Recherche avancée       Liste groupes



      
DEATH METAL  |  E.P

Lexique death metal
L' auteur
Acheter Cet E.P
 


 

- Membre : Hate Eternal
 

 Bandcamp (8)

J.j. HRUBOVCAK - Death Metal Christmas - Hellish Renditions Of Xmas Classics (2013)
Par T-RAY le 25 Décembre 2018          Consultée 466 fois

Im-pro-ba-ble ! Comment qualifier autrement l'initiative de J.J. Hrubovcak, bassiste d'HATE ETERNAL, lorsqu'en 2013, le bonhomme décide de s'attaquer, en solo, à un E.P. reprenant, à la mode Death Metal, de grands classiques des chants et musiques de Noël ? Et pourtant, c'était évident : les Amerloques sont les champions des purs produits commerciaux merdiques que sont en général les albums de reprises de Noël. Des disques qui n'apportent jamais rien au schmilblick sinon un paquet de pognon à ceux qui les sortent, et pas un rond aux ayant-droits, les chants en question étant tellement antédiluviens qu'il n'y a de toute façon aucun ayant-droit qui vive à deux siècles à la ronde, ou presque.

J.J. Hrubovcak est Américain, lui aussi, malgré son patronyme qui traduit une immigration familiale en provenance d'ex-Tchécoslovaquie. Il ne pouvait donc qu'avoir un rapport moins conflictuel que nous, Européens, à ce type de produit qu'est le disque de Noël. Sauf que… Sauf que le bonhomme est surtout un musicien de Death Metal et a, par définition, un regard distancié au moins, sarcastique au mieux sur cette tradition si chère aux bigots de service et aux maisons de disques. Il ne pouvait donc que produire un ouvrage fatalement différent, dans l'esprit comme dans le son, des sempiternels albums de ce type.

Résultat ? "Death Metal Christmas - Hellish Renditions Of Christmas Classics". Un E.P. plutôt qu'un album, donc, format on ne peut plus suffisant pour faire le buzz et adéquat pour ne pas diluer la qualité du travail fourni. Car il en fait, du taf, sur ce disque-là, l'ami J.J. ! Il joue même de tous les instruments ! Quand on vous dit que les bassistes ne choisissent pas cet instrument par défaut (enfin, pas tous) et que ce ne sont pas des jean-foutre (enfin, pas tous) ! Parenthèse private joke refermée (big up à tous les bassistes de mon entourage !), force est de constater que cet enregistrement tient la route sur toute la ligne. Qu'il s'agisse de composition - ou plutôt d'arrangement - comme d'interprétation.

Hormis les vocaux, de très bonne qualité, assurés par son frère Mike, membre de MONSTROSITY et de VILE, J.J. HRUBOVCAK fait tout et s'avère excellent même là où l'on ne l'attendait pas. Aux guitares – pas si surprenant que cela – et à la batterie – un peu plus étonnant – derrière laquelle il nous gratifie de fills réussis, qui fusent de toutes parts sans jamais tomber à plat. Il faut entendre sa performance sur ce morceau traditionnel qu'est "Greensleeves", qui s'accommode à merveille à la sauce Death Metal, pour le constater. Ce titre-là et l'autre instrumental du disque, "Nutcracker: Dance Of The Sugar Plum Fairy", certainement l'extrait le plus fameux du ballet "Casse-Noisette" de Piotr Ilyich TCHAIKOVSKY, ne sont pourtant pas ceux qui profitent le plus de ce passage à la moulinette Death.

En effet, s'ils sont indéniablement réussis et fidèles aux versions originales (enfin, le terme “original” est à relativiser pour "Greensleeves" tant le morceau est ancien et a connu des centaines de versions), ils le sont un peu trop, en réalité. Ils ne sont pas suffisamment transformés pour être transfigurés. La tonalité de la "Danse De La fée Dragée" issue de "Casse-Noisette" n'a pas été trop altérée et le morceau n'est pas soumis aux dissonances du Death Metal autant qu'on le souhaiterait. En d'autres termes : J.J. Hrubovcak est resté dans la droite ligne de la partition d'origine et du côté “néoclassique” du thème de TCHAIKOVSKY, avec toute la prudence qu'implique ce terme s'agissant du compositeur russe.

On le comprend un peu, J.J. : un monument si prestigieux et superbe que ce morceau est difficile à déboulonner ne serait-ce qu'un petit peu. Le multi-instrumentiste parvient à se détacher davantage du matériau original de "Greensleeves", en particulier pour ce qui est des soli, franchement distordus et parfois dissonants comme il faut, mais pas pour la si célèbre mélodie de guitare principale, ce qui donne à sa version un côté Death/Folk assez savoureux, finalement. Non, ce sont véritablement les titres chantés – ou plutôt growlés – qui sont les plus (et les mieux) réinterprétés sur ce "Death Metal Christmas - Hellish Renditions Of Christmas Classics".

Déjà, même si l'on décèle encore très clairement la mélodie originale de "God Rest Ye Merry Gentlemen" derrière "Unrest For Melancholy Men", le traitement Death Metal est bien plus franc sur ce morceau, qui s’y prête très bien de toute façon, sa tonalité La mineur étant relativement courante dans le Metal. De plus, le mélange des guitares grasses et downtuned de J.J. et des vocaux caverneux de Mike offrent au titre une dimension inquiétante naturellement absente de ce classique du chant de Noël. Mais ce n'est rien à côté de l'ambiance Death/Doom de "Earthen Kings", arrangement réussi du "We Three Kings" composé par le diacre américain John Henry HOPKINS JR. au milieu du XIXème siècle.

Ce morceau-là et celui qui conclut l'E.P., "O Come, O Come, Azrael", détournement peu subtil mais très à-propos du titre du chant "O Come, O Come, Emmanuel", sont indéniablement les deux réussites majeures de cet E.P. déjà plus que satisfaisant dans l'ensemble. L'un comme l'autre transpirent la menace et la malveillance, retournant complètement sur lui-même l'esprit des deux cantiques sur lesquels ils s'appuient. Nonobstant le fait qu'ils sont ceux qui laissent le plus de place aux dissonances (sans qu'elles prennent toute la place non plus), "Earthen Kings" et "O Come, O Come, Azrael" sont les plus authentiquement Death dans l'approche, musicale comme textuelle.

Perversion, souffrance, malheur, etc. : ils portent en eux ce que le Death peut colporter de plus antithétique aux chants de Noël. Et c’est peut-être la plus belle réussite de J.J. HRUBOVCAK sur cet inattendu E.P. : avoir réinterprété l'esprit et l'atmosphère même de tels morceaux en plus d'en avoir réarrangé la musique et réécrit les textes. Gloomy Christmas!

A lire aussi en DEATH METAL par T-RAY :


CARNATION
Chapel Of Abhorrence (2018)
Stockholm et Buffalo rebâties en Flandre.




HATE ETERNAL
King Of All Kings (2002)
Souveraineté assurée !

(+ 1 kro-express)

Marquez et partagez




 
   T-RAY

 
  N/A



- Mike Hrubovcak (vocaux)
- J. J. Hrubovcak (tout le reste)


1. Unrest For Melancholy Men
2. Earthen Kings
3. Nutracker: Dance Of The Sugar Plum Fairy
4. Greensleeves
5. O Come, O Come, Azrael



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod