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2017 Legends Of The Shires
 

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THRESHOLD - Dividing Lines (2022)
Par FREDOUILLE le 6 Février 2024          Consultée 959 fois

Retour sur le douzième effort studio des Britanniques de THRESHOLD sorti en 2022. Le très joli "Dividing Lines" à la pochette quelque peu sombre symbolisant un monde fracturé et divisé, et bien dans la tradition du groupe. C’est toujours un réel plaisir que d’écouter THRESHOLD et d'en découvrir le nouveau matériel tant la qualité est très souvent au rendez-vous. THRESHOLD est une formation talentueuse, une valeur sûre et fiable qu’on se le dise ! Personnellement, je dois reconnaître que le groupe anglais m’a très rarement déçu depuis la découverte du déjà très prometteur premier album du groupe "Wounded Land" sorti en 1993 (!), aux compositions riches voire ambitieuses (cf. "Consume To Live") et ce malgré sa très riche discographie. Chacun des disques des Anglais recèle en effet de pépites de Heavy Metal Rock Prog alambiqué pour ne pas dire intelligent, comme je les aime.

Dans un style reconnaissable entre mille, THRESHOLD propose bien souvent des morceaux raffinés pour le moins musclés (gros riffs secs et tranchants à l’appui, cf. "Slipstream" sur l'opus "Dead Reckoning"), et très fouillés avec son lot d’ambiances particulièrement travaillées. Pour qui aime la belle musique et les plans parfois épurés et aériens vous serez à coup sûr servis. Les soli de Karl Groom, très rarement démonstratifs, collent généralement et parfaitement bien à la tonalité des compositions et aux atmosphères savamment distillées. Ils offrent d’ailleurs une belle complémentarité aux lignes de claviers parfois inventives de Richard West, et sont généralement de très grande qualité, le six-cordiste faisant souvent preuve de sensibilité et de finesse. Enfin, les compositions de THRESHOLD font la part belle aux refrains, souvent entêtants et amenant même parfois de la légèreté ("Pressure" sur "Subsurface") et savent aussi et incontestablement véhiculer avec beaucoup de brio leur lot d’émotions (que dites-vous de "The Domino Effect" ici même ?), fort de lignes vocales bien souvent exquises.

Des lignes vocales transcendées il faut bien le reconnaitre par des vocalistes d’exception, lesquels ont marqué de leur talent la longue carrière des Anglais (trente-cinq ans d’existence tout de même faut-il encore le rappeler !). Bien évidemment, le parcours du groupe n’a pas toujours été un long fleuve tranquille concernant les frontmen notamment, avec une valse entre l’excellent Damian Wilson, le sous-estimé Glynn Morgan et le regretté Andrew "Mac" McDermott décédé en 2011. Pour en revenir donc à "Dividing Lines", c’est toujours Glynn Morgan qui officie derrière le micro. Glynn que l’on avait d’ailleurs redécouvert (déjà présent dans le groupe de 1993 à 1996 et officiant notamment sur "Psychedelicatessen" en 1994) et succédant au brillant Damian Wilson, avec le double album précédent, le très bon "Legends Of The Shires" (2017), bien que trop long je trouve avec de trop nombreux passages calmes lui faisant perdre un brin de dynamisme.

Sur "Dividing Lines", THRESHOLD dans son style si caractéristique revient à un format plus standard (seulement dix titres cette fois) et se montre davantage concis même si, fidèles à leurs habitudes, les Anglais proposent ici deux longues pièces à tiroirs, judicieusement positionnées sur le disque, qui dépassent allègrement les dix minutes, on citera notamment "Defense Condition" qui clôture le disque de manière très honorable même s’il ne marquera pas forcément les esprits malgré quelques belles ambiances, lourdes et planantes (presque épiques pour ne pas dire chaotiques à la fin), passages mélancoliques marqués non seulement par le chant très appliqué de Glynn Morgan (plus proche vocalement d'Andrew que de Damian) mais aussi par les soli très mélodiques de Karl Groom distillés ici avec beaucoup d'expressivité, soli qui côtoient aussi quelques lignes de claviers créatives de la part de Richard West. On lui préfèrera cependant "The Domino Effect" qui du long de ses onze minutes nous emporte littéralement avec un refrain décidément très accrocheur pour ne pas dire délicieux. Sans compter quelques accointances symphoniques, quelques accalmies avec des moments aériens et les quelques variations de circonstance qui vont bien et qui font amplement le boulot. On ne criera pas non plus au génie, je pense que le groupe a déjà fait mieux par le passé niveau fluidité, mais tout de même ce refrain… il est de toute beauté !

