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2019 Ascension
 

- Style : 3 Inches Of Blood
- Membre : Arsis
 

 Bandcamp (8)

PALADIN - Ascension (2019)
Par JEFF KANJI le 5 Janvier 2021          Consultée 712 fois

Le Power Metal est un genre pour beaucoup considéré comme dépassé et sans doute également mal défini. Celui qui est généralement considéré comme son père spirituel en Europe, Kai Hansen, ne reconnaît pas le terme préférant parler plus simplement de Heavy Metal. Mais les étiquettes ont un avantage, c'est qu'elles permettent de susciter la curiosité dans les styles que l'on aime, et parfois découvrir des perles, quand on n'a pas un pote comme mon Gzagg qui m'a littéralement survendu ce premier PALADIN.

Le Power Metal est donc un sous-genre, mais qui dans son développement s'est façonné au contact de deux cultures différentes, américaine et européenne. Et quand on sait que les USA dans les années 80 voyaient l'une des scènes Punk Hardcore les plus importantes de l'Histoire prendre son essor et le Heavy toujours rivaliser en vitesse et en brutalité (le fameux Speed Metal), accouchant du Thrash Metal sur sa route, il ne faut pas s'étonner que dans sa recherche de puissance le Power Metal naissant se soit façonné avec plus d'agressivité là-bas que chez nous, où les vocaux et l'aspect plus mélodique, hérité de JUDAS PRIEST et IRON MAIDEN, ont donné une version plus empreinte de classicisme, poussant là une tendance qu'on commençait à observer dans le bagage des guitaristes anglais et surtout allemands. D'un côté vous aurez VICIOUS RUMORS, de l'autre côté de l'Atlantique HELLOWEEN.

Nous sommes naturellement plus familiers avec ce dernier héritage, mais n'oublions pas donc cette scène américaine, qui a peiné à obtenir le même retentissement en Europe, exception faite de ICED EARTH, purement ancré dans sa scène jusqu'à "Burnt Offerings", avant de devenir une sorte de chaînon manquant entre les deux chapelles, "Horror Show" finissant par sonner comme du Power européen. Ce Heavy Thrash comme on a pu le dénommer plus ou moins justement (mon pote Destroyer se rappelle très bien quand il était animateur radio dans les années 80 qu'on qualifiait "Walls Of Jericho" de Thrash mélodique, ce qui doit pour boucler le sujet vous faire relativiser sur l'importance et les limites de la classification par genre).

Tout ça pour vous parler de PALADIN, ce combo d'Atlanta qui vient rappeler, avec une production léchée à l'européenne, mais bien 'in your face', qu'il n'est pas venu pour plaisanter. Solidement ancré dans son pays, il présente un Power certes gourmand (et gourmet, les soli de guitare sont presque tous soignés dans leurs mélodies) en mélodies accrocheuses, à l'image du premier titre "Awakening" qui vient réveiller les morts avec son lead de guitare et cette rythmique massive à la CAGE. Ce qu'on remarque très vite, c'est que le jeune PALADIN est acéré, n'hésitant pas à user d'un chant extrême, mieux intégré que chez un BRYMIR par exemple, le quartette restant plus homogène en termes de style. Il faut dire que Taylor Washington n'est pas tout à fait un rigolo, puisqu'alors qu'il sortait "Ascension" avec PALADIN, il intégrait ARSIS, la remarquable formation Melodeath, réputée pour demander un gros niveau technique.

Là où on observe ses dernières années une récupération par le Heavy Metal de ce que le Mélodeath lui a pris pour en faire sa sauce (à l'image du brillant UNLEASH THE ARCHERS), PALADIN reste assez serré sur son giron, délivrant de la rythmique qui découpe, du riff tranchant comme un rasoir, des vocaux qui se démarquent, ne donnant pas dans les hurlements agressifs trop courants chez les vocalistes américains du style (comme 3 INCHES OF BLOOD dont PALADIN est très proche musicalement). Taylor possède un chant puissant c'est indéniable, porté sur la mélodie, avec un vibrato qui me rappelle celui de Fabio Lione.

Onze titres, dont il ne se dégage pas particulièrement une suite de hits, mais une cohérence, une patate qui prend l'auditeur à la gorge et qui ne desserre son étreinte qu'une fois les six minutes trente de "Genesis" écoulées. On pourrait avoir peur de la saturation, comme c'était le cas de CAGE sur "Ancient Evil", qui mérite bien plus d'attention qu'il n'en avait reçu à cause de ça. Mais PALADIN reste pur, n'est jamais mièvre, ne tombe pas dans la tentation de la ballade, et dégage la sensation que de toute façon c'est pas son truc, s'autorisant même quelques blasts au passage.

Pour un premier album, c'est un sans-faute, "Ascension" est solide du début à la fin. Il faudra en revanche davantage de titres à la "Awakening" ou "Bury The Light" histoire que les metalheads aient quelque chose à fredonner en live. En attendant, rien ne peut vous empêcher d'aller apprécier cette pépite de puissance, largement à même de trôner aux côtés du FROZEN CROWN sorti la même année, histoire d'avoir un bon aperçu du Power Metal en 2019, qui contrairement à ce qu'on dit bien trop souvent, a la capacité à se renouveler, pour peu qu'il accepte de jouer un peu avec ses codes.

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   JEFF KANJI

 
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- Taylor Washington (chant, guitare)
- Alex Parra (guitare)
- Andy Mcgraw (basse)
- Nathan Mckinney (batterie)


1. Awakening
2. Divine Providence
3. Carpe Diem
4. Call Of The Night
5. Black Omen
6. Fall From Grace
7. Bury The Light
8. Shoot For The Sun
9. Vagrant
10. Dawn Of Rebirth
11. Genesis



             



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