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1975 A Pound Of Flesh

CAIN - A Pound Of Flesh (1975)
Par BAAZBAAZ le 13 Janvier 2015          Consultée 2442 fois

Pour une raison inconnue du commun des mortels (tare génétique ? Drogue versée dans l’eau par la CIA ? Folie collective ?) Le Midwest américain – Kansas, Iowa, Illinois etc. – est devenu au milieu des 70s l’Eldorado du Hard Rock. Des dizaines de milliers de fans hystériques, des stades remplis, des albums vendus en pagaille… Une sorte de Japon local, en somme. Le tout sous le regard snob et dédaigneux de la côte Ouest, qui préférait son Soft Rock jazzy ou country (que les 80s allaient balayer dans une grande orgie Glam peinturlurée) et de la côte Est en pleine rumination proto-punk morose.

De cet étrange phénomène émergèrent quelques têtes de gondole nommées KANSAS (et pour cause…), STYX, REO SPEEDWAGON, à savoir de gros mastodontes ventripotents capables du pire comme du meilleur dans un registre bâtard mi-Hard mi-Prog (pour faire simple). Sans oublier, pour faire contrepoids (et c’est peu dire) à ces esthètes arty et cérébraux, le très basique TED NUGENT, réac’ jusqu’au bout des ongles. Ces gens-là vendirent énormément de disques à leurs ex-camarades de classe, aux familles de leur camarades de classe, à leurs cousins, neveux, grands-parents… à tout le Midwest, qui les adula. Mais d’autres groupes, moins chanceux, ou un peu moins talentueux peut-être, les côtoyèrent, tournèrent dans les mêmes clubs locaux, sans jamais connaître un succès comparable.

CAIN fut de ceux-là. Un groupe resté dans l’ombre, inconnu, devenu au fil des ans une rareté dont l’écoute est réservée à ceux qui explorent les 70s dans leurs moindres tréfonds. Comme souvent, on peut estimer qu’il n’y a pas de vraies raisons à cet échec commercial. Peut-être fut-ce à cause de cette pochette immonde, peu ragoutante, qui a sans doute desservi l’album à une époque où une imagerie inspirée de la science fiction était en vogue. La faute aussi, sans doute, à une production étouffée, abrupte, qui ne met pas en valeur des compositions parfois assez sophistiquées. Le son de batterie, notamment, est désolant. Mais il y a aussi une part de hasard ou de malchance dans le manque de réussite et de postérité de ce "A Pound Of Flesh".

Car le groupe ne manquait pas d’atouts. Deux, surtout. Le premier en la personne de Jiggs Lee, screamer Hard Rock d’envergure capable de s’égosiller ou de crooner avec classe, à l’aise dans le trémolo suraigu, dispensant rage, grognements et émotion avec la même aisance. Une valeur sûre, donc, quelque part entre Dio et Coverdale. Second atout : Lloyd Forsberg, dont la guitare prolixe est pour beaucoup dans l’efficacité de cette musique. Qu’il rehausse une chanson par de petites touches mélodiques (la superbe "Katy") ou dégaine un impeccable solo sorti de nulle part ("Born Of The Wind", brûlot sans concession), il éclabousse l’album de son talent.

Varié, "A Pound Of Flesh" effectue un tour d’horizon du Hard Rock de son temps. Des titres secs et directs dotés de riffs terreux ("South Side Queen") alternent avec des compositions plus ambitieuses et épiques ("All My Life", qui aurait pu être un chouïa plus courte). On lorgne parfois franchement du côté de RAINBOW ("Heed The Call", réussie) et des chœurs venimeux viennent rajouter une grandiloquence typique de l’époque ("Queen Of The Night"). Rien à jeter, aucun bouche-trou. CAIN déroule son savoir-faire avec une spontanéité et une fraîcheur évidentes, qu’on ressent encore par-delà les décennies. C’est classique, franc et carré.

Ceci dit, on ne va pas se mentir : il faut tout de même de l’indulgence – et le goût des trouvailles 70s obscures – pour apprécier pleinement ce disque. Les chansons ont un petit côté bricolé, artisanal, qui les rend attachantes mais qui en marque aussi les limites. Car face à la meute des cadors du Midwest, CAIN n’était pas tout à fait de taille. La qualité technique des musiciens ne masque pas un certain manque de personnalité. Deux ans plus tard, un second album ("Stinger") vint confirmer ces défauts et le groupe disparut des écrans radars alors même que ses camarades de promo allaient squatter le haut des charts à tour de rôle. Mauvais karma…

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- Jiggs Lee (chant)
- Lloyd Forsberg (guitare)
- Dave Elmeer (basse)
- Kevin Deremer (batterie)


1. Queen Of The Night
2. Katy
3. South Side Queen
4. Badside
5. Born Of The Wind (to A Limey)
6. Heed The Call
7. If The Right Don't Get You The Left One Will
8. All My Life



             



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