Et s’il y a bien un élément qui a été bossé avec minutie sur "Dividing Lines", ce sont bien les refrains et les parties mélodiques qui ne nous laissent décidément pas indifférents. Preuve en est donc "The Domino Effect", mais aussi le single "Silenced" qui ne m’avait pas du tout fait grosse impression à la première écoute (peut-être trop classique/basique ?). Mais force est de constater qu’ici et au final le morceau, truffé de samples et de quelques vocalises trafiquées (façon robotisées) fait littéralement mouche avec son refrain enflammé. On a également ce "King Of Nothing", presque dramatique (notamment au niveau de l’introduction avec ces quelques touches de piano) et particulièrement inspiré lui aussi avec des riffs pour le moins abrasifs et sur lequel Glynn Morgan alterne sensibilité et… agressivité ! Il faut dire que ce titre tabasse bien, même si les touches mélodiques, parfois mélancoliques sont là aussi travaillées au plus haut point. Du bel ouvrage incontestablement ! Mais le point culminant de l’album est de mon point de vue et sans contestation possible l’élégant "Let It Burn", qui possède clairement de belles lignes de claviers conférant d’ailleurs au titre une légère touche de modernisme, mais qui est surtout dotée d’une mélodie absolument fantastique… que dis-je à pleurer, transcendée qui plus est par des chœurs de toute beauté. Le refrain est d’une fraicheur incontestable, Glynn Morgan se montrant ici une nouvelle fois impeccable (quelle performance vocale décidément !), Karl Groom s’occupant littéralement du reste en se fendant là encore de très jolis et mélodieux soli. La fin du morceau, éthérée et agrémentée de chœurs, est quant à elle absolument divine. Quel coup d’éclat ici !

Et c’est bien dommage qu’il n’y ait pas plus de coups d’éclat comme celui-là sur "Dividing Lines", on aurait alors crié au chef d'œuvre ! Bien évidemment le contenu de l’album reste vraiment de qualité, comme bien souvent avec THRESHOLD mais ne nous réserve au final que très (trop ?) peu de surprises. On retrouve donc en plus des compositions citées plus haut, la formule classique du groupe, à savoir le panel habituel de compositions énergiques, bien dans la tradition du groupe, parsemées d’influences Rock Prog. Des titres relativement raffinés, pêchus à l’instar de "Haunted" qui ouvre l’album avec autorité et qui brille par son break acoustique de toute beauté, ou bien encore de "Run" qui possède lui aussi quelques très bons passages, et davantage fouillés à l’image de ce "Complex" plutôt bien fichu avec ses riffs bien Heavy, et qui se démarque davantage par la créativité une nouvelle fois de Richard West et par tout le savoir-faire de Karl Groom. On aurait cependant aimé davantage de la part de THRESHOLD… d’autant que "Dividing Lines" dispose d’une production de très haute facture, mettant véritablement en avant l’ensemble des instruments et plus particulièrement les samples et claviers parfois un brin futuristes, voire sophistiqués ("Hall Of Echoes") d’un Richard West inventif, ouvrant les compositions à de vastes horizons, conférant à l’album un certain relief, ainsi qu'une touche très actuelle pour ne pas dire moderne. Un très bon album au final, auquel il ne manque pas grand-chose pour glaner les cinq étoiles. Du très bon THRESHOLD !

Note finale : 4/5.

Morceaux préférés : "Let It Burn", "King Of Nothing", "The Domino Effect".

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   FREDOUILLE

 
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- Karl Groom (guitare)
- Richard West (claviers)
- Glynn Morgan (chant)
- Steve Anderson (basse)
- Johanne James (batterie)


1. Haunted (5:06)
2. Hall Of Echoes (6:17)
3. Let It Burn (6:49)
4. Silenced (4:37)
5. The Domino Effect (11:03)
6. Complex (5:50)
7. King Of Nothing (5:08)
8. Lost Along The Way (5:19)
9. Run (3:59)
10. Defence Condition (10:44)



             



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