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- Membre : Soilwork, Megadeth

MORTUARY - The Autophagous Reign (2019)
Par NEURO6 le 15 Septembre 2020          Consultée 543 fois

Depuis trente ans, les Nancéiens MORTUARY creusent mécaniquement nos tympans telle une haveuse à percussion dans les entrailles de la Terre. Le groupe, qui figure parmi les formations de Metal extrême les plus anciennes du pays, est solidement ancré dans la scène musicale lorraine et nancéienne (ils font partie du patrimoine local, au moins au même titre que la place Stanislas et la tarte aux mirabelles !) : le guitariste Alex’ Baudin a découvert le groupe lors de la fête de la musique à Nancy en 1990 avant de le rejoindre en 1994. On trouve même en ligne un enregistrement d’un concert à Jarny en 1992(*) ! Dans le genre, en France, c’est presque de l’archéologie. Le quintet est ainsi suivi par un public fidèle. Toutefois, force est de constater que le groupe est parfois passé sous les radars et ce de manière injuste au regard de la qualité de son parcours. Fondé en 1989, le groupe ne pouvait donc pas passer à côté de la sortie d’un album-anniversaire en 2019. Les cinq bonhommes ont donc mis les petits plats dans les grands avec "The Autophagous Reign" (leur sixième opus) publié par le label français Xenokorp, qui espère bien propulser les Lorrains vers des cieux plus lumineux. Dans tous les cas, l’album demeure bien dans la veine Death Thrash qui fait la renommée de MORTUARY. Trois décennies n’ont en effet pas suffi pour adoucir le quintet nancéien. Au contraire, l’album impose trois quarts d’heure de démolition en règle et de dévastation clinique. Et c’est absolument jouissif.

Doté d’une production aux petits oignons assurée au Hertz Studio en Pologne (le studio des frères Wieslawski qui travaillent, entre autres, avec VADER, BEHEMOTH ou encore HOUR OF PENANCE), l’album se compose de onze titres. Il faut dire que le groupe a pris du galon ces dernières années, avec un passage au Hellfest en 2017 et une tournée en 2018 avec VADER et ENTOMBED AD. Cela coïncide avec la stabilisation du line-up depuis quelques années. Autour des vétérans Jean-Noël Verbecq (basse) et Patrick Germonville (chant), fondateurs du groupe, et du guitariste Alexis Baudin arrivé en 1994, se sont greffés Yohann Voirin (batterie, depuis 2010) et Bastien Legras, dernier arrivé en 2017 (guitare).
On sent l’énorme travail derrière la composition et la production de cet album, puisque rien n’est laissé au hasard. Le passage au studio offre un son moderne, un Death Thrash équilibré et technique, héritier des Polonais de VADER pour l’agressivité et le tempo, et dont les sonorités sont aussi à rapprocher de HATESPHERE ou de DEICIDE. En bref, l’hybridation entre Death et Thrash est bien réussie, le groupe ne tombant jamais dans la caricature de l’un ou l’autre genre. La batterie ne blaste pas à outrance et demeure très bien accompagnée par la basse, tandis que les riffs apportent de la mélodie aux compositions ("The Sapiens Order", "Recycled"). Les solos viennent atténuer la fureur, comme sur "Disposable" ou le monstrueux "Eternal". Enfin, le chant hargneux du taulier Pat’ Germonville porte l’ensemble de manière très réussie.

Le digipack, lui aussi, n’a pas été laissé au hasard. L’artwork de Lukasz Jaszak est bourré de détails en rapport avec les thématiques abordées dans l’album : le consumérisme et la surproduction capitaliste qui nous conduisent droit dans le mur (images d'émeutes et de mort, primauté de la finance et rôle complice des médias). Le digipack contient également une carte avec un code de téléchargement et, bonus ultime dont j’ai eu la chance de bénéficier, il s’accompagnait d’un petit mot de remerciement manuscrit. Classe.

L’album démarre pied au plancher, et ce rythme infernal ne baissera quasiment pas durant toute sa durée. Le premier titre, "Delate/Replace", dévaste tout sur son passage avec son format coup de poing (deux minutes). Ce morceau est aussi le premier dans le parcours du groupe à faire l’objet d’une vidéo (**) (réalisée par Davy Letzien) afin d’accompagner la sortie de l’album. Un clip sans prétention, mais on sent que les membres ont conservé toute leur rage de jeunesse et leur passion ! Il faut dire que les thématiques abordées dans cet album invitent à la fureur. Sur le morceau d’ouverture, il est question de l’impitoyable mécanique du travail dans laquelle la masse laborieuse est enfermée. « Supprimé/remplacé » : c’est le sort du salarié lorsque la machine s’emballe au profit de la rentabilité économique. D’autres sujets sont ainsi évoqués frontalement : les inégalités de richesses, les atteintes à l’environnement, bref, cela sent bon l’effondrement !

Outre les groupes du genre auquel MORTUARY est volontiers rapproché, certains titres évoquent d’autres influences, comme "A Curse In Disguise" et son riff qui pourrait être emprunté au répertoire de SLAYER, ou encore "Recycled" qui rappelle quant à lui du MOTÖRHEAD gonflé à la nitroglycérine. Toutefois, le groupe ne tombe jamais dans l’outrance en préférant l’efficacité à la démonstration technique. C’est le cas de "Memorial In Vivo" qui débute par quelques notes au piano assurées par Noémie Bourgois. Rassurez-vous, pas de quoi baisser la tension. Ce détour perfide n’est qu’un prétexte pour relancer les hostilités et envoyer deux mégatonnes de purée supplémentaire afin de préparer la clôture de l’album. Avec le très court "Cheptel" (moins de deux minutes), chanté intégralement en français, et "Monuments", à l’efficacité clinique (et qui compte lui aussi des paroles en français), MORTUARY nous termine pour de bon.

Après s’être relevé de cette véritable claque, que retenir de "The Autophagous Reign" ? C’est un album solide, excellemment produit. On sent qu’il émane d’une bande de passionnés et que rien n’est vraiment laissé au hasard. En cherchant bien, on peut y relever un léger bémol : en progressant dans l’album, la longueur des titres va croissant (deux morceaux de plus de sept minutes dans les trois dernières pistes) ; peut-être aurait-il fallu conserver le format compact des premiers morceaux (trois à cinq minutes) ou revoir l’ordre de la tracklist pour maintenir la tension tout au long de l’album. Mais c’est du détail de puriste, car MORTUARY a certainement produit l’un des meilleurs albums du genre de l’année 2019.
Et si la pandémie est venue foutre le bordel dans la tournée de promotion de cet album-anniversaire, nul doute qu’à la reprise des hostilités, les fosses se transformeront en véritables boucheries ! De quoi assurer, en plus d’une reconnaissance légitime déjà acquise, une renommée égale à la qualité de leur musique ? Il n’est jamais trop tard.

Morceaux choisis : tout est bon dans le MORTUARY ! Mais pour se faire une idée, jetez une oreille sur "The Sapiens Order" et sur "Eternal".

(*) [https://youtu.be/g2F5JPQBwME]
(**)[https://youtu.be/6PcijMWNnSY]

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- Patrick Germonville (chant)
- Jean-noël Verbecq (basse)
- Alexis Baudin (guitare)
- Bastien Legras (guitare)
- Yohann Voirin (batterie)


1. Delete/replace
2. The Sapiens Order
3. A Curse In Disguise
4. Dominate Modus Operandi
5. Disposable
6. Eternal
7. Onwards To The Terminus
8. Recycled
9. Memorial In Vivo
10. Cheptel
11. Monuments



             



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