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LORNA SHORE @ Zénith de Paris
Par REMISSA
Le 14 Février 2026

EVERGREY @ Le Petit Bain (75)
Par JEFF KANJI
Le 9 Février 2026
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LORNA SHORE @ Zénith de Paris
Par REMISSA le 5 Février 2026
Publié le 14 Février 2026Consulté 463 fois

Il en faut beaucoup pour faire sortir le Remissa de sa province rochelaise. Merde, il faut plus dire “province", c'est condescendant il paraît. Bon, il en faut beaucoup pour me faire monter sur la capitale, la dernière fois remontant à 2018 ou 2019 pour un Stade de France à chier de METALLICA. Mieux vaut tard que jamais pour conjurer ce souvenir et assister, enfin, à quelque chose de vraiment mémorable, à taille humaine, et surtout sans hypothéquer mon assurance vie pour acquérir le sésame.

2026 allait ainsi être l'année de la vengeance, n'ayant pas pu voir LORNA SHORE au Motocultor 2022, la faute à un lumbago du batteur Austin Archey. J'étais bien dégoûté, je ne vais pas vous mentir.

Bref. Avant ce headliner, trois autres pointures s’alignent pour faire monter la pression au Zénith de la Villette, promesse d’une soirée aussi longue qu’intense.

HUMANITY’S LAST BREATH

Euh… Alors comment dire… Nous avons pris un chouette apéro avec ma femme non loin du Zénith, qui s'est éternisé au point de nous faire louper la première partie. Oui, chez NIME, les live reports, c'est avant tout une affaire de rigueur journalistique et de conscience professionnelle. Rassurez-vous, tout n’a pas été perdu dans la bataille, nous avons eu une pinte et des tapas gratos pour se faire pardonner du service longuet. L'honneur est sauf.


La photo du retard…

SHADOW OF INTENT
Nous arrivons donc au Zénith comme des princes et princesses, avec d'autres membres de notre royauté décadente qui n'en avait visiblement rien à secouer de HLB vu le nombre de retardataires. Un pissou pour éliminer l'excédent de cervoise et paf, nous voilà assis pour assister à cette première/deuxième vraie partie, menée par Ben Duerr.

Ambiance minimaliste, éclairage et backdrop vert fluo mettant en avant la dernière sortie du combo “Imperium Delirium", nous nous prenons directement un mur de son dans la tronche qui sera rapidement corrigé pour mieux pousser la voix du frontman, terriblement efficace et intimidant. La foule est cependant très passive, une moitié étant venue pour WHITECHAPEL, l'autre pour LORNA. Bande d’ignares.

Duerr ne cherche cependant pas à mendier l’attention : il dirige un set ultra carré, ne cherchant pas à haranguer outre mesure la foule endormie. L'instrumentation est au point et millimétrée avec les breakdowns fidèles à la version studio, un régal. “Imperium” étant une sortie ultra pointue, je suis donc ravi de me prendre des claques monumentales sur les six titres les plus redoutables de la galette qui ont été retenus, avec une mention spéciale pour “Flying The Black Flag” et son break qui déclenchera une longue série de vibrations internes qui semblaient vouloir remodeler l’architecture du Zénith de l’intérieur.


Setlist : They Murdered Sleep - Flying The Black Flag - Mechanical Chaos - Vehement Draconian Vengeance - Infinity Of Horrors - Feeding The Meatgrinder - The Heretic Prevails

WHITECHAPEL

Et là, sans surprise : la salle se remplit d’un coup. Les quelques sièges vacants alentours se remplissent, le gros de la soirée commence vraiment, et la foule, présente depuis l'ouverture des portes quatre heures auparavant piaffe d'impatience. Les musiciens arrivent, puis Bozeman, et là c'est la liesse. Ambiance très sombre, éclairage quasi inexistant (chaud pour les photos), c'est une nouvelle baffe de décibels qui nous arrive dans la tronche sur l'entame de “Prisoner 666", qui sera également très vite ajustée pour pleinement apprécier le breakdown monumental de ”Hymns In Dissonance", qui enclenche la première vrai climatisation du Zénith.

Bozeman est possédé. Vocalement hallucinant, il se permet des variations démoniaques loin des versions studio, surtout sur les titres de ”Hymns In Dissonance”, largement mis à l’honneur. Les morceaux plus anciens (de “The Somatic Defilement”, puis “This Is Exile”) font le taf, mais paraissent plus bas de plafond face au dernier effort, dantesque d’inspiration.

À l'instar de SHADOW OF INTENT, l'interaction avec le public est minimale, Bozeman poussant quelques “Come on!" polis sans jamais vraiment jeter de coups d'œil à la fosse qui commence à s'exciter gentiment, le bougre étant concentré à 100% sur sa propre performance, irréprochable. LORNA va avoir fort à faire.


Setlist : Prisoner 666 - Hymns In Dissonance - A Visceral Retch - Bedlam - Ex Infernis - Hate Cult Ritual - The Somatic Defilement - Devirgination Studies - Prostatic Fluid Asphyxiation - This Is Exile

LORNA SHORE

Pendant que les interludes précédents jouaient la carte Metal, LORNA SHORE part sur de la Pop kitsch : le public est hilare et fredonne, pendant que la salle se remplit jusqu’à la gueule. Un immense drap blanc floqué du logo LORNien est déroulé. Ça a dû être chiant à repasser, surtout avec les petits malins qui tirent dessus à la crash.

