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SLASH - Orgy Of The Damned (2024)
Par KOL le 31 Mai 2024          Consultée 1871 fois

Ce n’est pas la première fois que l’ami Saul Hudson (le vrai blase de SLASH) nous fait le coup. Il a déjà rendu hommage à ses racines Blues avec le live band SLASH’S BLUES BALL en 1996, incluant moult reprises de ses idoles de jeunesse. Il nous a également déjà pondu un premier album solo éponyme en mode all-star, invitant une pléiade de pointures à venir prêter leur voix à ses compositions, parmi lesquels Ozzy, Lemmy, Iggy Pop, Dave Grohl et… Myles Kennedy, avec qui il a depuis poursuivi sa route, livrant au passage quatre LPs de qualité dans l’ensemble parfaitement respectable. Ici, il nous livre un mélange des deux : des cover Blues et des stars en veux-tu-en-voilà pour venir donner vie et corps à cette musique à laquelle on prêta longtemps une dimension démoniaque. À Juste titre ?

Connaissez-vous l’histoire de Robert Johnson, l’une des figures de ce courant né sur les rives du Mississipi au crépuscule du XIXème siècle ? Guitariste médiocre à ses débuts, il est rapidement moqué et vilipendé par ses pairs lors de ses premières représentations, à la fin des années 1920. L’un d’entre eux ira même jusqu’à lui conseiller d’abandonner son instrument fétiche pour se mettre à l’harmonica. Vexé comme un pou, l’ami Robert retourne dans ses pénates la queue entre les jambes et tombe sur Ike Zimmerman, qui devient son mentor et lui apprend les subtilités de cet art ténébreux. Quand il revient deux ans après, les quolibets cessent immédiatement et Robert Johnson éblouit les foules, conquiert les cœurs (et surtout les sous-vêtements féminins ce qui lui vaudra bien des inimités) pour devenir avec le temps une légende, considéré à ce jour comme l’un des meilleurs bluesmen. Quel rapport avec la choucroute ?

Eh bien, voyez-vous, chers lecteurs, l’histoire officielle ne raconte pas tout (*). Il se murmure qu’en sus de l’entraînement intensif prodigué par Ike Zimmerman, Robert se serait assoupi, exténué par des kilomètres de marche, à un carrefour (crossroad en anglais) au milieu des champs, sous une fine brise et les reflets lunaires. L’envoyé du malin lui serait alors apparu et aurait conclu un pacte avec le musicien : son âme en échange d’une exceptionnelle virtuosité. De cette histoire est né "Crossroads", l’un des titres emblématiques de Robert Johnson, notamment repris sur cet "Orgy Of The Damned".

L’album tire son nom de ces légendes, de ce son nourri aux forces vaudous, délivré par une ribambelle de vocalistes de renom. Et comme SLASH nous en colle plein les mirettes question guests, c’est en effet une véritable orgie de maudits qui nous est servie sur la galette. Allez, zou, un peu de name-dropping : Chris Robinson (The BLACK CROWES), le révérend Billy Gibbons (ZZ TOP), l’Iguane de retour, Paul Rodgers, Chris Stapleton (véritable star de la Country aux US), sans oublier la valeur montante Gary Clark Jr ou plus encore l’inusable Brian Johnson (tiens, un autre Johnson…), échappé d’AC/DC pour l’occasion. Vous avouerez que sur le papier, ça en jette franchement !

Trente ans plus tard, SLASH réunit donc ses comparses du Blues Ball band (Johnny Griparic à la basse et Teddy Andreadis aux claviers) et rappelle par la même occasion ce bon vieux Mike Clink (producteur de "Appetite For Destruction", notamment) aux manettes pour nous livrer une douzaine de reprises inspirées, et impeccablement restituées, avec un son très organique, peut-être un chouïa trop propre, mais rendant sincèrement hommage à ces morceaux passés à la postérité. Les chansons furent enregistrées en à peine une semaine à Los Angeles, puis il fallut un peu plus de temps pour convier ses potes à venir poser leur voix et certains instruments additionnels : guitares pour Gibbons, Neal et Clark, Harmonica pour Robinson et… Steven Tyler (AEROSMITH) qui vient prêter main forte sur l’enflammé "Killing Floor" de Howlin’ Wolf, collègue de galère de Robert Johnson, coïncidence, je ne crois pas. Clairement l’une des meilleures pistes de la galette qui permet également de constater que l’ami Brian, évoluant dans un registre plus grave - mais tout aussi éraillé - qu’à l’accoutumée, en a encore définitivement sous la casquette.

