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PAGAN FOLK  |  STUDIO

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- Membre : Gorgoroth
- Style + Membre : SkuggsjÁ

WARDRUNA - Runaljod - Ragnarok (2016)
Par VOLTHORD le 3 Avril 2017          Consultée 1913 fois

Fin du dernier chapitre.

Des fins de saga comme celle de "Runaljod" (le titre éponyme et le titre de fin), j’aimerais qu’Hollywood m’en serve davantage. J’aimerais d’ailleurs que tous les triptyques soient comme celui de WARDRUNA.
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Rétrospective rapide : WARDRUNA est aujourd’hui à la hype du Pagan Folk si bien qu’une grande partie de son public semble le vénérer comme s’il avait inventé l’eau chaude. Ça n’a pas toujours été le cas. Lorsque le projet était encore de l’eau frémissante, on parlait vaguement d’un truc "avec Gaahl dedans", même si on s’est vite rendu compte que le bonhomme ne faisait que jouer du triangle à côté du talentueux Einar Selvik. L’instrumentation tribale sur fond de violons hardangers et de sorcellerie nordique n’avait pas eu de représentant digne de ce nom depuis HAGALAZ RUNEDANCE, et si je me méfiais un peu de la hype, il faut avouer que WARDRUNA a occupé le terrain avec une formule unique. Il aura fallu la série Vikings pour faire venir dans le cercle un public nouveau à l’exercice, et qui n’a sans doute pas beaucoup pigé pourquoi les seuls autres types dans la salle était des metalleux.

Le sang chaud est désormais prêt à l’ébullition, peut-être même l’évaporation. Selvik s’impose peu à peu comme l’auteur qu’il est réellement, fabriquant son art des instruments jusqu’aux notes, proposant une philosophie de vie unique, au cœur d’un shamanisme actualisé. Télérama s’est emparé du sujet, l'idée du Pagan Folk semble enfin faire son chemin là où il était ignoré ou snobé.

Les fans de la première heure essaient de rappeler les racines sombres du groupe, aiment se gausser du phénomène pop. L’underground n’est plus à l’ordre du jour, mais WARDRUNA reste encore maître en sa demeure.

Autant dire que j’ai un peu suivi de loin, n’ayant pas de suite adhéré au projet et demeurant finalement moins excité à son encontre que d’autres adeptes du genre. Une fois cela posé, il est indéniable que la scène pagan folk a incroyablement bénéficié de la visibilité du groupe, et s’est ouvert une voie plus « sérieuse », presque intellectuelle, une alternative aux lutins bondissants de FAUN et aux hippies sylvains d’OMNIA.

Quitte à positionner définitivement cet album sur le podium de 2016 (tous genres confondus), là par contre, il faut avouer que je ne l’avais pas vu venir.
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Pourtant, la parenthèse SKUGGSJÁ fut un peu décevante, Ivar Bjørnson (ENSLAVED) ne sachant finalement trop que faire du style vaporeux de Selvik et semblant se contenter du minimum là où on aurait aimé qu’un Metal Extrême progressif vienne chercher l’angle de caméra que nous aurions manqué sur WARDRUNA.
Mais non, c’est bel et bien "Runaljod – Ragnarok" qui sera la véritable surprise tout en appuyant une continuité organique avec les deux précédents volets. La méditation lente et contemplative de "Gap Var Ginnunga" est désormais acquise et la mélancolie plaintive de "Runaljod – Yggdrasil" plane avec la même force. "Runaljod – Ragnarok" n’est pourtant pas la somme de ses parties mais bien l’affirmation d’une identité aussi unique que diversifiée, qui s’affermit progressivement jusqu’à son explosion finale transcendante.

"Tyr" et "UruR" entament l’album par une pulsation martiale familière, éveil de la bestialité d’un côté du loup Fenrir, de l’autre de l’auroch légendaire. Cornes et percussions entament la marche comme une guerre qui s’annonce. On passe la dizaine de minutes pour le second titre dont l’attitude lancinante laisse sommeiller une force évocatrice incroyable. Le rythme plus soutenu, la mélodie plus marquée, la féminité de "Isa" brise la glace pour nous replonger dans une atmosphère proche du précédent album, d'abord par un silence longuement entretenu par les percussions, puis par des chœurs féminins confortables. La rune de glace marque déjà un temps mort.

Mais j'éviterai ici d’énumérer bêtement chaque développement d’un opus d’une diversité sans précédent chez WARDRUNA. Tantôt martial et porté sur les percussions lourdes ("Tyr", "Urur" ou même "Wunjo" et "Runaljod") tantôt vocal (le quasi a capella "Pertho", ou ce travail de voix extraordinaire sur "Odal", à écouter avec la plus grande attention), tantôt porté sur les cors et les cornes (l'instrumental "MannaR - Drivande"), tantôt sur les chœurs (et même ceux des enfants de Selvik sur un "Wunjo" chaleureux et annonçant dans son texte une fin proche), l’arsenal de possibilités de WARDRUNA pouvait difficilement être mieux exploité. La flûte reprend tous ses droits sur un "Raido" incontournable et constituant une entrée évidente dans l'univers du groupe. Le violon, souvent compagnon omniprésent mais discret, se fera maître de cérémonie en portant sur ses épaules le refrain de "Runaljod", titre qui condense le martial, l’éthéré et le mélodique, bref… qui résume la saga WARDRUNA à lui tout seul. Le texte invoque par ailleurs chaque rune du Futhark, unités de sens essentielles à l'aube du Ragnarok (le titre se traduit littéralement par "lecture des runes").

Et en sous-titrant cet album d'un terme indiquant autant la fin que le renouveau, on espère voir Selvik changer de cap, quitte à changer de Dieux, changer d’univers sonore, de champ lexical et symbolique, et explorer avec autant de finesse des mythes, des sonorités et des cultures qui lui sont moins proches. Sur les dernières percussions du fabuleux titre éponyme (le meilleur de WARDRUNA. Tout court.), l’on ressent comme un besoin de voyage. Paradoxalement, la réponse de Selvik serait sans doute de solliciter l'introspection, le retour à notre environnement proche, et de retrouver racine avec la plus grandes des simplicités. Le livret invite par ailleurs à se familiariser avec les runes, avec une approche certes subjective, mais des recommandations très sceptiques de la part de Selvik.

WARDRUNA a correctement, solidement, étonnamment réussit à faire le tour de son sujet de départ, et je ne peux que prier pour qu’il ne se repose pas sur ses acquis, qu’une nouvelle page de son histoire (une nouvelle saga ?) nous offre de nouveau une vision unique de ce qui fait du Norvégien le plus grand chaman d’aujourd’hui.

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- Einar Selvik (chant, taglharpe, kraviklyra, cornes, flutes, percussion, lu)
- Linda-fay (chant)
- Eilif Gundersen (lurs, cornes, flûte, percussions de glace)
- Arne Sandvoll (chant)
- Hc Dalgaard (chant)
- Kjell Braaten (chant)
- Ask Einarson Nybro (chant, guest sur 'odal' et 'wunjo')
- Tuva J.einarsdatter Nybro (chant, guest sur 'odal' et 'wunjo')
- Skarvebarna Children's Choir (choeur, guests sur 'wunjo')


1. Tyr
2. Urur
3. Isa
4. Mannar - Drivande
5. Mannar - Liv
6. Raido
7. Pertho
8. Odal
9. Wunjo
10. Runaljod



             



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