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PINK FLOYD - Ummagumma (1969)
Par DARK BEAGLE le 24 Avril 2023          Consultée 1867 fois

Si ma mémoire est bonne, mon premier contact avec "Ummagumma" se fit au travers un habile détournement de la pochette par Gotlib pour les besoins de "Hamster Jovial". J’avais perdu une grosse part d’innocence un peu plus tôt avec "Pervers Pépère" et cette fausse jaquette m’avait pas mal marqué. Je n’ai eu aucun mal à la reconnaître plus tard, chez un disquaire, même si la version concoctée par les studio Hipgnosis se veut bien plus sage, avec cette espèce de mise en demeure qui se répétait de tableau en tableau, la place des musiciens bougeant à chaque fois. Gilmour est au premier plan, comme pour confirmer qu’il est bel et bien le remplaçant définitif de Syd Barrett.

Deuxième album à sortir en 1969 ("More" étant en réalité une B.O de film que je disséquerai plus tard et qui datait des mêmes sessions d’écriture), "Ummagumma" est bien plus difficile d’accès. On pourrait même avancer qu’il est complètement hermétique tant il est barré, laissant une très grande place à l’expérimentation et, au final, assez peu au travail mélodique. Quand on pense au PINK FLOYD de cet album, nous ne pouvons pas réfléchir en termes de chansons, mais clairement en termes de compositions, voire de pièces musicales. Un copain me le résumait souvent comme étant un sacré bordel sonore ; autant dire qu’il ne l’appréciait pas beaucoup.

Il faut dire que le format est assez bâtard, surtout aujourd’hui. D’un côté, il y a l’album tel quel, de l’autre, un second vinyle présentait le groupe en live pour quatre titres. Commençons par celui-ci justement. Il faut reconnaitre à PINK FLOYD un don pour parfaitement restituer l’aspect spatial de sa musique sur scène. Cela manque peut-être de feeling tant tout semble parfaitement à sa place (cette précision dans la batterie : tout en minimalisme, mais intervenant toujours de façon parfaite afin de donner du corps aux lignes mélodiques restituées par Gilmour et Wright), mais cela demeure accrocheur, même dans ses moments les plus barrés ("Careful With That Axe, Eugene", avec ses cris qui interviennent et qui apportent une tension nouvelle alors que la musique s’obscurcit). La basse de Waters ronfle doucement, elle est bien présente, venant donner de la substance à l’ensemble.

Et c’est à un véritable voyage cosmique où nous sommes conviés. Ou à un trip sous acide, c’est selon. Le chant, rare, contribue à cette sensation de plonger vers l’inconnu, dans une direction choisie par les musiciens qui sont très pro, très carré, ils maîtrisent leur univers planant et le public se laisse prendre au jeu, il est présent, nous l’entendons bien qu’il soit un peu en retrait (qui a dit : « ou trop défoncé ? »). Pendant longtemps, le premier disque de "Ummagumma" a été le seul témoignage live de PINK FLOYD, aussi reste-t-il pour beaucoup de puristes leur meilleur. Sans aller aussi loin, je dirai qu’il tourne la page Syd Barrett avec beaucoup d’élégance, comme s’il était un hommage à l’ancien guitariste de la formation ; ce qu’il est, quelque part. Il a comme défaut majeur de ne présenter que quatre morceaux, et pas forcément les plus emblématiques sortis de "Astronomy Domine" et "A Saucerful Of Secrets", pour résumer deux albums.

Après cela, le groupe nous propose son disque studio et là, il y a plusieurs options qui se présentent à l’auditeur : le rejet simple et total, l’écoute circonspecte ou l’adoration immédiate. Les trois options étant parfaitement valables et souvent pour les mêmes raisons. "Ummagumma", c’est un concept simple : chaque membre aura son moment à lui, deux musiciens par face qui proposeront donc chacun un univers qui leur est propre. Et c’est là que ce disque devient particulier, car il s’écarte des plaines Rock pour visiter très fréquemment celles de l’expérimentation tous azimuts. La face A est réservée à Richard Wright et Roger Waters, la seconde concerne donc David Gilmour et Nick Mason, pour des fortunes assez différentes. Et plutôt que de vous faire un track by track des familles, je vais vous contacter un writer by writer un peu plus original.

Commençons donc par le regretté Rick Wright qui livre une prestation instrumentale qu’il qualifiera par la suite de prétentieuse. Il n’est pas le seul à se montrer dur envers cet album, presque tous trouveront à redire de "Ummagumma" – je vous laisse imaginer ou rechercher ce qu’en dit Waters. Et effectivement, il y a de cela dans cette suite assez ambitieuse, où il joue un bon nombre de claviers différents (synthés, Mellotron, piano) ainsi que les diverses percussions qui viennent donner corps à l’ensemble. Et je dois bien avouer que cette introduction héroïque est très plaisante bien que sombre et que c’est un plaisir de la retrouver à la fin du quatrième mouvement. Wright développe une pièce marquée par quelques dissonances qui contribuent à l’aspect sinistre de sa composition et offre une entame pour le moins déroutante. "Sysyphus" a toutefois le mérite de très bien coller au mythe duquel il s’inspire tant Wright nous montre l’inéluctable dès le début et nous ramène à lui après quelques péripéties entièrement musicales qui laissent place à l’imagination.

