Recherche avancée       Liste groupes



      
AMBIENT  |  STUDIO

Commentaires (3)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


AGHAST - Hexerei Im Zwielicht Der Finsternis (1995)
Par POSSOPO le 18 Juillet 2006          Consultée 3046 fois

AGHAST. Le nom est bien trouvé, le clin d’œil peut-être involontaire mais sympathique. Il évoquera chez quelques-uns un obscur dieu sumérien, la 432ème des 666 abysses ou un monstre bicorne des marais. Que nenni. Aghast est en fait un vulgaire nom commun et signifie en langue anglaise atterré, pantois, plus probablement frappé d’horreur dans le contexte qui nous intéresse. Mais le préjugé reste plus positif que face à un groupe qui aurait choisi Distressed, Horrified ou Disturbed (tiens donc) comme patronyme. La suite est moins chouette, un titre tel que «la sorcellerie au crépuscule de l’obscurité» faisant de prime abord plutôt sourire. Et puis, le cd posé sur la platine, le bouton lecture enclenché, l’envie de se moquer disparaît bien vite. Non pas qu’un soudain frisson vous glace l’échine, mais l’atmosphère s’assombrit rapidement, la musique prend ses aises et vous invite à une célébration mystérieuse qu’il vous sera bien difficile de décliner après seulement quelques minutes de cette bande originale d’un curieux rite néo païen.

L’identification du décor relève de l’évidence. Une forêt de conifères sous une nuit de lune froide, les petits êtres sylvestres ont déserté l’endroit à l’arrivée des…sorcières. Le paysage sonore se veut constamment minimaliste, nous baignons dans un dark ambient total, à la dynamique monotone, presque absente. Les instruments ne font pas grand-chose, dira-t-on vulgairement, ils tissent cependant une toile suffisante pour capturer l’auditeur et le plonger dans une étrange humeur. Les maîtresses de cérémonie se chargent alors de guider les pas de ce dernier dans ce qui s’apparente à un rituel initiatique. Psaumes diaboliques, rires sardoniques, murmures angoissants, litanies inconnues, les voix planent en tous sens sans jamais définir clairement leurs positions. Je dis diabolique mais AGHAST ne joue pas sur ce terrain très emprunté par les artistes noirs norvégiens. Il est ici question d’angoisse, une angoisse qui ne correspond qu’à l’unique protection de ces magiciennes incomprises contre l’ignorance humaine et sa détestation des anciennes croyances. Une angoisse que l’auditeur intelligent saura dompter pour accepter finalement de se faire envoûter par cette danse fantomatique, un brin naturaliste et fort différente des classiques images gothiques colportées depuis la publication du fameux Château d’Otrante jusqu’aux dernières œuvres cinématographiques de Jean Rollin et, parlons metal, CRADLE OF FILTH.


Les clichés s’accumulent. Un des microphones utilisés lors de l’enregistrement de Hexerei Im Zwielicht Der Finsternis aurait appartenu à Dead, feu vocaliste de MAYHEM, les membres du groupe, par ailleurs ex-épouses de Samoth et Fenriz, se font nommer les sorcières Nacht et Nebel, l’anglais et l’allemand sont utilisés à tour de rôle. Pourtant, s’il aurait été judicieux d’utiliser ces quelques informations pour se moquer d’un projet bancal et inutile, AGHAST fait taire les railleries par la qualité de ses compositions qui forment un ensemble homogène, espèce de musique liturgique du Wicca, cette quasi-religion, survivance moderne de l’ancien culte secret des sorcières. Un Wicca noir corbeau, au rimmel qui déborde mais nullement risible.

A lire aussi en AMBIENT par POSSOPO :


MÖEVÖT
Abgzvoryathre (1993)
Grumuk putrido trimtrok broubrou




VINTERRIKET
Horizontmelancholie (2009)
Enfin du nouveau et un accouplement réussi !


Marquez et partagez




 
   POSSOPO

 
  N/A



- Andrea 'nebelhexe' Haugen
- Tanja 'nachthexe' Stene


1. Enthrall
2. Sacrifice
3. Enter The Hall Of Ice
4. Call From The Grave
5. Totentanz
6. The Darkest Desire
7. Das Irrlicht
8. Ende



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod