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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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PINK FLOYD - Atom Heart Mother (1970)
Par DARK BEAGLE le 26 Avril 2024          Consultée 1015 fois

La pochette est originale. Cette vache au milieu de son champ qui regarde l’objectif du photographe donne un aspect champêtre à cet album qui ne l’est pas tant que cela, cependant. Il s’agit encore d’une création du studio Hipgnosis, qui innove cette fois-ci en ne mentionnant pas le nom du groupe sur le visuel, ce qui deviendra quelque chose d’assez habituel pour la formation dans les années 70. Cinq morceaux dont deux instrumentaux vont composer ce disque, et parmi eux une pièce de vingt minutes qui aujourd’hui est complètement désavouée par deux de ses géniteurs (Gilmour et Waters).

Il faut dire que le title track est une monstruosité pompeuse, boursoufflée, mais étrangement addictive et accrocheuse. Elle a été composée par l’ensemble des musiciens ainsi que par Ron Geesin, qui faisait de la musique contemporaine. Cela pourrait s’apparenter à une union contre-nature, entre cette approche classique ponctuée par des cuivres imposants et la facette Rock délivrée par PINK FLOYD le long de six mouvements qui s’enchaînent parfois au petit bonheur la chance.

Ce sont réellement les enchaînements qui se veulent le plus grossier sur cette longue pièce qui emprunte encore largement au psychédélisme de "Ummagumma" – de façon plus maîtrisée toutefois – et qui conduit doucement vers quelque chose de plus épique, prêt à vous dresser les poils sur les bras. Les premiers instants ne sont pas les plus flatteurs, ils rappellent encore bien trop les expérimentations parfois douteuses de l’opus précédent, puis arrivent ces cuivres majestueux et là, PINK FLOYD nous conduit ailleurs, vers quelque chose de plus abouti, conservant cet aspect spatial qui leur est encore propre.

Les mouvements se succèdent donc, le clavier de Wright est très présent, il joue les coordinateurs entre les cuivres et le reste du groupe, il crée également le terreau pour ces chœurs, féminins et masculins qui nous conduisent ailleurs et qui fonctionnent très bien dans cette longue pièce dont le thème principal semble d’une simplicité déconcertante tant il est aisé de le siffloter une fois que l’on a compris sa mathématique. Cela contribue à en faire sa force car le groupe semble faire en sorte de mettre sa créature à la portée de chacun.

Son statut d’instrumental lui sied parfaitement. Si les chœurs s’insèrent plutôt bien dans l’ensemble, des lignes de chant auraient pu faire l’effet d’une vilaine verrue sur un visage angélique. Pour l’anecdote, ce morceau n’a longtemps eu qu’un titre de travail (assez débile) et Waters s’est retrouvé pris de cours quand un animateur radio lui demandait ce qu’il devait annoncer comme nom alors qu'ils devaient l'interpréter live à la BBC. En épluchant le journal, il est tombé sur un article racontant qu’une femme venait de se faire greffer un pacemaker au plutonium 238 qui titrait « Atom Heart Mother Named ». Son choix était fait, le reste rentrait dans la légende.

Si PINK FLOYD propose une facette plus avant-gardiste ici, le reste de l’album ne sera pas du même acabit. Là, nous nous retrouvons face à la tare de disques tels "Tarkus" de EMERSON, LAKE & PALMER ou encore "2112" de RUSH : un morceau-titre fleuve et souvent passionnant qui vient phagocyter le reste de l’ouvrage par sa classe et son inspiration débridée, encore vierge de tout carcan commercial imposé par des maisons de disques ou non. La seconde face va donc souffler le chaud et le froid, les compositions présentes connaissant des fortunes diverses.

Commençons par "Alan’s Psychedelic Breakfast", qui ferme cet "Atom Heart Mother". Disons-le carrément, c’est bien qu’il soit à la fin, cela permet de facilement sauter ces treize minutes pour le moins inutiles, qui proposent une petite mélodie au piano, reprise à la guitare, entrecoupée de speeches d’un certain Alan Styles, un roadie, qui prépare son petit déjeuner. Nous entendons distinctement de l’eau qui goutte, des œufs en train de frire et en fait, nous sommes devant de l’ASMR à peine déguisée. Mais c’est tout de même long treize minutes pour parler du petit déjeuner quand on a toutes les chances de s’endormir là-dessus. Surtout quand comme moi l'ASMR vous énerve plus qu'autre chose.

Autre déception, "Fat Old Sun" ne voit pas Gilmour renouer avec l’aspect Heavy qu’il avait su développer sur "The Narrow Way" lors de sa partie de "Ummagumma". Au contraire, nous l’entendons tâtonner dans ce qui sera son style caractéristique par la suite, aérien, fait de longues notes qui ne semblent plus finir. Ici, cela est encore au stade d’ébauche, cela n’a rien à voir avec ce qu’il réalisera dès l’opus suivant. Une petite chanson trop tranquille, qui n’apporte rien de bien consistant en définitive.

Grosso modo, la facette Rock sera la grande absente de la face B de l’album, qui voit les musiciens plutôt emprunter des chemins entre la Folk et la Pop, avec plus ou moins de réussite. Si "If" est une petite ballade assez tranquille, c’est "Summer ’68" qui se montre la plus intéressante, avec ce côté déstructuré voulu par Wright qui fonctionne très bien. Nous pouvons être étonnés par la présence de cuivres, mais cette fois-ci, ils se veulent synthétiques, le claviériste étant parvenu à reproduire leur son caractéristique en lui enlevant sa chaleur. Cela vient créer un contraste avec les chœurs qui pourraient être des BEACH BOYS avant que le groupe n’attaque en accentuant le propos. Très certainement le morceau avec le title track qui propose la fibre la plus Progressive sur ce disque.

Avec "Atom Heart Mother", nous naviguons entre d’excellentes idées et des passages d’une fadeur confondante. PINK FLOYD étale son inspiration sans toutefois réellement parvenir à la canaliser, ce qui fait qu’il part dans tous les sens. Certains titres méritent d’être découverts en live ("Fat Old Sun" prend alors une toute autre dimension, avec un feeling monstrueux qui lui manque ici), d’autres seront sujets à discussion. "Atom Heart Mother", à l’instar de son grand frère, est un album qui divise les fans, qui souvent ne retiennent que la pièce inaugurale et étrangement, la dernière (alors que ceux-ci m’excusent, mais ça fait des années que j’essaie, sans parvenir à trouver le bon angle d’approche).

Alors est-ce un chef d’œuvre ? Un opus surestimé ? Je le vois personnellement comme un disque peut-être un peu prétentieux, mais nécessaire pour la suite, pour tourner la page du Psychédélisme pur et dur pour entrer de plein pied dans ce Rock planant et souvent froid, qui fera naitre bon nombre de vocations par la suite et dont la plupart des albums post "Atom Heart Mother" deviendront des classiques du genre, parfois à leur simple échelle, parfois dans des proportions qui dépassent l’entendement. Un disque charnière donc, tout en étant un terrible bouillon de culture d’où PINK FLOYD prendra le meilleur.

Note réelle : 3,5/5.

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   DARK BEAGLE

 
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- Roger Waters (chant, basse)
- David Gilmour (chant, guitare)
- Nick Mason (batterie)
- Rick Wright (chant, claviers)


1. Atom Heart Mother
- father's Shout
- breast Milky
- mother Fore
- funky Dung
- mind Your Throats Please
- remergence
2. If
3. Summer '68
4. Fat Old Sun
5. Alan's Psychedelic Breakfast
- rise And Shine
- sunny Side Up
- morning Glory



             



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