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HEAVY METAL  |  STUDIO

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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

1987 ★★★★★  1 Speed Metal Symphony
1988 ★★★★  Go Off!
ÉQUIVALENCES
Style + Membre : HAWAII

CACOPHONY - Speed Metal Symphony (1987) ★★★★★ 
Par CREVETTE le 4 Février 2026          Consultée 400 fois

Véritable OVNI musical lors de sa sortie, ce premier LP de CACOPHONY se veut comme un projet musical jusqu'au-boutiste et s'inscrivant pleinement dans la course à la surenchère qui touchait la sphère du Metal à cette époque : toujours plus vite, toujours plus brutal, toujours plus... technique ? Friedman et Becker, jeunes prodiges à peine sortis de l'adolescence, avaient en effet pu signer chez Shrapnel, label américain indépendant dont les projets virtuoses à tendance néo-classique sont rapidement devenus la marque de fabrique. Fondé par Mike Varney en 1980, Shrapnel a produit une tripotée d'artistes plus ou moins convaincants à ses débuts jusqu'à réussir à se faire un petit nom chez les initiés suite aux succès (relatifs mais notables) des premiers albums de RACER X, Vinnie MOORE ou encore Tony MACALPINE. Les moyens limités du label ne leur ont pas toujours fait bonne presse, mais ils ont eu le mérite de donner leur chance à de jeunes artistes refusés chez d'autres et que la postérité a pu récompenser. CACOPHONY est de ceux-ci, et propose un premier album original, à l'impact modéré, mais qui est devenu culte avec le temps.

Parmi les points originaux pour lesquels on le retiendra aujourd'hui figure notamment le principe de la double guitare lead, soit deux solistes pour le prix d'un. Le concept avait déjà été exploité chez RACER X qui proposait de belles envolées sur fond de Heavy Mélodique dans l'air du temps, mais CACOPHONY va le pousser plus loin encore afin d'en mettre plein la vue et les oreilles. Le morceau titre "Speed Metal Symphony" en est la meilleure illustration au long de ses neuf minutes où les deux guitaristes vont s'accompagner mutuellement sur des développements tantôt romantiques, tantôt baroques, qui restent impressionnants de maîtrise aujourd'hui. Le second point de différenciation réside dans la rythmique, car si on trouve quelques lignes typiquement Heavy sur la première face (en particulier "Savage" qui rappellera MALMSTEEN période "Marching Out"), on découvre aussi des morceaux plus agressifs flirtant avec le Thrash Metal alors très en vogue ("Burn The Ground" et "Desert Island"). Le chant, sec et haché, vient appuyer cette orientation, en restant dans un registre mezzo la majorité du temps et tentant (un peu en vain) d'apporter une profondeur – un peu comme un Jeff Scott Soto en moins efficace. Dans l'ensemble il y a toujours quelques bonnes idées disséminées ici et là sur l'album, permettant un moment d'accroche sur chacun des morceaux, mais sans qu'aucun ne se démarque vraiment du lot, si ce n'est la pièce éponyme qui clôture l'album.

Et c'est bien là qu'on entreverra les limites du disque, car le don pour la six-cordes ne suffit pas seul à conquérir le cœur du public, d'autant plus sur un marché en plein boom qui voyait naître de plus en plus de chevelus prêts à en découdre. La production étouffée impacte malheureusement les morceaux, et ne permet pas d'apprécier à sa juste valeur les ornements et autres contrepoints proposés par le duo qui se retrouvent trop souvent noyés dans le mix. L'enregistrement se faisait encore en analogique, et il faut dire que les compositions du groupe sont extrêmement denses rendant le travail d'égalisation probablement plus ardu que prévu. Le chanteur semble à la peine dès qu'il s'agit de monter un peu sur les refrains, et l'enthousiasme retombe malheureusement assez vite. Enfin, il y a pas mal de plans de guitare qui se retrouvent répétés avec des variations trop légères et rallongent inutilement les soli, ça en jette sur l'instant, mais ceci couplé au manque d'aération pourra rendre l'écoute de l'album fatigante sur la longueur (écoutez ce "Concerto" sauvé par quelques interventions Vivaldiennes mais qui ne tient pas sur sa longueur).

"Speed Metal Symphony" est un premier album en somme honnête, à redécouvrir pour les aficionados du manche et devenu référentiel dans le domaine du Shred, mais qui souffre de beaucoup de défauts de jeunesse. J'ai toujours pensé qu'il y aurait gagné à sortir sous forme d'EP, l'expérimentation passant certes mieux sous ce format-là, mais surtout pour alléger l'œuvre en gardant les meilleures compositions uniquement : "Savage", "The Ninja", "Desert Island" et évidemment "Speed Metal Symphony". Le reste semble superflu, ce qui nous laisse quand même une bonne moitié d'album intéressante.

Le groupe corrigera un peu le tir sur l'album suivant "Go Off!" plus nuancé, pensé pour la chanson et l'expressivité, ce qui leur donnera l'occasion d'apparaitre sur quelques compilations d'époque (notamment "Guitar Masters" sorti chez Roadrunner en 1990). Certains lui préféreront tout de même ce "Speed Metal Symphony" pour son caractère résolument plus spontané, voire viscéral - la musique c'est aussi une affaire de sensations avant le reste.

À écouter d'urgence : "Speed Metal Symphony" bien sûr ! Pour ses lignes de guitare en contrepoint s'entremêlant et racontant chacune l'histoire à leur manière.

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  ★★★★★ CREVETTE

 > KROS-EXPRESS
  ★★★★★ JANE THE FUCKIN JURI

 > NOTE MOYENNE
  ★★★★★ (2 chroniques)


LINE-UP
- Jason Becker (guitare)
- Marty Friedman (guitare, basse)
- Peter Marrino (chant)
- Atma Anur (batterie)

TRACKLIST
1. Savage
2. Where My Fortune Lies
3. The Ninja
4. Concerto
5. Burn The Ground
6. Desert Island
7. Speed Metal Symphony


             



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