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DJENT / DEATHCORE  |  STUDIO

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VEIL OF MAYA - False Idol (2017)
Par PINPIN le 4 Avril 2018          Consultée 968 fois

L’autre jour, j’écoutais deux metalleux déblatérer sur l’utilité toute relative de la critique Metal à l’ère du streaming où n’importe qui a la possibilité d’écouter instantanément tout ce qu’il veut et se faire sa propre idée. Méditant dessus, je ne voyais a priori qu’une objection à cet argument : aider le lecteur à découvrir de la musique. Proposer des groupes et des albums ignorés, réhabiliter des groupes dont la réputation est mauvaise à cause de débuts difficiles, voilà une utilité potentielle de la critique.

C’est pourquoi je voulais vous parler d’un groupe qui vient d’achever sa mue avec un album formidable, VEIL OF MAYA. Tout était à craindre pourtant, l’identité du groupe était en péril. Le nouveau chanteur arrivé sur l’album précédent ayant provoqué quelques réactions épidermiques des adeptes du "c’était mieux avant", il devenait difficile de prévoir comment VEIL OF MAYA allait réagir. Pour simplifier à l’extrême VEIL OF MAYA était à ses débuts une sorte de BORN OF OSIRIS, puis avec "Matriarch" l’influence de PERIPHERY a déboulé sans prévenir et était sans doute un peu trop marquée. Aucun artiste n’invente sa musique hors-sol, mais cette constante comparaison aux patrons du Djent devenait pénible et il était évident que VOM devait se tirer de cette ornière.

« Deviens ce que tu es », cette injonction nietzschéenne - tout ce qu’il me reste de la philo de terminale – est plutôt bien mise en œuvre par VOM avec cet album. D’où le fait que le groupe garde une facette rythmique très prononcée : ça secoue fort avec des "chugs" de guitare très lourds, ça secoue aussi dans tous les sens avec des polyrythmes efficaces et groovy ainsi qu’une utilisation importante de la spatialisation. Pour ne pas rester dans ce registre aussi jouissif que bête (très important pour la fosse des concerts), VOM intègre des aspects mélodiques divers. On a droit aux refrains certes faciles mais si accrocheurs et mémorables qu’on ne leur en veut pas. On a droit à des riffs originaux et à un travail sur les sons de gratte très intéressant, à du talent de guitariste aussi. Et pour lier la sauce, on a droit à des claviers programmés placés avec minutie qui renforcent les compositions sans les surcharger. Leurs sonorités sont très bien choisies, en effet un clavier sirupeux a la capacité de ruiner un morceau en le rendant trop doucereux, ici ce sont plutôt des sonorités vieillottes et mélancoliques qui ont été utilisées. En fin de compte, le chant clair de Lukas Magyar est largement suffisant pour l’aspect mielleux.

En mariant tous ces éléments, la musique n’est plus descriptible par de simples étiquettes comme "Deathcore" et VOM quitte son statut de suiveur, enfin VOM fait du VOM ! Le plus cocasse c’est que cet album m’a aidé à mieux comprendre les intentions du précédent, j’y ai redécouvert quelques subtilités, comme quoi parfois les groupes ont deux longueurs d’avance. Parmi les albums de 2017, je note un lien entre "False Idol" et le "Hikari" de OCEANS ATE ALASKA, une volonté de mélanger du Metal moderne et de la Pop tout en conservant un très haut niveau technique et une brutalité non-négligeable. Je crois voir se dessiner depuis peu une nouvelle vague de Djent dans laquelle les groupes ont des identités beaucoup plus marquées ; rien qu’en citant les dernières sorties de NORTHLANE, VEIL OF MAYA, POLARIS, CURRENTS, AFTER THE BURIAL ou des petits nouveaux comme The DALI THUNDERING CONCEPT et LOATHE, il est clair que la scène est moins homogène qu’au début des années 2010, ce qui est bon signe.

"False Idol" innove, renouvelle et s’amuse avec le style de VEIL OF MAYA tout en maîtrisant sa nouvelle recette. Un excellent cru, recommandé chaudement par la maison, toujours dans un esprit de découverte - je sais pertinemment que VOM n’est pas pour tout le monde.

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- Lukas Magyar (chant)
- Marc Okubo (guitare)
- Danny Hauser (basse)
- Sam Applebaum (batterie)


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