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BRUTAL DEATH METAL  |  STUDIO

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UNFATHOMABLE RUINATION - Misshapen Congenital Entropy (2012)
Par DARK MORUE le 4 Janvier 2013          Consultée 3595 fois

Alors le voilà enfin, cet opus messie du Brutal Death actuel. UNFATHOMABLE RUINATION ont réussi à se faire attendre et créer la surprise tout en ayant un patronyme chiant comme pas permis et une pochette parmi ce qu'on peut anticiper de plus laid de nos jours (Phlegeton, c'est plus ce que c'était on dirait). Loin d'être donné à tout le monde de nos jours ça.
Hop, un line-up pas prestigieux mais bien solide (avec le monstre Doug Anderson derrière les fûts, de chez BLOODSHOT DAWN à la base... Tout en ayant en parallèle du TRIFIXION ou FLESHROT sur le CV des autres, eh ouais), et un premier EP en 2010 bien remarqué et montrant de grosses qualités bien qu'encore un peu bancal...
Il est temps de passer à la postérité, de souffler un grand vent de fraîcheur et montrer que c'est une formation sur laquelle on pourra compter dans les années à venir. Eh ouais.

Car même si UNFATHOMABLE RUINATION ne révolutionne rien de fondamental, un vent de fraîcheur souffle ici sur la scène Brutale et on espère que nombreux seront les suiveurs qui s'engouffreront dans le filon créé comme ça a pu être le cas avec les Italiens y a pas si longtemps. C'est très simple : gros Death Metal survitaminé, avec un batteur qui s'en donne à cœur joie en calant ses cymbales dans tous les sens tout en fonçant à une vitesse surhumaine et en fracassant son kit dans une direction bifurquant quatre fois par minutes. On y cale une production claire et assez énorme (malgré des blasts perfectibles, un petit peu boiteux) et un vocaliste surpuissant aux growls classiques profonds un peu boostés par des poussées dans l'ultra-guttural porcin en fin de phrases. Voilà, on a un bon petit album de Brutal qui fait plaisir, mais jusque là rien de transcendant.
Suffit d'un tout petit truc de rien du tout pour faire pencher la balance, pour passer de l’honnête produit de routine à une grosse mandale dans la gueule.
Des compositions irréprochables truffées de riffs de folie en plein dans ta face. Et ici ça fait acte de présence, et y a pas à dire que dans le créneau pratiqué, ça devient de moins en moins fréquent et ça fait un bien fou.

Riffs qui groovent, truffés de petits gimmicks mélodiques qui refilent une atmosphère d'apocalypse biologique assez inédite, interludes franchement bien foutus, sérieusement, tout est agencé à la perfection. Que tout commence par une intro montant très très vite en puissance pour nous servir un beau bulldozer de Brutal Death à samples, et voilà que le premier titre nous pète à la tronche en enchaînant riffs et plans de malades tout en finesse, presque insuivables mais ultra catchy, groovy et parfaitement en place. Impossible de ne pas y adhérer, soufflé par les multiples breaks à la batterie et la machine qui se relance et se renouvelle en boucle. Et ça continue, et ça bute. La force des riffs et le talent de composition est de manière définitive LE point fort du combo au nom trop chiant pour que je le réécrive, sachant conserver une patte assez précise et réussissant à ne nous faire penser à aucun autre groupe en particulier, mêlant niveau de jeu très élevé, groove assassin et mélodies de fin du monde en retrait ("Carved Inherent Delusion", véritable régal à ce niveau) dans un cocktail explosif nous servant son lot de passages marquants. Après, le groupe ne nous fait pas oublier son statut de pur produit Brutal Death bien ancré dans son époque, avec même des gravity-blasts bluffants un peu partout et une "Monochrome Obediance" qui arrache le papier peint.

Mais la véritable valeur ajoutée, en plus de l'armada de riffs qui font tous plus triquer les uns que les autres dans ce tourbillon de brutalité technique non-démonstratif disposant d'un potentiel jouissance à toute épreuve, c'est surtout dans les grosses poussées de noirceur crépusculaire qu'on peut trouver dans la seconde moitié de l'opus. La joute de soli concluant "Consequential Failure" avec le gratteux de HOUR OF PENANCE en guest, ça vaut son pesant en cacahuètes. L'énorme mur du son vrombissant qui nous tombe dessus comme une chape de plomb barbelé sur la dernière minute de "Futile Colossus Decapitated" laisse pantois et impressionne, et on termine cette destruction massive avec une "Anti-Genesis" qui se pose en interlude glauque à souhait avec ses petites mélodies au feeling oriental-dissonant cachées derrière le bûcheronnage virant au spectral, et puis on se bouffe un dernier morceau intense et qui laissera en sueur à coup sûr. Forgé dans la brutalité la plus pure et condensant tout ce qu'on doit retrouver dans un morceau du genre, avec même une apparition de Konstantin Lührig, ex-vocaliste de DESPONDENCY qu'on va bientôt retrouver sur le prochain DEFEATED SANITY...
C'est bon, vous vous remettez ? Ben alors autant en mettre une couche et faire péter une reprise de DEATH au cas où on aurait pas capté que le niveau technique est plus que satisfaisant. Avec le "Vacant Planet" concluant "Human", repris de manière fidèle mais néanmoins bien boostée. Rideau. Replay.

Bref, c'est assez bizarre de parler de vent de fraîcheur sur une scène quand l'air ici respiré est aussi vicié, mais force est de constater qu'UNFATHOMABLE RUINATION ont bien géré leur coup en nous refilant par-là même un opus exemplaire. D'une force de frappe non négligeable grâce à un niveau de jeu impressionnant et un batteur fou, armé d'un compositeur de génie nous refilant des riffs assez personnels à la truelle, un vocaliste voué à servir de modèle du genre et de véritables éclairs d'inspiration à intervalles réguliers.
Le fan de Brutal Death n'étant pas trop du genre rétro trouvera son album de l'année, faute de concurrence véritable dans le créneau du Brutal moderne qui arrache la gueule avec subtilité facultative.
Donc on le range fièrement aux côtés de TOMBTHROAT et son "Eden Apocalypse" démentiel et on cale ça dans notre bilan 2012 sans plus tarder. Yeah !

Tagazog : Plus qu'à espérer que le Brutal Death des années 2010 se mette à ressembler un peu plus à UNFATHOMABLE RUINATION. Ensemble créons le buzz, ça ferait le plus grand bien à tout le monde, j'ai confiance en la puissance du lectorat de Nightfall !

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- Daniel Herrera (guitare)
- Daniel Neagoe (chant)
- Federico Benini (basse)
- Doug Anderson (batterie)


1. Preface To The Forlorn Spectrum
2. Pantheonic Synchronsystem
3. Carved Inherent Delusion
4. Extinction Algorithm In Procession
5. Monochrome Obediance
6. Consequential Failure
7. Futile Colossus Decapitated
8. Anti-genesis
9. Edges Of Disfigured Atrocities
10. Vacant Planets (death Cover)



             



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