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DOOM METAL  |  E.P

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TORTURE WHEEL - Crushed Under... (2005)
Par MOX le 2 Mars 2005          Consultée 1324 fois

Je m’empresse d’éclaircir cette zone d’ombre, car il est vrai que le doom renferme en son sein bon nombre de sous-styles, qui sont autant d’arguments de vente que de guides pour le curieux. Il est justement salutaire de prévenir l’auditeur qu’il s’agit ici non pas de musique lente et orthodoxe, mais bien d’expérimentations où guitares et claviers se taillent des parts égales, chose des plus redoutables pour les « true doomeux » que je respecte énormément, vous vous en doutez. Mais il serait, ce me semble, de bon goût que de jeter une oreille furtive sur cet essai en provenance des Etats-Unis, terreau de heavy/doom et de drone-doom. Torture Wheel n’y officie pas, mais bien qu’on puisse le ranger dans une catégorie hybride ambient/doom, cet EP propose un petit lot d’idées rarement repoussantes, évitant fort heureusement de tomber dans la mélancolie bon marché ou le funeral doom déjà trop entendu.

Mettons un bref bémol à ma précédente affirmation : « Mary » évite de peu le plagiat de SHAPE OF DESPAIR période « Shades Of… », tant le clavier ressemble à s’y méprendre aux sons sylvains et noirs de la formation finlandaise. Quoiqu’un chant étouffé et incompréhensible peu avenant s’immisce dans votre rêve, on regrettera d’une part la place trop importante des synthés et d’autre part le fait que ce troisième titre diffère absolument du reste. Car voilà bien le défaut premier de ce « Crushed Under… », à savoir que E.M. Hearst ne sait pas encore quelle sera sa voie, et détruit ainsi l’escapade échafaudée dès le début par l’auditeur, ne retrouvant pas à la fin ce délire surréaliste dans lequel il était plongé.

Départ sur les chapeaux de roue, contraste continu entre le vrombissement extrême des guitares et la pureté relative des claviers, alliance des plus déstabilisantes mais à laquelle l’auditeur s’habitue, laissant aux cordes le soin de créer une base solide et aux touches la possibilité de jouer sur les effets et d’agrémenter le rêve de détails utiles. Oui, des instruments accordés si bas, si bas… Un effet SUNN O))) dans « 00 Void » efface toute vie, toute notion concrète, Torture Wheel décide ensuite de ne générer aucune mélodie, aucun rythme, simplement une ambiance irréelle, dans laquelle les coups de batterie sont rares mais ravageurs, dans laquelle on distingue au loin des cordes à l’agonie, dans laquelle on attend, il est vrai, l’arrivée de quelques cymbales pour forcer la sauce à avancer un peu. L’onde sonore, pas aussi dévastatrice que dans le drone-doom à proprement parler, parvient à dessiner ce chemin alternatif, autour duquel chaque coup de batterie/clavier couplés fait apparaître une silhouette vaporeuse délimitant votre univers, abstrait, un peu fou et brûlant.

Se laissant porter par le bruit, on écarquille doucement les yeux lorsqu’un très, très lointain chant, brouillé à mort, mêlé à un clavier du plus pur style SKEPTICISM, nous permet de réaliser qu’on assiste, léthargiques, à une messe timbrée, tout autant que les fidèles qui nous entourent. Avec un minimum sensitif fonctionnel, on finit par angoisser terriblement quand « Shadow Sect » prend fin. « Mary » et son côté personnel prend le relais, puis laisse place à un « Crushed Under… » à nouveau différent, évoluant dans l’industrial doom (avouez que ce genre de précisions sur les styles est utile) et pour lequel il est nécessaire de se plonger dans un autre monde, moins vrombissant mais toujours aussi saturé, et au clavier plus disparate. Tout au long de ce premier essai, Torture Wheel fera avancer son chant, terminant sur un ersatz de bruit, aussi désagréable que fou. Et malgré que la conclusion fasse la part belle à un synthé hautain et moqueur, jubilant de nous voir un peu paumés, elle s’étire un peu trop et valide mon impression générale sur un style qui prend moins de risques qu’autorisé.

Un goût amer de finition chiche subsiste sur la langue, une déception causée par un nombre déjà trop important de variations, juste réclame concernant un rêve/cauchemar que n’importe qui aurait aimé voir aboutir. Que ce soit expérimental, puis plus funéraire, puis plus industriel, Torture Wheel gagnerait à modérer l’utilisation du clavier, instrument parmi les instruments qui alimente une polémique stérile : « y’en a trop, pas assez de guitares, c’pas du doom ! ». Ici, à en voir leur rareté, on est en droit de se le demander. Mais rien que pour l’effet guitare-décollage d’avion, tentez votre chance.

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- E.m. Hearst (tout)


1. Broken By The Wheel
2. Shadow Sect
3. Mary
4. Crushed Under...



             



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