“Total Eclipse Of The Heart" se lance, ultime pied de nez avant le début des hostilités. Tout s'assombrit d'un coup, les silhouettes prennent place, celles à cordes en bas de la scène et Archey hissé sur une plateforme comme un Général derrière ses fûts. L’introduction d’"Oblivion” s’élève, et Ramos surgit en héros, sommant la masse informe agglutinée de chanter, aidée des quelques paroles projetées sur le backdrop, aux animations superbes. Ça crache du feu dans tous les sens, on sent le blast de chaleur jusque dans les gradins, l'éclairage est aux petits oignons, et Ramos… Ramos est irréel. Il plie sa voix comme une matière organique malléable, passant du démon au spectre sans laisser transparaître l’effort.

Le son est massif, même si la guitare rythmique d’Adam De Micco semble parfois reléguée derrière ses soli au treble tranchant, d’une constance inégale en termes d'exécution. Il sera par exemple irréprochable sur “Prison Of Flesh", pourtant très technique, et plus fébrile sur d'autres plus passe-partout comme “Unbreakable" ou “Cursed To Die".

Évacuons d'ailleurs dès à présent les mini fails, car faire un live report uniquement à leur sujet serait vraiment irrespectueux tant le show était rôdé (voire mécanique). Au break d’"Unbreakable” (ah ah), le shriek de Ramos, devant normalement basculer vers un tunnel throat en une fraction de seconde ne passe pas, puisse-t-on lui en vouloir vu la difficulté de l'exercice. Également, un des rares (si ce n'est le seul) passages en chant clair sur la seconde partie de la trilogie des “Pain Remains" ne s'est pas déclenché, ce qui a valu un regard en retrait furieux du frontman envers ses ingés qui se sont empressés de redresser le tir. Je vous dis que ça ne déconne pas chez LS, l’erreur n’a pas le droit de cité tant le show est millimétré grâce/à cause des bandes symphoniques ou du travail herculéen d’Archey, qui de loin, semble immobile et matraque pourtant son kit dans une efficience absolue.

Ramos joue énormément avec le public, contextualisant des titres tantôt sentimentaux (qu’il balaiera d’un revers de main passé la moitié du set), tantôt bourrins, invitant régulièrement la fosse à réaliser des wall of death, à “foutre le bordel" et à se “défenestrer" pour reprendre ses mots. Marrant.



En aparté, un manège surréaliste se joue trois rangs devant nous : la compagne de Ramos, identifiée par des fanboys en chaleur, se fait offrir des bières toutes les cinq minutes. La pauvre a été emmerdée tout le concert. Les gars, sérieusement…

Ramos introduit le titre “War Machine", et annonce que Paris sera la première ville à bénéficier de sa nouvelle animation, avec des pétards en soutien pour simuler les coups de feu à l'instant où le sniper en backdrop appuie sur la gâchette pour faire sursauter la foule… Intention discutable dans un Paris post-Bataclan, mais soit. Le titre est de toute manière le plus faible d’"IFTEFWM", je ne m'y attarde pas outre mesure.

Toujours est-il que le niveau monte d’un cran lorsque le concert arrive sur "Prison Of Flesh”, indescriptible dans sa violence et le frisson que le titre apporte sur ses dernières notes, faisant littéralement trembler le Zénith de sa puissance et sa profondeur abyssale. On sent la foule sous le choc de cette violence débridée, le respect est dû. Et déjà Ramos annonce la fin de la soirée avec un dernier titre… En trois actes ! Quel margoulin. Le désormais routinier “Pain Remains” se déploie comme une tragédie moderne, alternant spleen, rage et catharsis – la transmission de ces émotions est d’ailleurs un exercice particulièrement périlleux ou du moins casse-gueule en live. En tout cas, le gusse à côté de moi n’arrêtait pas de pleurer à chaudes larmes, preuve irréfutable de la réussite de l’entreprise.



Le Zénith trépigne sur les estrades à l'issue de cette trilogie, sachant très bien ce qui l'attend par la suite. L'introduction de “To The Hellfire" ne se fait d'ailleurs pas attendre longtemps pour cet encore assez convenu : Ramos revient, et je ne peux m'empêcher de chanter tout du long jusqu'au fatidique et ultime breakdown en snarling, où un silence sépulcral et collégial s'installe, laissant béats les six mille âmes devant cette indécente maîtrise vocale.



Le show se clôture, j'ai enfin vu LORNA SHORE. Métro, dodo. Je crois qu'après avoir vu ça, on peut mourir tranquille.

Duerr est efficace, Bozeman est intimidant, Ramos est divin. Rideau.

Setlist : Oblivion - Unbreakable - War Machine - Sun//Eater - Cursed To Die - In Darkness - Glenwood - Prison Of Flesh - Pain Remains I: Dancing Like Flames - Pain Remains II: After All I’ve Done, I’ll Disappear - Pain Remains III: In A Sea Of Fire - Encore: To The Hellfire


Le 26/02/2026 par SOMEWHERE

Merci Remissa pour cet excellent live-report. Et merci de partager la passion pour LORNA SHORE.
Vu lors de leur date à Lyon pour ma part. Rien à ajouter à cette excellente chronique.
LORNA SHORE vraiment excellent ! Du pur bohneur de les voir enfin live. J'espère un DVD officiel pour trés vite.
La surprise de ce mini festival fut le chanteur de SHADOW OF INTENT : le gaillard a lui aussi du talent et pas grand chose à envier au fabuleux Will Ramos.
Une alerte pour le public venu, comme moi, pour le plaisir de la musique : il y a des petits salopards dans la fosse qui vous passent la main dans le cou pour piquer les colliers (vu les cours de l'or et de l'argent). Moi je n'en n'ai pas, mais plusieurs ont été victimes. Je n'avais jamais vu cela en quarante années de concerts. Faites gaffe !



             



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