Ce qui est extrêmement plaisant sur "Orgy Of The Damned", c’est la variété des reprises. Parce-que le Blues, c’est beau, mais ça peut aussi être un peu chiant, on ne va pas se mentir. Enfin, je veux dire, trop linéaire. Rien de tout cela ici, les titres sont rythmés, évidemment parfaitement exécutés, et la tracklist est juste impeccable dans sa conception, ménageant suffisamment de relief pour que l’on maintienne son attention tout au long des 70 minutes que dure ce disque. Les voix féminines font du bien également, à l’instar de ce que nous avait proposé Fergie il y a près de quinze ans avec le guitariste chapeauté. Beth Hart nous met même carrément une grosse fessée sur "Stormy Monday". Et, pour ceux qui auraient remarqué sa présence, oui, même Demi Lovato s’en sort parfaitement.

Je suis moins convaincu en revanche par les titres plus Soul de la galette. "Papa Was a Rolling Stone", au-delà d’avoir été entendu dix mille fois, n’apporte pas grand-chose au schmilblick. Idem pour "Living For The City" de Stevie WONDER. Ce n’est pas mauvais intrinsèquement, mais ces choix cassent un peu la thématique bluesy dans laquelle l’ami Hudson nous avait embarqué depuis l’opener mais non moins intense "The Pusher", aux lyrics bien sombres.

Il n’en reste pas moins que Slash s’en donne à cœur-joie sur "Orgy Of The Damned". Chaque piste est une occasion de profiter de son inspiration et du son chaud de sa Les Paul, plus resplendissante que jamais. Alors peut-être aurait-il pu revisiter quelque peu plus les compositions originales, c’est possible. Mais à mon sens, cela aurait pu être perçu comme un manque de respect vis-à-vis de ces légendes. Il reste donc relativement sobre, ce qui ne l’empêche nullement de briller sur chaque track. Pour ma part, j’ai pris un grand pied à l’écoute de cet album simple, n’ayant d’autres ambitions que de se faire plaisir et d’en donner à ses fans, dont, vous l’aurez compris, je fais indubitablement partie, et ce depuis bientôt trente-cinq piges. Ce qui ne nous rajeunit pas, ma bonne dame.

C’est donc un franc 4/5. Chapeau, Mr. Hudson.

(*) Pour en savoir plus sur l’incroyable mais courte existence de Robert Johnson (membre fondateur du fameux « club des 27 », faut-il le rappeler), je ne saurais que trop vous recommander l’excellente bande-dessinée "Love In Vain" du duo Dupont/Mezzo, aux magnifiques illustrations, qui fera le bonheur des grands comme des petits, selon la formule consacrée.

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- Slash (guitares)
- Johnny Griparic (basse sur 1–5, 7–12)
- Teddy Andreadis (claviers sur 1–5, 7–12)
- Michael Jerome (batterie sur 1–5, 7–11)
- Tash Neal (guitare sur 1, 3–5, 7–12)
- Chris Robinson (harmonica sur 1)
- Gary Clark Jr. (guitare sur 2)
- Billy Gibbons (guitare sur 3)
- Les Stroud (harmonica sur 3)
- Steven Tyler (harmonica sur 9)
- Brian Johnson (chant sur 9)
- Matt Chamberlain (batterie sur 12)


1. The Pusher (feat. Chris Robinson)
2. Crossroads (feat. Gary Clarck Jr.)
3. Hoochie Coochie Man (feat. Billy Gibbons)
4. Ho Well (feat. Chris Stapleton)
5. Key To The Highway (feat. Dorothy)
6. Awful Dream (feat. Iggy Pop)
7. Born Under A Bad Sign (feat. Paul Rodgers)
8. Papa Was A Rolling Stone (feat. Demi Lovato)
9. Killing Floor (feat. Brian Johnson)
10. Living For The City (feat. Tash Neal)
11. Stormy Monday (feat. Beth Hart)
12. Metal Chesnut



             



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