habitués depuis plus de vingt ans. Parfois, il nous emmène loin de ces genres-là et c’est tant mieux ! Quitte à nous faire entrer dans son univers musical personnel, autant qu'il le fasse franchement et nous permette de nous rendre compte de ce qui le fait vibrer.

Ainsi, "Reveal" et ses guitares clean permettent à la multi-instrumentiste Naeemah Z. Maddox de poser sa voix pour nous conduire en territoire Blues/Folk, style sur lequel Morton n'est pas manchot du tout. Il s'agit même de l'une des meilleures surprises de l'album et, pour tout vous dire, j'aurais suivi bien plus volontiers Mark Morton dans ses aventures si elles s'étaient prolongées dans cette voie. Sans aller aussi loin, il nous prouve une nouvelle fois, avec "Blur", chanté par Mark Morales (SONS OF TEXAS), qu'il connaît parfaitement les sentiers du Hard Bluesy tendance sudiste, même si un tel morceau est moins surprenant que ne l'est "Reveal". Partout ailleurs, ou presque, un feeling 90s se dégage de ce disque, confirmant que le souvenir de cette période touche une corde sensible chez son auteur puisque c’est la décennie au cours de laquelle sa carrière musicale a débuté.

Une décennie qui l'a fortement influencé car l'on retrouve ici des artistes réputés de cette époque-là, au premier rang desquels Mark Lanegan (SCREAMING TREES), au chant sur "Axis", et Josh Todd (BUCKCHERRY), au micro sur le très funky "Back From The Dead". Il faut aussi évoquer Mike Inez d'ALICE IN CHAINS, à la basse sur plusieurs morceaux (au même titre que David Ellefson, de MEGADETH), ainsi que Marc Ford et Steve Gorman (The BLACK CROWES), respectivement à la guitare et derrière les fûts sur différents titres. Tous ces artistes, et d’autres, contribuent à donner une couleur années 90 à cet album, de par les genres musicaux dans lesquels ils se sont distingués : Rock et Metal Alternatif, Grunge et Post Grunge, voire Hard Rock de l'époque. Si bien que le seul morceau ou Mark chante seul (et plutôt pas mal), "Imaginary Days", paraît tout droit tiré de cette période.

Bon, une fois expliquée la relative déception liée aux parties de guitare de Mark Morton, il est temps d'évaluer la performance vocale de ces chanteurs, que le maître de cérémonie a invités au micro. Puisque, comme je le soulignais, nous faisons face à un album de chansons, autant vous dire d'emblée que la majorité des vocalistes ici présents offrent une interprétation solide, voire plus que ça. Sur ce plan-là, Morton ne s'est pas foiré du tout, tout comme il ne s'est pas manqué dans le choix des musiciens qui l'accompagnent (visez donc le line-up ci-contre, qui assure en toute occasion), auxquels il doit une fière chandelle pour ce qui est de l'interprétation de ses compositions. Mais malgré le mérite de ces derniers, ce sont bien les vocalistes qui sont les plus remarquables ici.

Tous ont débarqué avec leur signature vocale bien à eux et cela permet à pas mal de ces chansons de décoller. Puisque "Cross Off", le morceau d'ouverture, est aussi l'un des tous derniers enregistrés par le regretté Chester Bennington (LINKIN PARK), autant tuer le suspense : sa prestation en fait clairement l'un des meilleurs titres de l'album ! Le garçon lui insuffle à la fois une douceur mélancolique – merci à sa voix claire pour ça – et une rage indéniable lorsqu'il se met à hurler. Grand bonhomme de ce disque, Bennington n'est cependant pas le seul à apporter un sérieux plus à ces morceaux par la seule grâce de ses cordes vocales. On peut en dire autant de Mark Lanegan, qui réchauffe littéralement "Axis" de sa voix ardente et éraillée. Ainsi que de l'excellent Myles Kennedy, chanteur d'ALTER BRIDGE et compère de Slash, qui transforme presque en tube un "Save Defiance" qui, sans lui, serait un Hard Rock assez passe-partout.

Grâce à eux, d'honnêtes compositions deviennent tout de suite des titres plus mémorisables ! Plus catchy, en tout cas. Logique, puisque c’est aussi pour ces voix que Mark Morton a conçu ces morceaux et que les vocalistes en question ont tous composé ou co-composé leurs lignes de chant. Le maître de cérémonie n'a ainsi enregistré que peu de refus dans sa quête de voix, même de la part des artistes qu'il ne connaissait pas personnellement, comme Josh Todd, Mark Lanegan et Chester Bennington. Quant à ses amis qui ont dit “oui” tout de suite à sa proposition de collaborer sur "Anesthetic", comme Jacoby Shaddix (PAPA ROACH), Mark Morales (dont le groupe est produit par Josh Wilbur, derrière la console ici), Jake Oni ou, bien sûr, Randy Blythe, ils ont beau ne pas être les plus impressionnants au micro par rapport aux monstres cités plus haut, ils apportent tout de même une vie propre aux titres sur lesquels ils posent leurs voix.

Mark Morton peut donc se féliciter d'avoir fait les bons choix et su employer à bon escient les qualités de chacun de ses acolytes du moment pour tirer le maximum des morceaux composés pour "Anesthetic". Sans eux, il serait sans le moindre doute resté un album moyen, mais le talent des gens qui entourent Morton ici suffit à le transformer en mieux que cela. Et à faire oublier les mauvais choix du guitariste, comme celui d'être resté souvent trop proche du style LAMB OF GOD. Quatre morceaux sur dix dans cette veine, tout de même, c’est trop pour détacher réellement le disque de l'ombre de son groupe de toujours. Josh Wilbur, qui lui a conseillé de ne pas trop s'en éloigner pour un premier album solo, aurait sûrement mieux fait de se taire… Mais comme il participe pleinement à la fête, lui aussi, en offrant une production de qualité, puissante mais équilibrée, et qu'il a contribué à pas mal de compos, on ne lui en voudra pas trop... Car "Anesthetic" nous donne à entendre une paire de bien bonnes chansons.

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- Mark Morton (guitares, basse sur #2, chant sur #9)
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- Marc Ford (guitares sur #3)
- Mike Inez (basse sur #3, #5, #6, #7, #9)
- David Ellefson (basse sur #4, #10)
- Paolo Gregoletto (basse sur #1)
- Yanni Papadopoulos (basse sur #8)
- Roy Mayorga (batterie sur #4, #7, #10)
- Alex Bent (batterie sur #1, #2)
- Steve Gorman (batterie sur #3, #6)
- Ray Luzier (batterie sur #5, #9)
- Jean-paul Gaster (batterie sur #8)
- Chris Books (claviers sur #8)
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- Chester Bennington (chant sur #1)
- Jacoby Shaddix (chant sur #2)
- Mark Lanegan (chant sur #3)
- Chuck Billy (chant sur #4)
- Jake Oni (chant sur #4)
- Myles Kennedy (chant sur #5, chœurs sur #2)
- Mark Morales (chant sur #6, chœurs sur #9)
- Josh Todd (chant sur #7)
- Naeemah Z. Maddox (chant sur #8)
- D. Randall 'randy' Blythe (chant sur #10)
- Alissa White-gluz (chant sur #10)


1. Cross Off
2. Sworn Apart
3. Axis
4. The Never
5. Save Defiance
6. Blur
7. Back From The Dead
8. Reveal
9. Imaginary Days
10. The Truth Is Dead



             



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