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BLACK/DEATH  |  E.P

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ISHTAR - From The Gates (2013)
Par DARK MORUE le 14 Décembre 2013          Consultée 3684 fois

ISHTAR... "From The Gates"... GATES OF ISHTAR... Bon, va falloir se cultiver un peu, parce que Ishtar et les portes, ça a l'air d'être du serious business.
Après un petit tour sur Wikipedia, on se rend compte que c'est une déesse vénérée du côté de la Mésopotamie (et même que chez les Sumériens elle s'appelait Inanna et que ça fait grave chanteuse de Pop Nouvelle Star). Et c'est lorsqu'elle a voulu descendre aux Enfers pour les conquérir, qu'elle a traversé Sept Portes, et qu'à chaque Porte elle perdait un bijou ou un vêtement jusqu'à se retrouver totalement à poil devant le maître des lieux. Exactement comme la pute que tu ramènes dans la suite de ton hôtel. Sauf que là c'est mythologique et que si je continue de blasphémer on va me taper très fort. Donc on va dire que l'histoire se finit quand elle se fait défoncer la tronche par les Annunakis (des lézards géants probablement Franc-Maçons), que sa famille est pas d'accord, et que l'administration des enfers fait à peu près la même chose que la nôtre avec des règles à la con qui se soldent par du chantage affectif.

Et donc, ISHTAR, qui nous intéresse ici, semble avoir un bon gros concept basé sur cette histoire. Les paroles n'étant pas inclues dans le digipack et mon niveau d'anglais YAAARGH UUURGH étant encore relativement bas, je ne pourrais pas vous en dire davantage et centrer mes flatteries sur la magnifique pochette de Geoffrey Ernault. Déjà ça en impose, l'objet est chiadé, bien maturé, et on en est carrément surpris qu'il ne soit distribué qu'à 150 exemplaires.
Parce que oui, après une longue gestation, les français de ISHTAR ont enfin balancé en orbite leur première galette, et dans son style elle en impose pas mal bien qu'il faille un sacré temps d'acclimatation.

Parce que "From The Gates" a un énorme défaut qui se remarque tout de suite. Sa production. Pas que ce soit inaudible, non, plutôt plein de failles. Difficile de rendre la musique accueillante lorsqu'on a un tel son de batterie synthétique et surtout des guitares sous-mixées et brumeuses comme ça. Ce dernier point génère un manque de puissance particulièrement flagrant qui pour le coup rend l'EP encore plus inaccessible qu'il ne l'est véritablement, tout en dégageant tout de même une ambiance particulière. Parce que oui, les cinq compositions + une intro sont quand même assez dures à ingurgiter. Tortueuses et avec des fils conducteurs pas forcément évidents, pour une durée totale de 33 min avec une pointe à 8 min pour "Warpath", les Parisiens risquent bien de vous donner du fil à retordre.
D'où ma nette préférence pour les compos les plus directes comme "The Surrender" qui clôt magistralement la rondelle ou le titre éponyme avec son riff d'intro qui claque d'emblée.

Parce que si la musique d'ISHTAR peine à accrocher, ce n'est que pour mettre en avant une atmosphère des plus étranges. Très très froid, extra-planaire, c'est le moment de faire péter les métaphores, je laisse votre esprit jouer avec tout le champ lexical du bizarre glacé. Le très long passage instrumental lancinant au milieu de "Invading Empire" va totalement en ce sens, avec une reprise brutale qui fait plaisir. Toujours un peu entre deux facettes, le groupe réussit sans trop de casse à se poser entre plusieurs intermédiaires. Constamment mélodique sans être catchy et raisonnablement brutal et incisif sans verser dans la violence outrancière, toujours retenue et contrôlée. La quintessence du Black/Death que le groupe se dit pratiquer, en somme. Le chant en duo constant va en ce sens, les deux vocalistes balançant tous deux growls gras (mention à Helheim et son chant Death particulièrement puissant, transcendant le début de "From The Gates") et chants blacks, souvent superposés, arrangés de partout, tant et si bien qu'on finit par croire qu'il n'y a qu'une unique personne derrière tout ça. D'ailleurs j'ai trouvé un jeu à boire assez violent : on picole dés qu'on entend l'un des vocalistes prononcer le nom du groupe. Vous ne vous en remettrez pas.
La partie quasi narrée de "Warpath" est également particulièrement convaincante et se place même comme l'un des moments les plus marquants de l'album.

Et les moments marquants, les points de repères, c'est justement ce qu'on cherche. Si les cordes abattent constamment un boulot assez dingue en tricotant dans tous les sens, on ne peut au final que se perdre dans le dédale des morceaux constituant l'EP tant le travail de structuration est peu évident. C'est surtout les riffs en eux-même qui balancent des notes dans tous les sens, complexifient le spectre sonore le plus possible, mais refusent catégoriquement de simplement rentrer dans le lard et se la jouer in-your-face, ce qui rend le tout très très dur à s’enfiler vu le peu de repères et passages vraiment mémorables dés les premières écoutes. Et c'est là que le groupe tente de se démarquer en plaçant régulièrement des breaks et autres motifs changeant quelque peu l'ordre des choses, apportant le relief dont le reste de l'album manque clairement. La cassure piano/synthé de "From The Gates", la lead toute triste introduisant "Beneath The Stench Of Desolation", passage acoustique à voix claire désabusée et rauque sur "Warpath", ou l'introduction au clavecin de l'énorme "Surrender", genre quelque chose qui aide l'auditeur. Parce que le reste du temps faut quand même s'accrocher, vu que bien que le tout reste immédiat, il n'y a pas vraiment de leitmotiv récurrent, l'évolution se faisant naturelle mais nécessitant de nombreuses écoutes attentives afin d'être assimilée.
Par contre, une fois qu'on a réussi à bouffer les variations d'un morceau comme "Warpath" qui fait un constant ping-pong entre éclatements de violence et passages instrumentaux illuminés, ben on est contents. Bien branlé, complet, et dégageant au final une forte personnalité. Parce qu'une des grandes forces du combo, c'est que je n'ai vraiment pas la moindre idée d'à quelle autre formation les rattacher, ce qui est quand même franchement un très bon signe pour une première sortie.

Et donc, si vous vous sentez de voyager dans un Black/Death brumeux et mystique, très marqué par des compositions extrêmement fouillées et complètes mais handicapées par un son ne collant pas toujours bien et ne mettant pas le tout suffisamment en valeur, vous pouvez foncer. Certes tout ça manque gravement d'accroche véritable et demande une énorme décantation au vu de la complexité de morceaux qu'on taxerait de Progressifs si ce terme signifiait encore quelque chose, mais au final on revient dessus avec plaisir et chaque écoute passe mieux que la précédente, car bien plus familière.
Et puis faut supporter la scène française merde, surtout les formations qui nous balancent d'office autant de potentiel. Un son plus incisif, une meilleure visibilité et davantage de bons gros riffs qui pètent d'office à la gueule, et on promet un avenir des plus radieux.

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   DARK MORUE

 
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- Helheim (chant)
- Celtic (chant)
- Rokdhan (guitare)
- Gott (guitare)
- Witart (basse)
- Lagodas (batterie)


1. Doomsday
2. Invading Empire
3. From The Gates
4. Beneath The Stench Of Desolation
5. Warpath
6. The Surrender



             



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