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The GATHERING - Beautiful Distortion (2022)
Par WËN le 8 Juin 2024          Consultée 677 fois

The GATHERING : le beau, l'envoûtant cas, que voilà. Après vingt-cinq longues années dédiées à écumer les scènes, de ses débuts sous le signe d'un Doom/Death plutôt revêche jusqu'à ses récents épanchements totalement orientés Trip Hop/Rock avec ce qu'il faut d'atmosphères planantes héritées de ses réjouissances les plus embrumées de l'ancien millénaire, The GATHERING s'accaparait le Doornroosje (haut lieu des soirées nimégoises) afin de célébrer comme il se doit son quart de siècle, en y réunissant (la plupart de) ses membres historiques. Évènement immortalisé sur son désormais mythique "TG25: Live At Doornroosje", mais à l'issue duquel, malheureusement, la formation ne sut nous proposer autre chose qu'un hiatus discographique d'un durée indéterminée.

Évidemment, l'émotion fut forte, fin 2021, à l'annonce d'un nouvel album (et d'un EP) de la part du combo néerlandais. Et quelles qu'en soient nos attentes, ne boudons pas notre plaisir de retrouver les frères Rutten (guitare, batterie, partis jouer leur Atmo-Dream-Hop chez HABITANTS), de Frank Boeijen (claviers), d'Hugo Prinsen Geerligs (emblématique bassiste de la formation de retour au bercail) et d'une Silje Wergeland (chant) ne demandant qu'à s'exprimer puisque, malgré ce changement de vocaliste entériné depuis dix ans déjà, l'ex-OCTAVIA SPERATI n'avait finalement pu faire danser ses cordes vocales que sur un unique véritable album. Cette décade révolue, les comparaisons avec sa prédécesseuse n'ont donc plus guère lieu d'être d'autant que The GATHERING, depuis son hésitant "The West Pole" (qui succédait au départ d'Anneke Van Giersbergen) mais davantage encore sur la paire "Disclosure"/"Afterwords" (son cadet, garni de réarrangements et d'inédits) qui lui emboita le pas, a également su revoir sa copie pour adapter son Trip Rock atmo à la voix éthérée de la Norvégienne.

Et c'est évidemment la même emphase (poussée à fond) qui prônera du long de ce douzième full-length, ce "Beautiful Distortion" s'accaparant poliment les plans les plus audacieusement planants de quelques-unes des récentes productions du combo, justement reconnues pour leurs vaporeuses et envoûtantes émanations : "Souvenirs" (2003), "The West Pole" (2009) et "Disclosure" (2012) en tête. En résulte, une fort jolie et duveteuse fresque sonore (chacun de ces termes venant d'être consciencieusement soupesé).

Prenez "Black Is Magnified" : des guitares acoustiques naturellement limpides de clarté, une prod aux petits oignons (Attie Bauw). Vous n'êtes pas bien, là, dites ? Même la basse, de son titillement bienvenu, vient se joindre à la danse pour stimuler encore davantage quelques insoupçonnées zones érogènes. Prenez "Grounded", morceau à l'esthétique trempée s'il en est, savoureux dans ses arrangements et ses décrescendos de guitares langoureux, arrivant à vous broyer le cœur par tant de délicatesse dans ses lignes de chant (sur la partie centrale légèrement saturée, lors des mélopées d'intro et de conclusion, ou même lors de quelques réminiscences Pop) ! Parlons-en, d'ailleurs, du talent latent de Silje Wergeland. Certaines lignes vocales sont réellement lourdes d'émotion (les envoûtants susurrements dès l'entame de "In Colour", les interventions qui de leur sensibilité illumineront ces "We Rise", "Black Is Magnified" ou "When We Fall").

Les pianos et orgues divers du sieur Boeijen, charmants entremetteurs de cette partition, savent donner un liant supplémentaire ("When We Fall", "We Rise") entre les harmonies vocales et cette multitude de guitares cristallines. "Cristallines", pour la plupart, car de justes recrudescences électriques - cette fameuse belle distorsion - savant percer les atmosphères ambiantes le temps d'enluminer le cadre de son éthérée partition en apportant ce qu'il faut de texture sonore, mais sans jamais être hors de propos (que cela soit via un pont sur "In Colour", toutes en mystérieuses saturations sur "Rise" et "Pulse Of Life" pour un rythme relax et vaporeux, ou en couches sous-jacentes sur "Weightless"). De "The West Pole", ce disque saura hériter de ses explorations en apesanteur, tandis que de "Souvenirs" il conservera certains beats Trip Hop sur lesquels se calquent quelques compos ("Weightless", "Pulse Of Life", voire "Rise" pour leurs penchants organiques). Il se pourrait même que les plus chevronnés amateurs de grisants et dépaysants voyages y soulignent une attitude propre à "How To Measure A Planet?", pour l'impression générale de liberté que se dégage de la galette (mais sans nécessairement que la musique proposée n'y fasse directement référence). Mais surtout, il parvient aussi à s'affranchir des instants les plus Rock/Poppy de ces précédentes réalisations qui, à notre sens, pouvaient parfois sonner hors-contexte au sein de leur trame respective d'époque.

Bref, nul doute que ce "Beautiful Distortion" sait nous proposer quelques magnifiques instants de grâce pure (comme le délicat final au piano de "Pulse Of Life" que n'avons pas encore réussi à mentionner), mais - car il faut aussi le dire – il ne parvient pas toujours à autant nous transcender que nous l'aurions désiré, ni à vraiment parvenir à nous transporter vers d'insoupçonnés horizons de volupté sur toute sa longueur. En cela, certes, il sait s'approprier les plus beaux trips stellaires qui savaient déjà nous bercer sur son "Disclosure" d'aîné (ses deux premiers tiers en sont la preuve) mais sans ces longues digressions étoilées et pavées d'emphase qui en faisaient aussi tout le charme (souvenez-vous, "Heroes For Ghosts", "I Can See Four Miles" qui pavanaient à onze et neuf minutes). Seuls, à la rigueur, "We Rise" et peut être "Pulse Of Life" semblent se permettre ce type de transport. Car les plus longs titres, ici, ne dépassent jamais les sept minutes, et l'assemblée batave demeure donc sur un format très typé 'chanson', se privant - pour ce que nous en pensons - de l'exploration de frais horizons nocturnes, notamment avec ces "Weightless" (malgré quelques tentatives d'atmosphères dépaysantes au feeling tribal) et "On Delay" (qui tourne clairement en rond) de fin d'album qui marquent le pas et peinent à pleinement convaincre.

Sur le papier "Beautiful Distorsion" est donc une belle surprise tant pour le retour inattendu du groupe que pour la belle musique qu'il nous propose là. Dans la pratique, il lui manquera seulement un peu de diversité et d'un peu, non pas de mordant, mais peut-être de point de repère pour alpaguer l'auditeur distrait qui pourrait facilement s'y perdre et ainsi pleinement convaincre. Cependant, nous avouerons n'attendre qu'UNE seule chose : les nuits chaudes de cet été, pour se le mettre dans les oreilles, allongés sous un ciel étoilé, et n'avoir qu'à se laisser porter.

Note réelle : 3,5/5.

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- Silje Wergeland (chant)
- René Rutten (guitare, claviers, percu)
- Frank Boeijen (claviers, orgue)
- Hugo Prinsen Geerligs (basse, guitare, claviers, piano, percu)
- Hans Rutten (batterie, percu)


1. In Colour
2. When We Fall
3. Grounded
4. We Rise
5. Black Is Magnified
6. Weightless
7. Pulse Of Life
8. On Delay



             



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