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2007 Cronos

DRAGONSLAYER - Cronos (2007)
Par BAST le 27 Octobre 2007          Consultée 3202 fois
Un premier album qui plante de travers les Espagnols dans un heavy traditionnel à l’épine dorsale power teutonne et à la moelle NWOBHM. Un successeur sur lequel on avait senti une volonté d’avancer d’un pas. Manque de chance, l’un des deux pieds était resté cloué au sol. Celui de la personnalité. Et un troisième essai qui laisse un sentiment identique, à ceci près que l’engourdissement s’est emparé de l’autre pied. Celui de la qualité. Au bout du compte, DRAGONSLAYER livre depuis quelques années un mouvement syncopé qui, au lieu de le faire aller de l’avant, se manifeste par une rotation sur place.

« Cronos » n’est pas fondamentalement mauvais. Prématuré, mal digéré, pas assez bien considéré le résumeraient plus justement. Le propos ne surprend pas. L’accroche ne fait mouche qu’à d’infimes occasions. Le ton employé figure une rage surpassée mais trop impersonnelle, contant une révolte immature plutôt qu’une tragédie. Difficile de rentrer dedans. Poussifs du début à la fin, on sent toutefois les espagnols plus à l’aise par endroits. Attention, ça va aller très vite : sur « Sueños Rotos » et son refrain agréable, « Entre dos Fuegos » et son emportement mieux présenté, ou l’énergique « Renacer ». Quelques moments qui montrent qu’en dépit du patronyme vide d’identité qu’ils se sont choisis, les Espagnols ont très envie de dire des choses. Voila, DRAGONSLAYER, c’est une baudruche de bonne volonté et une aiguille de maladresse. Et cela va jusqu’aux emprunts. La formation ibère pioche dans ses influences quelques enchaînements, les retravaille à sa sauce pour un résultat dont on ne retiendra qu’une lourdeur sauvagement appuyée. « Sin Perdón » agace par ses hésitations, « Al Morir la Noche » perturbe par ses changements d’intonations mal emboîtés, « Ambición » décontenance à force de pousser une gueulante dont on ne sent rien venir sinon une débandade honteuse. Finalement, la plus belle éclaircie viendra de « Sleeping In My car »... Une reprise dont les lignes de chant ont été conservées intactes. Forcément, la nostalgie d’une décennie passée aidant, on se laisse prendre au jeu. Aucune conclusion à tirer sinon que le tube de ROXETTE a la peau dure.

Comment lutter face aux caïds espagnols, italiens ou suédois qui travaillent encore et encore un champ de terre aussi fertile que peu étendu ? Il faut des outils parfaitement entretenus, des rouages obsessionnellement graissés, une mécanique rodée à l’extrême pour prétendre convaincre la générosité d’un lopin de terre. « Cronos » dispose bien de deux trois arguments propres à laisser l’attention se focaliser un instant sur son cas, il est malheureusement dénué du charisme capable de consolider l’enthousiasme naissant, dépouillé de son naturel, privé d’un réel talent. Voila, en dépit d’une production engageante qui fait une belle lumière sur les guitares et le chant écorché, « Cronos » échoue au stade des promesses. L’album se termine alors qu’on attend toujours que ce potentiel palpable fasse enfin surgir un ou deux brûlots de power couillu. Inutile, les cinquante minutes s’achèvent et l’éclaircie cède inexorablement face aux nuages. Au bout de trois albums, la note devient franchement salée. Il faudra un sursaut de génie pour que le quatrième bénéficie ne serait-ce que d’un avis écrit.

Note : 1,5 / 5




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- Jordi Foraster (guitare)
- Raül Cabedo (batterie)
- Ferran Cardona (basse)
- Francisco Angel (guitare)


1. Sueños Rotos
2. Entre Dos Fuegos
3. Sin Perdón
4. Como La Lluvia
5. Renacer
6. Tiempos De Dolor
7. Al Morir La Noche
8. Luna De Libertad
9. Ambición
10. Sleeping In My Car
11. Com La Pluja (bonustrack)



             



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