Waters, lui, va présenter deux morceaux complètements différents, mais qui vont se montrer rapidement agaçants. "Grantchester Meadows" et son ambiance champêtre est plutôt sympathique, mais le chant d’oiseau qui passe en boucle sans la moindre variation tape rapidement sur les nerfs. Et non, je ne suis pas plus citadin que cela. Cependant, sa mélodie simple à la guitare acoustique (assurée par Waters) est plutôt séduisante. En revanche, "Several Species Of Small Furry Animals Et Merde Je n’Écrirai pas la Suite" tient plus du délire barré durant lequel Roger va imiter diverses espèces animales pour finir avec un speech. Presque tout est buccal ici et quand ça ne l’est pas, c’est réalisé à travers différents moyens simples en studio. C’est certes ingénieux, voire avant-gardiste, mais cela reste, en fonction des sensibilités de chacun, une épreuve ou un coup de génie. De mon côté, on est plutôt proche de la première option.

Heureusement, la suite fera un retour vers la mélodie bien que restant très expérimental au niveau des sons. David Gilmour livre une pièce en trois parties qui navigue dans différentes directions. On retrouve bien entendu son jeu aérien, qui sera une des marques de fabrique du groupe, mais il offre sur la deuxième phase de "The Narrow Way" un riff Heavy, Sabbathien en diable, presque incongru au milieu de ce bouillon de culture qu’est "Ummagumma". La troisième partie sera même le seul moment de l’album studio qui sera chantée. Gilmour y met peut-être un peu trop d’emphase, ce n’est pas parfait, mais il produit son petit effet : parce qu’enfin on entend une voix et parce que celle-ci est plutôt agréable à l’oreille. Il n’y a pas la gouaille d’Ozzy ou l’aspect félin de celle de Plant, mais elle correspond parfaitement à la musique développée par le FLOYD. Bref, la face B commence plutôt bien.

Et vous l’aurez compris, c’est Nick Mason qui termine le bal. Ah ! Mason. Pour résumer, on va dire que le sympathique batteur va livrer ce que l’on attend de lui, un véritable cliché puisque "The Grand Vizier’s Garden Party" consiste en un solo de batterie enrobé de nappes de flûte sur les parties un et trois, interprétées par sa femme Lindy. Alors, à titre personnel, je trouve déjà un solo de batterie chiant au bout de deux minutes quand ça part dans tous les sens, alors sur près de neuf minutes avec un jeu basé sur l’économie c’est euh… une expérience. Ce solo a souvent été jugé inutile, cependant je dois admettre que le passage centré sur les dissonances au niveau des rythmiques et des percussions est plutôt intéressant, très ZAPPA dans l’idée, complètement barré, et totalement typique de cet opus qui met en avant les pulsions créatrices de ses géniteurs.

Au final, nous tenons tout de même là un sacré bordel sonore, si vous me permettez l’expression. Totalement culte pour certains, ignoble en puissance pour d’autres, "Ummagumma" ne laisse pas indifférent. Il est aussi légitime de crier à la fumisterie qu’au génie concernant ce disque. Il s’agit un peu d’une exception dans la carrière de PINK FLOYD, un album qui voit chaque musicien pouvant s’exprimer comme il le souhaite, sans restriction, sans qu’aucun autre membre du groupe n’intervienne dans le processus d’écriture de chacun (il semblerait que Waters ait refusé de prêter main forte à Gilmour sur "The Narrow Way"). Cela donne donc un vivier d’expérimentations, ce qui semblait être la motivation première du groupe, mais sans aucune logique d’un morceau à un autre, offrant quelque chose de disparate et d’indéfini.

En revanche, que l’on apprécie ou non "Ummagumma", il est difficile de nier qu’il contient déjà certains des ingrédients qui feront les "Meddle", "Obscured By Clouds", ou encore "Dark Side Of The Moon", cette envie d’explorer, d’aller toujours plus loin en se contrefichant de briser les barrières du Rock. Ça en est, ça n’en est pas, c’est psyché, c’est spatial, ça part dans tous les sens et au final, c’est du PINK FLOYD. Aussi abscons soit-il, "Ummagumma" est un disque charnière, une étape importante dans la carrière des Britanniques tout en étant une véritable anomalie dans leur production. Peut-être pas un chef d’œuvre, mais un jalon important pour le groupe, qui saura en tirer l’essentiel pour apporter des jalons essentiels du Rock Progressif anglais.

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- David Gilmour (chant, guitare)
- Roger Waters (chant, guitare, basse)
- Rick Wright (claviers, percussions)
- Nick Mason (batterie, percussions)


1. Astronomy Domine
2. Careful With That Axe, Eugene
3. Set The Controls For The Heart Of The Sun
4. A Saucerful Of Secrets
- something Else
- syncopated Pandemonium
- storm Signal
- celestial Voices

1. Sysyphus
- part I
- part Ii
- part Iii
- part Iv
2. Grantchester Meadows
3. Several Species Of Small Furry Animals Gathered To
4. The Narrow Way
- part 1
- part 2
- part 3
5. The Grand's Vizier's Garden Party
- part I - Entrance
- part Ii - Entertainment
- part Iii - Exit



             



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