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METAL EXTREME BARRé  |  STUDIO

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- Membre : Devin Townsend , Death, Casualties Of Cool

STRAPPING YOUNG LAD - Alien (2005)
Par JULIEN le 29 Août 2005          Consultée 5994 fois

Soyons clairs, histoire d’éviter toute attente enfiévrée appelée à se dilapider en moues boudeuses : Naaaaaooooooon, cet album n’est pas un retour au SYL de « City » ! Non, la couleur noire arborée par ce quatrième manifeste du projet extrême de Devin Townsend n’exprime en rien la reviviscence de l’ultraviolence esthétique et suprêmement inspirée de l’album assassin de 1997... je dirai même plus : avec cet « Alien », SYL propose sa réalisation la moins singulièrement explosive, baissant globalement en brutalité par rapport même à son prédécesseur, l’excellent album éponyme à la couleur rouge sang.

Considérons les choses avec pragmatisme : Si "Imperial" déclenche les hostilités sur un mode relativement peu surprenant (excepté un enrobage de claviers plus marqué), avec sa volée de riffs contondants et de blasts, siège de la voix caméléonesque de Devin, c’est "Skekis", deuxième titre de l’album, qui se charge de convoquer une petite surprise, au fil de ses six minutes : les riffs meutrissent nos articulations en dépit d’un tempo plus lourd que vivace, l’agressivité est là, bien concrète, mais elle se peuple de claviers tantôt emphatiques, tantôt assujettis de délires façon xylophone, sans oublier des chœurs mélodiques inédits, signés de puérilité... comme une note déjantée échappée du magistral « Infinity », et qui se serait égarée ici.

Et voilà qu’en deux titres, Devin Townsend nous exposait déjà, donc, les données principales de l’équation sonore surprenante de son « Alien » : faire cohabiter la teneur brutale de SYL et des excursions plus inattendues étant donné le cadre de ce projet précis, et empruntées essentiellement à l’énorme disque barré qu’est « Infinity » (la triade d'ouverture), ainsi qu’à « Physicist » ("Thalamus", "Possessions", "Shine" et ses couches de claviers typiques sur rythmiques pesantes). Fréquemment colonisé de touches et couleurs piquées à la palette employée au sein des projets du DEVIN TOWNSEND BAND, « Alien » s’estompe ainsi dans sa radicalité protectionnsite d’oeuvre Strapping Young Ladienne, pour mieux se prêter à une inspiration moins codifiée... sans être forcément plus excitante pour autant !

« Alien » est chaotique, assurément. Et il pérennise ainsi, à sa manière, l’essence de SYL, groupe monté pour redéfinir toute la notion même d’extrême... comme pour mieux nous inviter à considérer une certaine pente iconoclaste : "Imperial", un excellent et surpuissant "Zen" (trompeur dans son intitulé), le fonceur "We Ride" et l'assourdissant "Shitstorms", monuments de bourrinnage assommants, fertiles en riffs efficaces et novateurs, remplissent allégremment leur office de brise-nuque, certes. Mais doit-on déléguer au taux de décibels, et à la récolte de blasts, la tâche d’étalonner le degré d’extrêmisme d’un album ? A cette question, Devin Townsend semble répondre malicieusement, à sa façon : En nous livrant un "Love" terrible et indécis, mêlant riff Power graisseux sur rythmique torve en rouleau compresseur, breaks hachés, accélérations abruptes et éphémères, le tout nous réservant des lignes vocales saisissantes de profondeur ; en nous assénant un "Thalamus" à l’intro noyée de claviers écrasants et de blasts brutaux, dissimulant un fil conducteur ensuite tissé d’une élévation atmosphérique emphatique assez étrangère aux habitudes de SYL, mais pas à celles de « Physicist » ou « Accelerated Evolution » ; en allant, enfin, jusqu’à nous pondre la véritable provocation "Two Weeks", morceau des plus calmes, croisant les bienfaits d’un acoustique pioché dans « Terria » et le sourire couinant du "Touching Tongue" de Steve Vai (extrait du superbe « Sex & Religion », disque qui fit largement découvrir Devin Townsend).

Ainsi donc, avec cet « Alien » pluri-céphale, massif, surchargé de pistes de claviers et de guitares composant un mille-feuille sonore assez indigeste par instants, Devin Townsend donne à SYL un visage en mosaïque, et adresse un sourire narquois à ceux qui le voyaient déjà s’embourber dans la simple redite de ses exploits antérieurs avec SYL... sans pour autant nous larguer en terrain inconnu, les passerelles avec son album précédent demeurant assez nettes. Alors certes, on pourra toujours arguer d’une inspiration pas toujours au rendez-vous : linéarité des "Shine", "Thalamus" et autre "Possessions" (tous trois assez clairement amarrés au port "Physicist"), plaisant mais anecdotique "Two Weeks" (valant surtout par la valeur incongrue de sa touche de plénitude)... En outre, l’on se plaindra parfois des fortes potentialités migrainogènes d’une mixture sonore très peu aérée... sans oublier le manque véritable de surprise, une fois admise cette propension du disque à aller piocher dans le DEVIN TOWNSEND BAND ("Skeksis" finalement...).

De fait « Alien », drapé dans son voile mélodique un peu plus affirmé, semble se faire le plus abordable des albums de SYL... pour mieux nous étouffer par sa densité et ses brusques éruptions de violence... puis nous destabiliser par les incursions qu'il opère au coeur des différents projets de Devin Townsend, nous laissant nous questionner quant à l'évidence d'une filiation claire à l'entité SYL... Mais ce serait là ouvrir un débat oiseux sur ce que devrait être SYL, la réponse à cette question n'appartenant qu'à son créateur, à savoir Devin Townsend. Le plus important ne reste t-il pas, après tout, l'appréciation de la musique pour ce qu'elle est ? Et à ce petit jeu là ce quatrième SYL, touchant parfois l'excellence, sait encore me séduire... A défaut de véritablement m'enthousiasmer.

NOTE : 3.5/5

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   JULIEN

 
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- Devin Townsend (chant, guitare, programmation)
- Jed Simon (guitare)
- Byron Stroud (basse)
- Gene Hoglan (batterie)


1. Imperial
2. Skeksis
3. Shitstorm
4. Love ?
5. Shine
6. We Ride
7. Possessions
8. Two Weeks
9. Thalamus
10. Zen
11. Info Dump



             



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